Les ayatollahs du CFCM veulent faire condamner un Italien qualifiant leur Mahomet de cochon

Publié le 15 août 2013 - par - 3 021 vues
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Dans la nuit de lundi à mardi dernier, la police d’Avignon interpelle un touriste italien de 31 ans en train de tagguer l’immeuble de la Banque de France. On découvre rapidement qu’il vient de déposer une demi-douzaine d’autres graffitis en ville, en particulier sur l’Hôtel de ville et le Palais des Papes.

Et quel message voulait nous envoyer ce taggueur improvisé ? Il n’a fait qu’écrire plusieurs fois « Mohamad le profet était 1 cochon », « Mohamad était 1 cochon », le tout agrémenté de dessins d’une tête de porc.

Dès que la nouvelle se répand mardi matin, c’est l’émoi dans la presse bien-pensante et chez les responsables musulmans. Mon Dieu, c’est horrible ! L’islamophobie a encore frappé ! C’est ignoble ! C’est nauséabond ! C’est raciste ! C’est xénophobe !

Mais vous vous rendez compte, ma brave dame : un militaire qui voulait tirer sur une mosquée de la région lyonnaise le jour de l’Aïd, puis une gamine de 16 ans qui dit qu’on lui a arraché son foulard à Trappes, et maintenant carrément des insultes à notre « prophète » en Avignon ? Mais il faut arrêter cette escalade qui nous rappelle les heures les plus sombres de notre Histoire !

Pour une fois, on a échappé au traditionnel communiqué du ministre de l’Intérieur, trop occupé à aller se faire voir devant les caméras à Marseille pour faire croire qu’il sert à quelque chose.

Mais le vice-procureur d’Avignon prend l’affaire très au sérieux, et explique sans rire que l’interpellé « n’est pas quelqu’un qui est forcément raciste et xénophobe de façon chronique ». Donc pour ce magistrat, l’islam est une race (« racisme », étrangère à la France (« xénophobie »), alors qu’il ne s’agit tout au plus que d’un blasphème des plus anodins.

Et c’est l’accablement et la torpeur au Conseil français du culte musulman.

Son « observatoire de l’islamophobie », qui a ainsi un « acte anti-musulman » de plus à inscrire à son tableau de chasse, décide immédiatement de porter plainte pour diffamation et provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence contre un groupe de personnes en raison de l’appartenance à une religion. Comme si diffamer Mahomet, Jésus ou Bouddha était un délit, comme si la lecture d’un tag « Mohamad était 1 cochon » allait entraîner des hordes de skinheads avignonnais dans des ratonnades racistes…

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Mohamed Moussaoui, président d’honneur du CFCM, y va aussi de son indignation sur les ondes de France-Info. « Je suis bien sûr consterné comme tous les citoyens d’Avignon de voir cet acte odieux se produire », explique-t-il. Ah bon ? Il leur a demandé leur avis ? « C’est d’abord la profanation du nom du prophète », poursuit-il. Et alors ? On s’en fiche de votre Mahomet !

Et pourquoi « profanation du nom du prophète » et pas « profanation du prophète » tout court ? C’est curieux, le CRCM-PACA, qui évidemment a lui aussi réagi sur l’heure par un communiqué, a une expression similaire : « Un tag (…) portant sur le nom du Prophète de l’Islam ». Non. Le tag porte sur Mahomet, pas sur son nom. C’est bizarre cette confusion entre une personne et son nom, alors que c’est bien la personne du « prophète » qui est visée, et pas le prénom « Mohamad ». Soit les musulmans considèrent que Mahomet est tellement intouchable qu’on ne peut le diffamer ou l’injurier, mais qu’on s’attaque uniquement à son nom, soit ils sanctifient autant le nom que la personne, soit il y a une autre raison, mais ce désordre de la pensée mériterait approfondissement.

Evidemment, le CRCM-PACA nous ressort la tarte à la crème : « Acte raciste et xénophobe », « multiplication de ces actes xénophobes », et gnangnangnan. Ils se rendent même pas compte qu’en parlant de « xénophobie », ils signifient eux-mêmes que l’islam est une religion d’étrangers. Mais qu’ils sont bêtes, ce n’est pas possible !

Le CRCM-PACA nous fait du Moussaoui en évoquant « ces provocations méprisables et contraires aux valeurs qui animent l’immense majorité de nos concitoyens ». Or on sait bien ce que pensent de l’islam « l’immense majorité de nos concitoyens »… Soit ils s’en foutent (surtout d’un tag contre Mahomet, franchement !), soit ils sont majoritairement islamophobes comme le démontrent tous les sondages d’opinion. Alors arrêtez un peu votre musique, les gars du CFCM et des CRCM ! Ca ne prend plus, vos pleurnicheries !

Et pendant que les représentants du « culte musulman » se complaisent dans leurs jérémiades, la police de la pensée ne faiblit pas. Notre touriste italien est sous les verrous, et il sera jugé mercredi après-midi en comparution immédiate. On lui fait son procès tout de suite, sans doute par peur qu’il ne fuit en Italie d’où il ne pourra pas être extradé pour son crime de lèse-islam.

