Léopold II : un livre à lire par ceux qui s’intéressent à la vérité   

Publié le 16 août 2018 - par - 8 commentaires - 1 211 vues
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La colonisation, surtout depuis les paroles malheureuses de Macron, concerne à nouveau les Français. Beaucoup en ont assez de l’éternelle culpabilisation du Blanc. Maintenant que le musée de Tervuren va rouvrir ses portes, beaucoup de personnes s’intéressent au personnage controversé de Léopold II, veulent connaître la vérité. Pour son livre L’État Indépendant du Congo, Guido De Weerd a consulté une multitude de documents. Le sérieux de son travail m’a épatée et j’ai tout spécialement apprécié les  pages racontant  l’histoire du caoutchouc. Son livre concerne tous les pays d’Europe.

Léopold II rêvait d’une colonie pour la Belgique. Le gouvernement belge estimait qu’une colonie lui coûterait trop cher… Les explorateurs anglais, allemands, français parlaient avec effroi d’esclavagisme (1), cannibalisme, mains, nez et oreilles coupés. Très nombreux étaient ceux qui mouraient de maladies comme la malaria, les parasitoses, la lèpre, la fièvre jaune, le typhus, la maladie du sommeil, la bilharziose… Et si l’explorateur – qui apportait des cadeaux – était généralement respecté, il pouvait être victime de guerres tribales dans un pays peuplé de plus de 300 tribus.

Avec effroi, j’ai lu des descriptions d’horreurs perpétrées à la fin du 19e siècle, horreurs semblables à celles que décrit, par exemple, In Koli Bofane, dans le Kivu actuel, ou Ahmadou Kourouma, en Sierra Leone et ailleurs. La vie africaine devait être une suite de calamités, calamités auxquelles la colonisation a mis fin et je comprends nos amis congolais qui en veulent aux Belges qui les ont abandonnés.

Guido De Weerd se garde bien d’étaler ces horreurs. Son livre est sobre et se concentre surtout sur les motivations, les moyens,  les décisions, les actions, les difficultés rencontrées par un roi qu’on a d’abord laissé faire dans ce grand espace où les explorateurs tombaient comme des mouches. Ce grand espace est devenu intéressant quand on y a, par exemple, découvert de l’or, des diamants, du cuivre… et Léopold II est devenu détestable.

Le livre précise les lois, les accords internationaux permettant la colonisation du Congo, l’installation des missionnaires, la création de centres de santé, d’écoles. La paix est venue. Cette paix a duré moins d’un siècle. Durant cette période, la population a plus que doublé grâce à l’expulsion des Arabes et Swahilis esclavagistes, grâce aux soins médicaux, à l’hygiène, à l’instruction, aux conditions de vie… Oui, il y eut des abus commis par des Blancs, et De Weerd les décrit, les situe dans leur contexte historique, géographique, économique, social. Il n’excuse aucun acte barbare mais il ne sombre pas non plus dans l’acte de contrition perpétuel de l’Occident actuel. Cette contrition empêche de voir la réalité humaine dans le monde réel, empêche l’action utile.

La période couvrant le  demi-siècle de colonisation belge qui a suivi les 20 années de vie de l’État Indépendant du Congo, était finalement un intermède entre deux situations d’horreur permanente. Rien n’a changé durablement, si ce n’est qu’il y a beaucoup plus d’êtres humains  à massacrer qu’avant… par la « faute » de Léopold II ! Léopold II a voulu que la population profite de la civilisation, elle s’est multipliée. Avec  une population moins nombreuse, il y aurait sans doute moins de souffrance dans ce malheureux pays en 2018.  Souffrance dont la presse officielle ne nous parle guère…

Le livre de Guido De Weerd est long, complet, basé  sur les documents d’époque, il est bien écrit et je le recommande à tous ceux qui s’intéressent à l’Histoire, qui veulent connaître  la vérité et la situer dans son contexte historique.

Mia Vossen

(1) Un aperçu du phénomène « esclavage » sur toute la planète et en tout temps est présenté par l’auteur. Cet aperçu est particulièrement intéressant.

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Notifiez de
Patrice

Ce livre semble reprendre les recherches de David Van Reybrouck, « Congo, une histoire », chez Actes Sud, 2014. L’auteur avait réussi à retrouver, miraculeusement, un témoin, très âgé, contemporain de Linvingston, c’est dire…

Mia Vossen

Van Reybrouck ne s’est PAS vraiment renseigné, a écrit pas mal de sottises et De Weerd m’a épatée par ses recherches, ses connaissances, son objectivité.

Louise

Effectivement, l’esclavage en Afrique existait bien avant l’arrivée des « Blancs ».
Des chefs noirs vendaient des noirs d’autres tribus aux Arabes qui avaient toujours pratiqué l’esclavage et la traite. Zanzibar était le plaque tournante de ce marché lucratif.
Ca, la gôche » ne veut pas en entendre parler. C’est plus facile de falsifier l’histoire !!!

Paskal

Sauf erreur de ma part, il n’y avait jamais eu de gouvernement communiste à Alger avant 1830 mais ne parlez surtout pas des pirates barbaresques à un « communiste ».

FREYNET Noémie

A LIRE : Bakhita, par Véronique OLMI; Témoignage édifiant sur le sujet. Biographie d’une ancienne esclave..Saint patronne du Soudan.

Ulysse 67

Les neuneus ignorants ignorent d’ignorer (puisque le sujet est en rapport avec la Belgique, clin d’œil à Brel) que l’esclavage existait, pardon sévissait massivement en Afrique bien avant l’arrivée du Grand Méchant Blanc, et que les Noirs se massacraient entre eux dans d’atroces guerres tribales avec force cruautés depuis des siècles. Lire Tidiane N’Diaye à ce sujet.

Et que la colonisation par les Européens a plutôt contribué à mettre fin au problème, qui a ressurgi à l’indépendance.

aguirre

Tapez sur votre moteur préféré « Kofi, c’était quand même mieux du temps des Blancs ». Avec cette vidéo, j’ai fait avoir une crise de nerfs à un prof gauchiste (pléonasme).

Mia Vossen

Tous les profs ne sont pas gauchistes!!!