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Les Antilles nous montrent l’exemple de la rébellion : bravo !

Que se passe-t-il aux Antilles et à la Réunion ?

Si je me souviens des dernières infos, c’était la cata, ils doivent être tous plus ou moins mourants maintenant. Si, si, rappelez-vous, on a envoyé des renforts, des infirmiers, des pompiers, l’armée et le capitaine Haddock.

Alors, tel un charognard, je suis allé aux infos espérant me délecter de quelques milliers de morts, d’images d’agonisants et d’orphelins dénutris. Franchement, j’étais déçu, pas une ligne dans les médias, rien de spécial : les ferrys reprennent leurs tournées entre les îles, la transat Jacques-Vabre, le nouveau cyclone Alex.

En panique, je transpire et fonce sur la courbe des décès, queue de chique, nada, nothing, que dalle à se mettre sous la dent.

Inquiet, j’essaie de me rassurer en me disant qu’éclairés par la sagesse Elyséenne, ils se sont tous fait piquer par la sainte aiguille. Pourtant d’après mes souvenirs c’était pas gagné, ils résistaient drôlement ces bougres. Dare-dare, je file sur le pourcentage des picousés.

Guadeloupe : 30 %

Martinique : 32 %

Réunion : 56 %

Guyane :20 %

Mayotte : 22 %

C’est minable. Les courbes sont aussi plates que mon moral. Pas de vaccination, pas de décès Covid, je me pince. Moi qui me suis fait trouer la peau 3 X, qui ai fait vacciner ma femme, mes enfants, mes vieux et mon chat. Qui ne parle plus à mes voisins récalcitrants, qui ai posé un portrait de Macron sur ma table de nuit et écoute tous les jours sur France Inter, Véran et ses apôtres. Qui enfile scrupuleusement le masque bien rabattu sur le nez. Je ne comprends pas. Mes certitudes vacillent et si je m’étais trompé, non ce n’est pas possible, tous ces anges en blouses blanches ne peuvent pas raconter n’importe quoi. Pour cuver mon désarroi, je m’enfile quelques verres de ce délicieux rhum arrangé que m’a refilé un ami. Je me console en me disant que ces abrutis de non-vaccinés ne peuvent pas aller au restau ni à l’hôpital et que au moins les infirmiers et les pompiers ont perdu leur job. Merde alors, j’apprends que le passe n’est plus obligatoire pour les soignants en Martinique.

Tout tourne autour de moi, Véran, Macron, Castex, la sainte Trinité, apparaissent à l’écran et me regardent avec un air de reproche : « Douterais-tu de nous ? Ta foi défaillerait-elle au premier obstacle ?

Va mon enfant et annonce aux hommes que le salut leur parviendra par le saint vaccin, les récalcitrants, eux, seront exclus de la société, condamnés à jamais à errer de restaus fermés en restaus fermés..

Subjugué par leurs voix télévisuelles, je m’effondre en leur demandant pardon et pour leur prouver ma bonne foi, je relève ma manche pour une quatrième.

Christophe Sévérac