Les aristocrates escamotent la victoire d’Orban

 

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La nomenklatura politique, juridique, intellectuelle et médiatique au pouvoir actuellement se comporte comme les aristocrates de la fin de l’Ancien Régime. D’un point de vue étymologique, les membres qui la composent se comportent comme des aristoï, les plus vertueux, les « meilleurs » de la société ; et en vertu de ces qualités qu’ils se prêtent, ils estiment que le kratos (le pouvoir) leur revient. Eux savent, le peuple manant ne peut savoir.

Mais ces aristocrates d’aujourd’hui doivent composer avec une apparence de démocratie.  Ils ne peuvent à la fois revendiquer d’une manière incantatoire des droits de l’homme vidés de leur substance originelle (lire “Les droits de l’homme contre le peuple » de Jean-Louis Harouel) et supprimer la démocratie, la ficelle serait trop grosse. Alors il s’agit de trouver tous les tours de prestidigitation leur permettant de transformer la démocratie en une coquille vide.

Cela passe essentiellement par le refus de consulter les citoyens par référendum. Pour ces aristos, les décisions politiques sont une chose trop sérieuse pour être confiées au peuple. Confiez-nous le pouvoir pour 5 ans, et le reste du temps, faites mumuse avec les prestations sociales et le foot, version moderne du pain et des jeux garantis par l’empire romain.

La formule de Brecht n’est même plus d’actualité : « puisque le peuple vote contre le gouvernement, il faut dissoudre le peuple. » En effet tout opposant à la politique du bonnet blanc ps ou du blanc bonnet ump type libéral mondialisme « heureux » est psychiatrisé extrémiste, rendant impossible l’accès aux 50 % + 1 voix requis pour remporter une victoire présidentielle. Donc le peuple peut mal voter, il n’est pas besoin de le dissoudre, puisqu’il n’a aucune chance de remporter les élections, trop d’électeurs lambda étant pétrifiés à l’idée de se percevoir comme un « méchant » extrémiste ; nos aristos contemporains peuvent donc le mépriser comme les aristos de 1789 méprisaient le tiers-état.

Et si d’aventure, par ci par là, un référendum est encore entrepris, les aristos s’assoiront sur les résultats. Le dernier référendum entrepris en France concerna en 2005 le projet de traité établissant une constitution pour l’Europe. Le peuple français rejeta ce qui mettait fin à l’exercice de sa souveraineté nationale, avec près de 55 % de non. Qu’à cela ne tienne, le bonimenteur Sarkozy effectua, avec l’aide de son assistant Hollande, l’escamotage de la décision nationale et accoucha du traité de Lisbonne, qui alla à l’encontre de la volonté du peuple.

C’est toujours cette escroquerie intellectuelle qui s’exerce pour escamoter les décisions populaires. Après le Breixit, n’était-il pas un temps question de faire revoter les Britanniques.

La victoire du camp Orban lors du référendum de ce week-end n’échappe pas à la règle. Quoique, excusez du peu, 98 % des votants hongrois aient indiqué refuser que l’UE impose l’accueil d’un quota de réfugiés à la Hongrie, la presse au service des aristos sans-frontièristes a claironné que c’était un échec pour Orban et les souverainistes hongrois.

Le truc de l’escamotage repose cette fois-ci sur une disposition de la Constitution hongroise (article 8 du chapitre sur l’Etat) qui stipule qu’un référendum national ne peut être validé que si plus de la moitié de tous les électeurs ont valablement voté. Un choix constitutionnel qui participe d’une intention louable : faire participer au débat le maximum d’électeurs. Mais un choix qui s’avère malencontreux si des partis politiques détournent l’intention du départ en décidant de torpiller le référendum.

C’est ce qu’ont choisi de faire les fédéralistes hongrois pro-immigration. Certains d’être minoritaires et défaits sur cette question, ils ont choisi de faire échec à Orban en refusant le jeu électoral. Ils ont donc fui le champ démocratique. Ainsi, il n’y eut que 40 % de participation au référendum, les immigrationnistes boycottant le scrutin, rendant ainsi impossible la validation du référendum.

L’abstentionnisme est important traditionnellement en Hongrie. Ainsi, pour l’élection la plus importante de ce pays, les législatives, en 2014, il y eut 38 % d’abstentionnistes. On peut donc raisonnablement penser, qu’ils ne se sont pas plus déplacés pour le référendum. Il ne reste alors plus que 22 % d’abstentionnistes, au mieux, qui ne se seraient pas déplacés pour marquer ainsi leur refus de la politique de défense hongroise, vis-à-vis d’une immigration musulmane.

