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L’enseignement du latin et du grec, les nouveaux gadgets de Blanquer !

À la fin du primaire, 60 % des élèves ont une maîtrise très insuffisante du français : nombreuses fautes d’orthographe et d’accords grammaticaux, incompréhension des textes, méconnaissance des compléments circonstanciels, difficulté à lire à voix haute, à s’exprimer à l’oral et à l’écrit, à articuler les idées entre elles… pour nombre d’entre eux cela se poursuit, jusqu’à ce qu’on leur donne un Bac, vers vingt ans…

Pour remédier à cette catastrophe, Blanquer vient de brandir un nouveau gadget. Il veut renforcer l’apprentissage du latin et du grec ancien, en l’ouvrant aussi aux lycéen de la voie technologique et en développant l’enseignement optionnel en 6e.

D’une part, très peu d’élèves étudient le latin ou le grec… l’on ne pourra donc pas renforcer leur enseignement. De plus, ces langues ne sont pas enseignées dans tous les établissements… et faut-il encore trouver des profs à cette fin.

Le ministre de l’Éducation nationale  explique ainsi que « l’enseignement optionnel en lycée sera ouvert aux élèves de la voie technologique à la rentrée scolaire prochaine, les élèves qui choisissent cette voie pourront ainsi développer leur culture mais aussi, par la découverte des langues anciennes, mieux s’approprier leurs spécialités, dont le vocabulaire technique, en santé, en ingénierie, est très largement d’origine antique ».

Étude de vocabulaire « d’origine antique » ? Cela ne s’appelait-il point de l’étymologie grecque ou latine ?

Parmi les autres mesures, Blanquer veut instaurer « l’enseignement optionnel de français et culture antique en classe de sixième, qui plaît beaucoup aux élèves », et l’installation « avant la fin de l’année civile 2021 » d’un Conseil supérieur des langues, ayant pour mission « de réfléchir aux possibilités d’améliorer l’apprentissage des langues, anciennes, vivantes étrangères et régionales, en travaillant spécifiquement leurs « points de contact » ».

Vont donc s’ouvrir à la rentrée prochaine des sections « Mare nostrum », qui permettront  » de favoriser et d’améliorer les apprentissages des langues de la Méditerranée, qu’elles soient anciennes, étrangères ou régionales », en rendant possible pour un élève d' »apprendre conjointement le latin, l’italien et l’occitan dans une dynamique interdisciplinaire ».

C’est judicieux, cela leur permettra de mélanger les trois. Pourquoi ne pas leur enseigner l’espéranto ? Ce serait plus ludique.

C’est Ludwik Lejzer Zamenhof, un ophtalmologue polonais, qui créa l’espéranto en 1887,  il inventa une langue « universelle », à partir de cent-vingt langues…  Aujourd’hui, l’espéranto est parlé par deux millions d’individus à travers le monde, alors que plus personne ne parle latin ou grec ancien.

Et si tout simplement dès la maternelle, l’on enseignait correctement le français, afin que parviennent à nouveau en sixième 100 % d’élèves maîtrisant totalement cette langue ? Voilà une idée totalement révolutionnaire !

Mitrophane Crapoussin