Les Algériens de France se trompent de colère en s’en prenant au drapeau bleu-blanc-rouge !

Publié le 23 novembre 2009 - par
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« L’Algérie fête la qualif au capitole » ! Voilà comment sans autres précautions le site Actu-Toulouse.fr présentait le fait que des milliers de personnes se soient réunies sur la place du Capitole, mercredi soir, pour fêter la qualification de l’Algérie pour la Coupe du monde 2010 de football, allant jusqu’à remplacer les drapeaux de la France, de l’Europe et de l’Occitan par celui de l’Algérie. Rien ne choquait les animateurs de ce site ou ne les questionnait.

Une provocation révélatrice des dangers d’une immigration qui rejette le pays qui l’accueille

Alors que l’équipe de France affrontait l’Irlande, les klaxons n’ont pas cessé de résonner dans les rues de Toulouse apprend-t-on aussi, comme une provocation. « Certains conducteurs ont abandonné leurs véhicules pour rejoindre la place à pied, occasionnant d’importants embouteillages aux abords du Capitole », nous dit-on encore. Des supporteurs ont escaladé les murs du Capitole, pour hisser le drapeau algérien sur le bâtiment, emportant par la même occasion les drapeaux européen, français et occitan. A 22 h, des familles entières rejoignaient encore la place… »

Déjà, que le foot puisse créer un tel engouement au point d’aller jusqu’à des violences et de la casse, comme ce fut le cas lors des matchs aller et retour Algérie-Egypte, une violence tournée contre le pays où ils vivent, fait symptôme, mais que cet événement ait pu servir à s’attaquer à un tel symbole, n’a rien d’anodin. La France ici comme trop souvent servant d’exutoire à des frustrations de nature sociale qui sont d’abord le fait d’un pays d’origine qu’ils ont quitté parce que moins bien que celui qu’ils ont choisi, la France, à laquelle ils doivent beaucoup tout en la raillant.

Une attitude qui se fait le reflet d’un dénigrement permanent de notre pays, rappelons-nous entre autres, les sifflets au stade de France sur l’hymne national, sous une victimisation continue des populations d’origine immigrée présentées comme les « nouveaux damnés de la terre »…
Pour Mouss Amokrane, ex-chanteur de Zebda, il ne faut pas chercher de signification particulière au décrochage du drapeau français. « A mon avis ça n’a pas de signification particulière. C’est une connerie de gosses (…) Personnellement, je pense d’ailleurs que ça n’a pas de sens non plus de commenter ce type de réaction. » Sauf que cela a été mené par des adultes sous les hourras des autres ! Cette banalisation en dit long sur l’absence de prise de conscience du décrochage qui s’effectue ici entre la France et ces populations, de leur fait contre elles-mêmes, et qui par de tels actes se mettent volontairement à part au lieu de jouer le jeu de l’intégration.

Que la France ne soit qu’un pays d’accueil pour ceux qui se considèrent encore comme Algériens ou leur pays s’ils ont la nationalité française, décrocher le drapeau bleu-blanc-rouge dans ces conditions pour le remplacer par le drapeau de l‘Algérie montre toute l’étendue du problème que peut avoir une large partie de l’immigration maghrébine avec la France entre inculture, malentendu, manipulation et bêtise.

Un modèle social français pour tous qu’ils sont venues chercher et un pacte républicain dont ils ne veulent pas…

Effectivement, ce n’est pas en Algérie qu’ils ont choisi de vivre, le modèle social français il est vrai, n’a rien de comparable avec celui de ce pays d’où ils viennent. On pourrait dans ces conditions penser que ces personnes puissent en tenir compte en défendant la France, car finalement, ce sont bien des Français (qui pour certains ont été avant de le devenir des immigrés) qui par leurs luttes ont conquis ce modèle social dont tous profitent à égalité, Français et immigrés, puisque nous sommes dans un pays laïque dont la nature des services publics est de rendre un service fondé sur l’égalité de traitement des individus devant la loi.

Il y a, en la matière, un contrat qui est oublié, celui qui veut que, l’appartenance à la cité est indissociable d’une sorte de pacte moral comme l’historien Pierre Rosanvallon l’analyse, celui relatif à la dette que le citoyen a envers l’Etat qui le protège et celle que l’Etat a envers les citoyens en regard de l’implication de ceux-ci. On le voit, tout est oublier dans ce remplacement de drapeau qui, s’il avait eu lieu en Algérie, le drapeau Français remplaçant celui de ce pays, aurait été reçu comme un viol et donné lieu sans aucun doute à une nouvelle demande de pardon à la France devant se soumettre à l’acte de contrition.

