Les cent et une nuits de Bébel

Le solitaire était à bout de souffle et il marcha alors sur une peau de banane. Il part en échappement libre par un beau matin d’été comme un tendre voyou sans tirer de cartouche. L’héritier était magnifique car incorrigible. Il ne s’était pas enfermé à double tour.

La sirène du Mississippi a rappelé le guignolo à elle et mit fin au hold-up. Ne plaignons pas l’alpagueur, il a suivi un itinéraire d’un enfant gâté et n’a jamais été misérable comme Stavitsky même s’il a eu la scoumoune vers la fin, presque marginal. L’animal a été néanmoins professionnel et part comme un as des as. Il fut un homme à Rio, un doulos à Paris, un singe en hiver et passait alors un week-end à Zuydcote. Même si sa peur sur la ville l’empêcha d’être un voleur et un docteur beau comme Paul Newman. Il était l’aîné battant le fer chaud, vivant des amours célèbres. Capable de vendre des dragées au poivre pour cent mille dollars au soleil, le novice se maria en l’an deux. Il était un peu fou comme Pierrot, sous son borsalino, préparant son casse, les distractions du flic et du voyou.

C’est aujourd’hui hélas le jour le plus court. Le démoniaque lui imposa la mer à boire et il obtint le corps de son ennemi. Ho ! s’exclama-t-il, je meurs en morfalous. J’avais une chance sur deux. La chasse à l’homme s’est arrêtée devant le cerveau. Peut-être que si j’avais rejoint les tricheurs, j’aurais pu d’un film à l’autre continuer à jouer les acteurs. Je ne passerai plus de joyeuses pâques, moi qui était tant désiré. Comme me disait mon chien, adieu à un homme qui me plaît.*

Léon Morin prêtre du Vercors

R.I. Bébel

* 58 titres de film avec Jean-Paul Belmondo, se sont glissés dans l’article indépendamment de la signature et du titre. Saurez-vous les retrouver ?

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26 Commentaires

  1. C est ce genre de texte qui devrais être utilisé pour
    la cérémonie de JP Belmondo !
    Hélas on va avoir le discours plat de l anti Français Macron !
    Si macron se serait pris la claque de Belmondo dans le
    film LE PROFESSIONNEL , ça aurait écourté son quinquennat !

  2. iL FAIT PARTI DU PATRIMOINE francais comme tant d autres disparus helas !!
    de grand poetes de grand artistes chanteurs et bien sur le cinema
    De cette france d avant mais toujours dans nos coeurs celle qu on aimait
    que survive a jamais leurs souvenirs
    nous vous avons tant aimes
    vous etes nous et nous sommes vous!!

  3. Formidable ce texte ! J’ai pris un réel plaisir à trouver et à visualiser dans ma mémoire tous les films qui ont fait le succès de Jean-Paul BELMONDO. Merci !

  4. Un éloge humoristique comme je les aime, en phase totale avec le personnage que chacun aura pu apprécier tout au long de sa carrière. Beaucoup de finesse avec des titres qui, décrivant au mieux l’acteur tant regretté ne pourraient pas être mieux placés dans le texte. Merci à vous Platon, du vers encore…

  5. Bel hommage,cher Platon,.les Grands ne meurent jamais.Ils s’absentent seulement.A nous de nous en inspirer,en ces temps mortifères.C’est dans nos mémoires reconnaissantes qu’ils trouvent leur immortalité..

  6. J’ai remarqué qu’une Barbara lui tenait le bras et a cherché à l’escroquer ? Grâce à lui ce sera pour moi la main sinon rien ! Ces gestes qui nous trahissent ! 😇

  7. Pour plaire, on peut dire qu’il faisait l’unanimité. Et dans ce monde de cabotins peu sont ceux qui n’attrapent pas vite la grosse tête et deviennent insupportables alors qu’ils n’ont pas le 10 ème de son tallent. Lui avait tout et il en faisait partager les autres sans modération. Une magnifique âme est montée au ciel , heureusement que nous avons ses films pour compenser notre tristesse.

