Leonardo di Caprio modèle pour une statue d’Aimé Césaire

Publié le 27 février 2018 - par - 16 commentaires - 811 vues
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Leonardo di Caprio modèle pour une statue d’Aimé Césaire

C’est en effet, cette année le dixième anniversaire de la mort d’Aimé Césaire. Écrivain et homme politique français, à la fois poète, dramaturge, essayiste, et biographe, Aimé Césaire fut le fondateur et représentant majeur du mouvement littéraire de la négritude avec Léopold Sédar Senghor et un anticolonialiste notoire… il est mort le 17 avril 2008 à Fort-de-France (Martinique).

Fondateur et représentant majeur du mouvement littéraire de la négritude. Mais… c’est un détail, non ? Après tout, c’est son parcours qui compte et non la couleur de sa peau et il n’y aura donc aucun inconvénient à ce que l’acteur célébrissime, blond aux yeux bleus, Leonardo di Caprio, serve de modèle pour cette commémoration… Comme l’expliquait l’une des adjointes au maire d’Orléans, ancienne chanteuse de rap, il y a peu, il faut impérativement promouvoir le multiculturalisme. Peu importe que l’on s’arrange avec la réalité et l’Histoire, seul le message est important !

Notre statue aura une belle image multiculturelle ! Nous aurons la beauté de Leonardo di Caprio comme modèle pour soutenir la force des symboles de notre chantre national du concept de « Négritude ». Ce concept qu’il imagina en réaction à l’oppression culturelle du système colonial français, vise, notamment, à rejeter le projet français d’assimilation culturelle. Ce grand Monsieur rejetait donc, contrairement à l’adjointe au maire d’Orléans, l’idée que l’on puisse mélanger les particularismes culturels dans ce qu’ils ont de sacré, mais qu’il faut au contraire les multiplier pour en faire un tout exogène, source de richesse.

Ainsi donc, on ne verra pas d’inconvénient, par exemple, à créer une représentation théâtrale d’Aimé Césaire avec un homme blanc, bel homme de surcroît, au prétexte que ce n’est pas le personnage qui importe mais bien le symbole. En l’occurrence pour Aimé, la lutte pour une reconnaissance de la négritude et contre l’idée du colonialisme.

Mais j’imagine aisément que, dans ce cas, nous assisterons à une levée de bouclier – parfaitement justifiée – de nos concitoyens martiniquais, qui sentiront une partie de leur identité traînée dans une marche forcée vers un multiculturalisme fourre-tout qui ferait de leurs valeurs historiques légitimes une carotte pour avancer vers une dilution injustifiée de leurs spécificités culturelle et biologique ? Accepteront-ils que l’on bafoue ainsi leur histoire, celle de leurs ancêtres et de leur descendance ?

Nos concitoyens et notre République respectent les différences. Elles existent, elles sont légitimement défendues par ceux qui les portent et il ne viendrait jamais à l’idée de quiconque de provoquer une polémique inutile qui trahirait les sources et les symboles de l’Histoire des esclaves. Mais ce n’est pas en tentant de les assimiler dans un concept abscons que l’on fera accepter à nos concitoyens martiniquais et guadeloupéens l’idée qu’un modèle d’Aimé Césaire pourrait effacer l’un – mais pas le seul – des critères essentiels à son combat contre l’esclavage des personnes de couleur, qu’il soit du fait des hordes mahométanes ou d’une (mauvaise) partie des colons occidentaux.

Voler la stature symbolique d’un personnage historique, construite au fil des siècles sur des événements peut-être magnifiés, mais souvent justifiés, pour emporter l’adhésion d’une partie de la population, et cela pour des raisons idéologiques, ou bassement électoralistes, ne grandit pas “celles et ceux” qui en sont à l’origine. C’est au contraire en respectant les symboles d’un pays, de ses origines culturelles et de sa vérité historique que l’on fera accepter à ses citoyens la possibilité d’accepter en son sein des personnes d’origines diverses. Et, pour citer le Général de Gaulle, « C’est très bien qu’il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns. ils montrent que la France est ouverte à toutes les races et qu’elle a une vocation universelle. Mais à condition qu’ils restent une petite minorité. Sinon, la France ne serait plus la France. Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne. »

Mais ce n’est pas cette minorité, fût-elle choyée par nos dirigeants, qui va écrire une nouvelle Histoire pour notre pays. Encore moins quand “ils ou elles” sont élus pour cinq ans, face à notre Histoire qui – Elle – est deux fois millénaire !

Jean-Louis Chollet

PS : Qu’on ne s’y trompe pas, cette nouvelle est une fiction… Nous ne sommes pas encore au mois d’avril et les poissons ne sont pas encore arrivés.

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