40 % d’Hongrois anti-immigration contre 22 % d’Hongrois pro-immigration, la victoire du camp Orban est très nette. Pourtant sans vergogne, la caste journalistique escamote cette victoire en défaite d’Orban. Il n’aurait pas su mobiliser, disent-ils.

Quel raisonnement étrange ! D’autant plus étrange que les européo-béats se gardent bien de l’appliquer à d’autres circonstances qui leur seraient cette fois-ci dommageables.

Pourquoi ne lit-on pas, au lendemain des élections européennes, sur les manchettes de nos quotidiens : « Défaite des partisans de l’UE qui ne parviennent pas à mobiliser les Européens ». Que l’on en juge : lors des dernières élections européennes en 2014, il y eut 56 % d’abstention en France, 53 % en Allemagne, 63 % aux Pays-Bas et … 71 % en Hongrie ! Sur les 28 pays membres de l’UE, seuls 8 auraient atteint le fameux 50 %, quorum demandé pour le référendum !

Alors, suivant votre raisonnement, messieurs-dames de l’UE, la désignation des actuels députés européens n’aurait donc pas de légitimité ?!

Jean Pavée

 

 

abstention par pays aux élections européennes de 2014

 

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22 Commentaires

  1. Bande de naves!Vous croyez encore que ces socialopes tiennent compte de quelque pétition que ce soit.Vous êtes tres naifs!

  2. Quoi qu’il en soit, Orban sait maintenant que le peuple est avec lui contre ces honteux quotats de migrants.

    Car en effet, 60 % des Hongrois se sont abstenu de participer. C’est donc qu’ils ont, en ce sens, refusé de dire « oui » aux quotats !

    Quant aux votants, 98 % des votants on dit « non » aux quotats.

    C’est dans la poche, monsieur Orban !

  3. Quelle victoire? Un référendum qui réussit est celui où la proposition est appliquée, non? Donc, c’est un échec, ce n’est pas comme Orban ignorait qu’il fallait atteindre une participation de 50% avant de se lancer, c’est donc bien un échec. De toute façon, il a annoncé qu’il allait la faire passer par un vote du Parlement. Comment vous appelez ça, déjà, celui qui fait passer une loi pour effacer un échec au référendum? Un « bonimenteur », c’est ça?

    • C’est plus compliqué que ça, Christian. Ce referendum n’avait qu’une valeur consultative. Par conséquent, il est difficile de dire s’il s’agit d’une victoire ou d’un échec.

      En l’état, avec 98% d’appuis sur 44% de votants, Viktor Orban est fondé à continuer de refuser les quotas obligatoires.

      Si la majorité des hongrois était favorable à ces quotas obligatoires, ils n’avaient qu’à se déplacer dans les bureaux de vote pour le faire savoir à leur président.

    • P.S. : Mais selon les sondages et les statistiques qui révèlent que dans toute élection, les abstentionistes auraient voté comme ceux qui sont effectivement allés voter…

      Retirons les 20% qui ont boycotté.

      Même en prenant une large marge d’erreur, on peut raisonnablement penser que 70% des hongrois soutiennent la politique de leur président.

      Ce qui est dommage, ce que tous ces gens aient été trop paresseux, ou trop inconscients, pour aller manifester leur soutien.

  4. De toute façon même si les hongrois avaient voté majoritairement contre l’imposition de réfugiés illégaux chez eux l’UE n’en aurait pas tenue compte.
    Donc le problème est bien l’UE avec nos gouvernants qui imposent leurs vues bonnes ou mauvaises aux peuples européens. .
    Soit on en sort, soit on demande une réforme en profondeur de sa Constitution.

    On est pas des poulets.

  5. En 1996, Bill Clinton a été élu Président des USA avec 49,2 % des voix de 49% des électeurs américains, soit par 24% des Américains. Donc en gros l’élection de Clinton était un échec patent ! Dans le cas d’Orban 98% de 45% des électeurs, cela fait quand même la bagatelle de 44% en faveur du Non ! Si je comprends bien la manipulation éhontée des médias français, les 55% d’abstentionnistes étaient forcément en faveur du Oui. Que ne l’ont-ils fait savoir en allant voter ! Quand la désinformation atteint un tel niveau on se rend compte à quel point la démocratie est en danger.

    • Les médias pensent pour nous, parce qu’ils estiment que nous sommes de la volaille. C’est pour cela que le gouvernement leurs octroi des millions d’euros par an afin de remplir leurs gamelles.