  8. #5

    J’ai rencontré Jean-Paul, pas intimement, le temps d’une collaboration avec David Bowling (Fils de Claude Bowling), pour la préparation de l’édition complète des musiques de Vladimir Cosma.

    Il était un homme bon, généreux, à la parole et au regard doux, humble et ce qui le dessinait sous peu de lumière. Courageux, puissant, intrépide, marginal.

    Mais pour moi qui regardait mon premier film avec Jean-Paul Belmondo à l’âge de 9 ans, ce fut une belle rencontre.

    Je vomis sur les charognards qui vont venir de leurs mots vides, empruntés à d’autres en meilleurs cas vous venir se faire valoir médiatiquement, parce que les Grands sont tous partis avec Jean-Paul, il ne reste que les petits, les nuls, les arrière plans qui sont aujourd’hui…

    • J’ai eu la chance de le voir au Sénégal il tournait le film « la croix du Sud » avec Ursula.

  9. #6

    …mis au devant, non par qualité, mais par ancienneté par les places sont vides.
    Vide est ce qui caractérise les scènes cinématographique et théâtrale françaises. Macron est déjà venu faire sa publicité, quelle horreur, lui parler de Jean-Paul qui s’il avait eu 30 ans de moins l’aurait remis à sa place, sous la poubelle.
    Mais les nuls, encore vivant, les Lelouche, Klapisch (Heureusement Varda est morte) tous ces bons gauchos pour leurs grands discours de Gauche pour assurer les subventions mais vivent confortablement à Droite.
    Ils font tous se succéder, ces ennemis de la France, tant que son corps est encore chaud pour faire parler de leur petite personne.

  10. #7

    Des Jean-Paul, il y en avait un des comme lui, mais des Grands, il y en eu, il était le dernier qui nous restait. Heureusement, le numérique nous sert les films remasterisés en haute définition.
    Affamés des films d’avant, ceux qui avaient un scénario, des dialogues, de vrais réalisateurs et des comédiens, il ne se passe pas un mois sans que je ne revoie un film avec Jean-Paul.

    Pour les titres de films, c’était accessible à tous ceux qui aiment le Cinéma qui n’existe plus.

    Merci pour votre texte que vous avez pris temps et soin de rédiger et qui témoigne de vos sentiments pour notre Jean-Paul national.

  11. Beau texte, original et bien inspiré. Bravo pour cet hommage à notre Bebel.

  12. #4

    48. Une Chance sur deux, 1998 de Patrice Leconte
    49. Chasse à l’Homme-(La), 1964 de Edouard Molinaro
    50. Cerveau-(Le), 1969 de Gérard Oury
    51. Peut-être, 1999 de Cédric Klapisch dit Le Gaucho nulos
    52. « Tricheurs-(Les), 1958 de Marcel Carné »
    53. D’un film à l’autre, 2011 de Claude Lelouch
    54. Acteurs-(Les), 2000 de Bertrand Blier
    55. Joyeuses Pâques, 1984 de Georges Lautner
    56. Désiré, 1996 de Bernard Murat (pièce et film du mêm nom, 1936 de Sacha Guitry)
    57. Homme et son chien-(Un), 2008 de Francis Huster
    58. Homme qui me plaît-(Un), 1969 de Claude Lelouch