Il y a derrière ces faits, entre la casse organisée et le décrochage du drapeau, un rejet de l’intégration tout en réclamant le droit à la différence et l’accès aux avantages sociaux. Il faudrait savoir ce que l’on veut ! Cette démarche relève de cet islam qui cherche à s’affirmer au-dessus des règles communes pour imposer, sur le thème de la liberté du droit à l’identité, à la reconnaissance de l’origine, de ne pas à avoir à respecter le pacte républicain, les valeurs communes de la France, d’où d’ailleurs ce mouvement de revoilement auquel on assiste un peu partout contre les valeurs de démocratie et les libertés publiques identifiées à un mal venu de l’Occident, qui leur volerait leur identité en les amenant à épouser la laïcité.

On sait combien la religion lorsqu’il y a ignorance peut s’emparer de la place en jouant sur les ressentiments et le sentiment communautaire de victimisation, encouragé par une certaine gauche, pour faire avancer sa cause qui tourne le dos aux intérêts de ceux qu’elle dit vouloir représenter. Derrière le retour à la tradition, il n’y a que du conservatisme et des oripeaux qui ne peuvent avoir droit de cité que contre la modernité et le progrès.

Elu par la République pour militer contre elle !

Pendant ces débordements se tenait dans la ville la Conférence générale de la coalition européenne des villes contre le racisme. Jean-Paul Makengo, adjoint en charge de la diversité et de l’égalité au Capitole (mairie PS), était interrogé sur l’analyse qu’il portait sur le symbole du décochage du drapeau français et son remplacement par le drapeau algérien :
« Il y a deux choses. On peut d’abord y voir la bêtise d’un groupe de supporters qui ne doit pas être confondue avec le fait de ne pas aimer la France. Mais nous sommes également face à des publics qui souffrent d’un déficit de fierté, et dès qu’une population stigmatisée peut exister collectivement, elle le manifeste sur la voie publique. Malheureusement ça se fait souvent par des dégradations où en s’attaquant aux symboles de la République. En général, des gens à qui la société renvoie systématiquement une image négative d’eux-mêmes finissent par exhiber leur différence comme par provocation. Mais il ne faut par faire l’amalgame entre des supporters « qui font les cons » et un repli communautariste. »

On retrouve ici toute l’idéologie victimaire qui renverse la lecture des faits. Le repli communautaire qui fait le communautarisme, c’est précisément ce que vient de justifier à travers cette thèse en martyrologie cet élu d’une République qu’il livre à la logique des mises à part ! Car ce qu’il décrit, donne véritablement l’impression que ces populations en raison de leur différence d’origine seraient moins bien traitées que les autres. C’est une sorte de racisme envers la France car il n’y a rien de plus faux ! La plupart des personnes qui vivent sur notre territoire après avoir émigré, travaillent ou bénéficient des aides-sociales et proportionnellement dans une mesure bien plus grande que ceux du cru.

On lui posait ensuite la question de savoir ce qu’il préconisait « pour venir à bout de ces réactions paroxystiques ? »

Jean-Paul Makengo : « Pour que cela s’arrête, il faut que l’effort vienne des deux côtés : que ces populations intègrent qu’elles sont françaises à part entière, et que de son côté la France les considère également comme des Français. On ne peut pas leur demander de faire des efforts pour venir vers nous, si on les renvoie en permanence à leur différence. » Mais comment soutenir de telles contresens ! Si ces personnes viennent en France n’est-ce pas pour y trouver une situation meilleures et si elles y restent, n’est-ce pas parce qu’elles y sont bien accueillies ! Il faudrait encore quoi ? Sans doute qu’on jette la République à la poubelle de l’histoire pour que la revendication au droit à la différence se traduise par la différence des droits, chacun profitant de tout, tout en refusant d’apporter sa contribution à l’effort commun, en rejetant la responsabilité et les devoirs communs. Quel beau monde nous prépare un tel discours d’un élu qui n’a en vérité rien à voir avec la République !

Liberté-égalité et fraternité : Qu’ils défendent les libertés et les droits que leur pays ne leur à jamais accordé !

D’une certaine façon, la ville de Toulouse avec son adjoint à la diversité récolte ce qu’elle a semé dans le sillon de ceux qui, à l’échelle national, relais la même logique à travers un discours de victimisation qui entretient un rapport litigieux entre la France et les immigrés, qui sert de ressort à une remise en cause des fondements égalitaires et laïques de notre République. Par voie de conséquences, le suivre, ce serait l’évacuation de toute fraternité, par une auto-stigmatisation aboutissant à une auto-exclusion et des mises à part qui à termes feront aussi le malheur de ceux qui croient voir dans le fait de cracher sur la France leur salut, alors qu’avec la perte du principe d’égalité qui suit l’affirmation identitaire contre la République, il perdront ce qu’ils sont venus chercher en France, « un peu » de liberté et de droits que leur pays ne leur a jamais accordé.

Défendre le drapeau de la Liberté, de l’Egalité et de la Fraternité, c’est leur devoir et c’est aussi leur intérêt, mieux, c’est aller ensemble dans le sens des progrès de l’histoire.

Guylain Chevrier,

historien

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