Les carrés musulmans, une revendication d’extrême droite

Publié le 15 février 2012 - par - 1 983 vues
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« Si l’on veut qu’une communauté religieuse se sente pleinement chez elle dans une ville, il faut lui faciliter la construction de cultes et l’enterrement de ses croyants. C’est la base même de l’intégration », a déclaré lundi 6 février Roland Ries, maire PS de Strasbourg, à l’occasion de l’inauguration du premier cimetière musulman municipal de France. Il est à noter que la création de ce cimetière a été votée à l’unanimité par le conseil municipal, opposition UMP comprise…  

 Ces élus strasbourgeois, sans doute pour de sordides raisons électoralistes, ont donc cédé aux exigences des fondamentalistes musulmans en leur accordant un cimetière dédié, créant de fait un communautarisme de la mort, « un apartheid post-mortem » pour reprendre l’expression de la philosophe Catherine Kintzler. Cet apartheid  des cimetières fait logiquement suite à la ségrégation sexuelle imposée dans l’espace public par les adeptes (contraintes ou volontaires) du port du voile, de la burqa ou du niqab. Il  fait suite également à la ségrégation alimentaire instaurée dans d’innombrables cantines scolaires et restaurants d’entreprise par la présence de nourriture « halal », séparant de fait les convives entre musulmans et non-musulmans ou contraignant ces derniers à se conformer aux rites islamiques en matière d’alimentation. En d’autres termes, le repas,  temps essentiel et sécularisé de convivialité publique et de partage, a été resacralisé, et il est devenu, jusque dans les écoles publiques des grandes agglomérations, un moment de repli communautaire, de séparation et d’exclusion. Par la pression communautaire, les enfants (ou les adultes) censés être d’ascendance musulmane se retrouvent en quelque sorte obligés de manger « halal » et assignés à leurs origines: dis-moi quoi tu manges, je te dirai qui tu es ! Par conséquent, les mêmes sont aussi forcés de rejeter et de stigmatiser les non-musulmans à ce moment du repas: dis-moi quoi tu manges, je te dirai qui tu hais !

Pour en revenir à la concession de carrés musulmans dans les cimetières, on retrouve dans cette revendicat­ion l’obsessio­n névrotique caractéris­tique de toutes les extrême-droites totalitaires pour la notion de pureté, qu’elle soit pureté de la race ou pureté de la foi. Une obsession couplée à son inévitable double, également névrotique­: la notion de souillure, de souillure par la différence­. En clair, les islamistes qui souhaitent des cimetières réservés craignent de voir leurs défunts souillés par la présence de cadavres chrétiens, juifs et athées. C’est pourquoi leur haine pathologique de l’altérité ne s’apaise que par la discrimination, le racisme et l’intolérance institutionnalisés jusqu’après la mort !

Si cette revendicat­ion confession­nelle clairement opposée à la tolérance religieuse issue des Lumières venait à se diffuser, ce serait une victoire pour les racistes intégriste­s qui considèren­t ceux qui ne partagent pas leur fanatisme et leurs superstiti­ons comme des impies et des impurs.

Dans la nécropole nationale de Morette (Haute-Sav­oie) gisent 105 dépouilles de résistants ayant participé aux combats du maquis des Glières contre l’occupant nazi en mars 1944. Les sépultures des héros sont unies pour l’éternité­: croix chrétienne­s et étoiles de David  plantées côte-à-côte dans le sol de France, côte-à-côte comme le furent ces résistants dans le sacrifice de leur vie pour la Libération. 
Dans l’Allemagn­e des Lois de Nuremberg, il y avait des carrés réservés aux aryens dans les cimetières­. Bien entendu, ces carrés étaient interdits aux défunts juifs et autres « non-aryens ». Ceux qui aujourd’hu­i, à Strasbourg ou ailleurs, militent pour les mêmes carrés confession­nels, pensent certaineme­nt, eux aussi, que « toutes les civilisati­ons ne se valent pas ».

Marc Nièvre

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