    B. (Signature) Léon Morin Prêtre, 1961-Jean-Pierre Melville

  13. #3

    33. Dragées au poivre, 1963 de Jacques Baratier
    34. Cent mille dollars au soleil, 1964 d’Henri Verneuil
    35. Novice-(La), 1960 d’Alberto Lattuada (Titre italien: Lettere di una novizia)
    36. Mariés de l’An II -(Les), 1971 de Jean-Paul Rappeneau
    37. Pierrot le Fou, 1965 de Jean-Luc Godard
    38. Borsalino, 1970 de Jacques Deray
    39. Casse-(Le), 1971 de Henri Verneuil
    40. Distractions-(Les), 1960 de Jacques Dupont
    41. Flic ou Voyou, 1979 de Georges Lautner
    42. Jour le plus court-(Le), 1962 de Sergio Corbucci (Titre italien: Il giorno più corto)
    43. Démoniaque-(Le), 1966 de René Gainville
    44. Mer à boire-(La), 1963 de Renato Castellani (Titre italien: Mare matto)
    45. Corps de mon ennemi-(Le), 1976 d’Henri Verneuil
    46. Ho!, 1968 de Robert Enrico
    47. Morfalous-(Les), 1984 d’Henri Verneuil

  14. #2

    16. Itinéraire d’un enfant gâté, 1988 de Claude Lelouch
    17. Misérables-(Les), 1995 de Claude Lelouch
    18. Stavisky, 1974 d’Alain Resnais
    19. Scoumoune-(La), 1972 de José Giovanni
    20. Marginal-(Le), 1983 de Jacques Deray
    21. Animal-(L’), 1977 de Claude Zidi
    22. Professionnel-(Le), 1981 de Georges Lautner
    23. As des As-(L’), 1982 de Gérard Oury
    24. Homme de Rio-(L’), 1964 de Philippe de Broca
    25. Doulos-(Le), 1963 de Jean-Pierre Melville
    26. Singe en hiver, 1962 de Henri Verneuil
    27. Week-end à Zuydcoote, 1964 de Henri Verneuil
    28. Peur sur la ville, 1975 d’Henri Verneuil
    29. Voleur-(Le), 1967 de Louis Malle
    30. Docteur Popaul, 1972 de Claude Chabrol
    31. Aîné des Ferchaux-(L’), 1963 de Jean-Pierre Melville
    32. Amours célèbres-(Les), 1961 de Michel Boisrond

  15. #1

    A. (Titre) Cent et Une Nuits de Simon Cinéma-(Les), 1995 de Varda, dite « La Gauchassiote nulos à bouffer du foin »)

    01. Solitaire-(Le), 1987 de Jacques Deray
    02. A bout de souffle, 1960 de Jean-Luc Godard
    03. Échappement libre, 1964 de Jean Becker
    04. Peau de banane, 1963 de Marcel Ophüls
    05. Par un beau matin d’été, 1965 de Jacques Deray
    06. Tendre voyou, 1966 de Jean Becker
    07. Cartouche, 1962 de Philippe de Broca
    08. Héritier-(L’), 1973 de Philippe Labro
    09. Magnifique-(Le), 1973 de Philippe de Broca
    10. Incorrigible-(L’), 1975 de Philippe de Broca
    11. À double tour, 1959 de Claude Chabrol
    12. Sirène du Mississipi-(La), 1969 de François Truffaut
    13. Guignolo-(Le), 1979 de Georges Lautner
    14. Hold de Up, 1985 de Alexandre Arcady
    15. Alpagueur -(L’), 1976 de Philippe Labro

    • cela va intéresser Ardicon et son émission à faire revenir les morts pitoyable

  16. Très beau texte qui met en lumière pratiquement tous les films de Bebel .
    Très bien écrit .
    Bravo et merci .
    Je suis si triste …..

    • J’ai revu un documentaire avec Emmanuelle Riva quel télescopage avec la disparition de Bebel, Léon Morin prêtre était un super film.

  17. « Saurez-vous les retrouver ?  » dixit

    Tous ! Ayant passe le week-end dernier à Zuydcoote c etait un jeu d enfant pour moi…

  18. Beau texte avec les titres de films de notre bebel national ,il va me manquer ,sa gouaille son sourire et son charme ,il nous reste ses films ,et une petite réplique D’Audiard dans le film un singe en.hiver avec bebel et gabin »bebel qui dit au patron du bar « si la connerie n’est pas remboursée par la sécurité sociale vous finirez sur la paille « à méditer pour certains .

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