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La Ville d’Avignon, la direction du Palais des Papes et la Banque de France ont porté plainte pour dégradation et c’est ce qui sera jugé mercredi. La plainte du CFCM ne fait partie de l’accusation, mais c’est pour des raisons purement techniques, nous explique le procureur-adjoint, pour qui c’est « un chef de poursuite incompatible avec la procédure de comparution immédiate ». Effectivement, la loi de 1881 impose des délais incompressibles pour la convocation à l’audience. Et on lit cette phrase incroyable dans un article du Dauphiné Libéré en ligne : « Le parquet a encore la possibilité de poursuivre F. C. en citation directe pour le caractère islamophobe des faits ». Là encore, comme si l’islamophobie était un délit !

On apprend dans la soirée de mercredi que le touriste italien a été condamné à deux mois de prison avec sursis, plus 551 euros de dommages-intérêts pour la Ville d’Avignon. Il y a tout de même dégradation de bâtiments classés au patrimoine…

Mais le ministère public avait requis dix mois de prison avec sursis et 3000 euros d’amendes, arguant que « ces faits sont intolérables en raison des supports choisis, de sa profession d’architecte et des propos inscrits, propos qui sont nauséabonds, islamophobes ». Encore un magistrat qui feint d’ignorer que ni l’islamophobie, ni le « nauséabond » (jugement totalement subjectif) ne sont des délits. Autrement dit, on juge le type uniquement pour dégradation, et le ministère public essaie de lui coller un délit d’islamophobie en douce pour justifier des réquisitions sévères.

Et s’agit-il vraiment d’un acte islamophobe ? D’une part Marco Rossi a expliqué avoir agi par colère suite à une altercation avec des Maghrébins, et d’autre part, analysons bien l’inscription principale : « Mohamad le profet était 1 cochon ».

Pourquoi « Mohamad » et pas « Mahomet » ? En italien, le mot « Maometto » est moins usité que son équivalent « Mahomet » en français, donc les Italiens appellent souvent le fondateur de l’islam « Mohamad ». Pourquoi « profet » ? Parce qu’en italien « prophète » se dit « profeta », et que le « ph » pour le son « f » n’existe pas.

Mais pourquoi a-t-il écrit que Mahomet « était un cochon » alors que nous autres islamophobes gaulois vénérons le porc ? Hé bien à mon avis ce n’est pas pour dire que Mahomet était porté sur le sexe, mais pour paraphraser un juron extrêmement courant en italien qui traite Dieu de porc : « dio porco ». (Comme on dit aussi « dio cane » : Dieu [est un] chien, etc.)

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En fait il y a deux mots en italien qui désigne le cochon ou le porc : « maiale » et « porco ». Mais « maiale » est le plus usité, désignant autant l’animal que la viande. « Porco » est péjoratif, insultant, et sert surtout à désigner des personnes ou des choses sales ou libidineuses. « Porco » vient du latin « porcus » (comme « porc »). « Maiale » vient du latin « maialis », qui désignait un porc castré, sacrifié à la déesse romaine Maïa, mère de Mercure. (C’est la même Maïa que dans la mythologie grecque, puisque le Mercure romain correspond à l’Hermès grec.) Le taggueur italien a bien sûr voulu dire « porco », mais il a traduit par « cochon ».

Bref, le procureur ou le ministère public d’Avignon ne pouvaient pas savoir tout ça, trop occupés à chasser l’islamiquement incorrect. Et ces Messieurs du CFCM et du CRCM-PACA non plus, trop contents de gémir une fois de plus sur « l’islamophobie », le « racisme », la « xénophobie » et autres inepties dont ils sont spécialistes.

Marco Rossi n’est même pas un islamophobe patenté, il a simplement voulu écrire un juron de colère : Mahomet était un porc, « Maometto porco! »

Penchons-nous tout de même encore une fois sur le cochon, aussi important dans l’affaire que « le profet ». Quant on analyse la phrase « Mohamad était un cochon », s’il y a un personnage qui doit aussi se sentir insulté et diffamé, c’est bien le cochon ! En effet, laisser entendre qu’un personnage aussi exécrable et abject que Mahomet le fondateur de l’islam puisse faire partie de son espèce est pour le moins injurieux. Mahomet raciste, Mahomet sexiste, Mahomet pédophile, Mahomet pillard, Mahomet assassin, Mahomet tortionnaire, et surtout Mahomet porcophobe ! Maometto razzista, Maometto sessista, Maometto pedofilo, Maometto rapinatore, Maometto assassino, Maometto torturatore e soprattutto Maometto porcofobico!

Pourtant, le Conseil français du culte goret n’a pas porté plainte, pas plus que la Ligue porcine mondiale ou l’Union des organisations cochonnes de France. C’est peut-être là qu’est le vrai scandale de cette affaire.

Roger Heurtebise

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