Léonarda sera-t-elle la Nafitoussa de Hollande ?

Publié le 22 mai 2014 - par - 2 210 vues
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leonarda-contribuables« Si elle en fait la demande », Leonarda Dibrani pourra revenir en France, mais « elle seule », avait proposé François Hollande, un célèbre samedi à la mi-journée depuis l’Élysée, après dix jours de polémique concernant l’expulsion de cette collégienne et de sa famille vers le Kosovo.

Cette annonce faite le 21 octobre 2013 par le Président de la République a des chances de se voir réalisée, mais probablement pas, comme Hollande le souhaitait. En effet dans une note confidentielle datée du 12 février, adressée par le service de sécurité intérieure (SSI) de l’ambassade de France à Pristina (Kosovo) à Manuel Valls, il apparaît que la famille de Léonarda a entamé des procédures pour changer de nom.

Dans ce rapport, les policiers et les gendarmes en poste relèvent « que M. Reshat Dibrani (…) père de la jeune Léonarda Dibrani [a changé] de patronyme pour celui de Reshat TAHIRI ». Ce nouveau patronyme « correspond à celui d’un autre membre de la fratrie (…) installé en Croatie ». Au cours de leur enquête, ils se sont aperçus « que M. DIBRANI/TAHIRI […] ne se trouvait plus avec sa famille au Kosovo, qu’il était parti, depuis le 10 février 2014, rendre visite à son frère, installé en Serbie ». Les services français ont demandé à leurs homologues kosovars les raisons de ce changement de nom, sans obtenir de réponse.

Deux hypothèses sont envisageables : la famille de Léonarda cherche à obtenir la nationalité croate pour bénéficier d’une disposition du 1er juillet 2013 permettant aux citoyens croates d’entrer librement dans tous les états de l’Union européenne avec une simple carte d’identité. Autre possibilité : les Dibrani veulent obtenir la nationalité serbe. En effet, depuis le 30 novembre 2009, les citoyens serbes peuvent entrer dans l’espace Schengen sans visa. Dans les deux situations, en vertu d’accords européens, la famille de Léonarda peut revenir en toute légalité en France.

Ces révélations embarrassent les politiques tant du côté de l’UMP, où les responsables du parti ont compris à quel point cette nouvelle affaire Léonarda pouvait leur être préjudiciable à quelques jours des élections européennes, mais évidemment encore plus à gauche et pour être précis encore plus à l’Élysée. (« Valeurs Actuelles » 22 mai 2014).

L’hebdomadaire Valeurs Actuelles en fait cette semaine ses titres, et sans être prophète il est certain que les aventures de la belle Léonarda et de ses Thénardier de parents vont s’inviter dans la campagne des Européennes, puis à partir de la semaine prochaine dans la vie politique française.

De Nafissatou Diallo à Léonarda Dibrani, la gauche n’a pas de chances avec les femmes qui s’accrochent, en effet comment Léonarda pouvait interpréter autrement que comme une invite, le dialogue surréaliste entre elle et François Hollande. Ils se sont vus, ils se sont plu.

Les véritables raisons du cri de Léonarda Dibrani : » on rentrera en France un jour ou l’autre» ne peut s’expliquer que par le désir d’une jeune fille de 16 ans persuadée d’avoir enfin trouvé celui dont elle sera, au sens freudien du terme : le phallus, la loi.

Quant à l’objet de ce désir, n’a-t-il pas toujours eu une attirance, de Ségolène à Julie en passant par Valérie et tant d’autres, pour les femmes phalliques ?

En s’imaginant subjuguer une pauvre enfant de 16 ans, rêvant d’être son Pygmalion, François Hollande, a de lui-même enclenché ce piège du désir (au sens lacanien du terme) qui évidemment se refermera sur lui.

N’est pas Louis XIV qui veut !

Lazare Zylbergleitt

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