  6. Institutions pourries et perverses, règles manipulées pour empêcher toute décision contraire aux « intérêts bien compris des peuples », tout est fait pour pousser le bouchon aussi profond que possible. Jusqu’au moment où ça ne sera plus possible et où l’explosion sera véritablement dévastatrice pour tout le monde. Connerie quand tu nous tiens, pouvoir quand tu nous fascines au point de nous rendre sourds…

  7. Jean, un reproche ;
    « les immigrationnistes boycottant le scrutin, rendant ainsi impossible la validation du référendum ».
    Pourquoi faire ce raisonnement ?
    Les Hongrois, comme nous, se déplacent aux urnes pour défendre une position; s’ils ne se déplacent pas on est en droit de penser que leur motivation n’est pas forte …
    Qu’ils pensent ne pas être en mesure de faire fléchir l’UE ou autre n’a pas d’intérêt, mais penser qu’un lobby (pro-immigrés ?) puisse se comporter ainsi !
    .

  8. Malgré l’abstention Il y a eu plus d’électeurs opposés à la relocalisation des migrants (nouveau terme employé pour désigner les immigrés illégaux ou encore les clandestins) que d’électeurs favorables à l’entrée de la Hongrie dans l’Union européenne lors du référendum qui a eu lieu en 2003.

  9. Le vote est obligatoire en Belgique, par exemple(raison des 10%), si cela avait été le cas en Hongrie il n’y aurait pas eu d’escamotage possible.
    La roue tourne de toute façon et leur navire UE se transformera en radeau de la méduse.

  10. Bidouillage de communication de textes, modification furtive des lois électorales dans un imbroglio d’amendements, de sous-amendements où le principe d’égalité du suffrage est constamment bafoué : voilà ce à quoi nous assistons dans nos démocraties, où le peuple est constamment berné par des règles du jeu obscures et compliquées qui n’en sont plus et de ce fait, deviennent l’affaires de spécialistes, alors qu’elles devraient être compréhensibles par toutes et tous. Comme dit l’adage : »pourquoi faire compliqué, quand on peut faire simple ? »

    • Je connais le dicton autrement plus logique: Pour quoi faire simple quand peut faire compliqué . Est c’est bien ce qui se passe : on fait compliqué

  11. Orban , le succès FN français , le Brexit , Trump , la vague nationaliste en Autriche , Pas Bas , Belgique , Pologne , la Force Poutine , la résistance slave , la démocratie Helvète .. les peuples européens se réveillent de leur cauchemar et leurs bourreaux Fascistes Oligarques sont dans le désarroi .. les carnages terroristes islamiques , les massacres du Moyen Orient , la guerre aux portes de L’Occident , les déboires saoudiens, les flux de Migrants .. du Chaos naitra l’espérance des Nations et des peuples …

    • Souvenons-nous de la comparaison faite entre l’Union européenne et l’Union soviétique, par le dissident Vladimir Boukovsky : » J’ai vécu dans votre futur et ça n’a pas marché. » Mais attention ! Une dictature réactive est capable de tout, avant de s’effondrer. Pour l’instant, nous n’observons que des fissures, mais le mur tient encore bon.

  12. Oui, oui, oui… Mais comme le disait un article ces précédents jours, c’était aussi aux électeurs hongrois de se déplacer cette fois-ci !

    Croyez-moi, si un tel referendum avait eu lieu en France, je n’aurais pas manqué l’occasion de déposer mon vote.

    Les hongrois pourront se plaindre à présent, ils n’avaient qu’à se prendre en main.

    Heureusement pour eux et pour l’avenir de leurs enfants qu’ils ont un président qui appliquera de toutes façons la politique qu’il a décidée. Il aurait seulement eu plus d’arguments contre l’Union Européenne si le referendum avait été validé, mais je ne pense pas qu’il se laissera faire. Les hongrois le remercieront peut-être dans quelques années !

    • J’ai visionné l’intervention de l’Ambassadeur de Hongrie qui a été vraiment obligé de remettre ce militant journaliste en place! Car ce qui est très intéressant de lire sur cette vidéo n’est pas en soit la déclaration de l’Ambassadeur qui est carré et cohérent, mais bien plutôt l’insistance chronique et mal placé du journaleux sous perfusion d’état qui tente de faire dire à cet homme publique ce que la junte de l’UE lui intime de faire dire! PATHÉTIQUE le journaleux!!!!

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