L’Empire des sens

Publié le 7 juin 2021 - par - 5 commentaires - 499 vues
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L’EMPIRE DES SENS

Depuis les révolutions qui ont éliminé les rois ou au moins leur seule décision, depuis aussi l’avènement des technologies à la portée de tous et notamment lors des Trente Glorieuses, depuis récemment la multiplication des fantaisies individualistes érigées en droits prétendument légitimés dans la rue, l’homme moderne, au lieu de chercher à s’élever à la vérité, prétend la faire descendre à son niveau (René Guénon).

Une récente émission télévisée présentait l’évolution du regard de l’homme sur lui-même depuis la vulgarisation des miroirs. Voici aujourd’hui l’homme moderne posant un singulier regard sur sa propre personne et, selon sa lubie du moment, sur les autres. Que s’est-il passé entre-temps ?

En renversant l’ordre hiérarchique social multi-millénaire pour établir les décisions changeantes issues de palabres interminables, l’homme a renoncé à la continuité qui avait assuré la stabilité familiale et sociale, garantes de l’unité au sein des peuples. Depuis que chacun peut s’affranchir de certaines contraintes du quotidien grâce à l’électroménager, il a renoncé à la patience et à l’effort nécessaires en partie à l’acquisition de la sagesse. Depuis que des minorités ont imposé leur dictature dans le fonctionnement social, administratif et même légal, l’homme croit qu’il peut tout faire, tout revendiquer, tout dominer. Il n’y a plus de limites. Plus de bon sens, de devoir et de service du Bien commun.

On voit cette singulière évolution (ou involution ?) dans la multiplication des appareils et gadgets multimédias. Au début, l’ordinateur personnel et le téléphone portable sont apparus comme des progrès scientifiques heureusement mis à la disposition de tous. À une vitesse vertigineuse, ces choses-là sont devenues indispensables au quotidien, leurs possibilités et options se sont élargies. L’administration elle-même nous les rend obligatoires avec les demandes de documents en ligne sans plus pouvoir s’adresser à une personne. Les gadgets se sont multipliés, aussi les possibilités de communications, les dialogues instantanés avec des inconnus nommés curieusement « amis ».

On peut déformer le visage ou le corps d’une personne, lui faire dire ce que l’on veut et même faire croire que c’est vrai. Nous voici bien loin du psyché de nos grand-mères. Là, les images et même les sons se forment à la fantaisie du manipulateur. En Suède, on peut se faire insérer une puce sous-cutanée remplaçant la carte d’accès à l’entreprise ; pour l’instant, cette option est facultative, mais jusqu’à quand ? En Espagne, le même procédé permet de payer son entrée et ses consommations en discothèque ; là chacun est volontaire pour se faire piquer et avoir l’air moderne.

La mondialisation par nature apatride et indifférente aux peuples nous a habitués à toutes sortes d’intrusions et même d’ingérences dans notre intimité. Appels téléphoniques publicitaires, spams foisonnant sur Internet, traçage avec nos cartes diverses… mais aussi eCall obligatoire sur les voitures neuves et pour l’an prochain boîte noire enregistrant la marche du véhicule. eCall permet de localiser la voiture, de connaître le nombre de personnes à bord et d’entendre ce qui s’y passe. Peut-on croire que seul le SAMU se sert de cela ? Et la boîte noire, elle ne servira qu’à savoir si un mari violent a transporté le corps de sa femme ? Dans le même ordre d’idées, vient d’arriver le « vaccin » anti-covid, lequel est officiellement réputé n’empêcher ni la contamination ni la contagion. Quelle est donc son utilité ? Il apporte une technologie nouvelle, interdite jusqu’alors (pourquoi?) : il est « messager ». Porteur de quel message, puisque ne protégeant pas du covid ? Destiné à quoi ? Qui l’a rédigé ? Dans quel but ? Quelles seront les conséquences pour l’avenir de l’humanité ? On est là loin des messages échangés sur la toile avec des amis virtuels, mais la sémantique actuelle rapproche les deux choses, même dans l’inconscient, l’une permettant à l’autre d’être acceptée plus facilement, dans l’indifférence des tièdes portés par la vague.

Étape actuelle : le QR code pour accéder à certains endroits. Et demain, partout ? Bien sûr, certains disent que c’est un moyen de revenir à la vie « normale ». Ah bon, c’est normal de justifier de son intimité médicale envers un vigile de société privée ? C’est ça, la nouvelle normalité ? Évidemment, après des années de large diffusion des gadgets multimédias, le QR code n’apparaît plus que comme un de plus, mais de surcroît libérateur et « branché », connecté ! Une jeune fille me demandait récemment si j’avais vraiment connu une époque où on n’était pas contrôlé, fouillé pour entrer quelque part. Eh oui, demoiselle, j’ai connu cette époque bénie où on n’était fouillé qu’à la douane. Pour accéder à un musée, un concert ou la tour Eiffel, on achetait son billet et nul ne nous demandait si l’on était porteur d’un couteau. Mais ça, c’était « avant », avant l’invasion des barbares, au temps des premières cartes bleues dont nous ignorions alors jusqu’où ce type de technologies nous mènerait. Voici aujourd’hui l’homme bionique à nanoparticules et puces intégrées, demain il naîtra d’un utérus artificiel après une fécondation in vitro, sélectionné comme même les nazis n’avaient pas rêvé de le faire. Tous ses sens sont en éveil. Il peut les stimuler sans fin et tellement délirer qu’il lui semble s’en créer d’autres encore. Il lui en manque un pourtant : le bon sens.

Daniel Pollett

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Notifiez de
Lisianthus

Vous avez raison, mais l’ordinateur nous permet de vous lire !

Paskal

Un point de vue stalinien mais pour une fois, tout n’est pas faux :
https://lesakerfrancophone.fr/le-grand-reset-un-air-deja-entendu

pucciarelli

“S’élever à la vérité”, voilà une étrange expression. Existe-t-il Une vérité? Je serais ravi de la connaître!

La vérité étant inconnaissables par essence, il reste nos vérités. On fait avec.

Marie france Cheikh

👍👍

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