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Les César, ou le visage sale de la décadence française…

La cérémonie des César a été une véritable souffrance : le spectateur moyen s’est ainsi vu insulté, deux heures durant, par ceux-là mêmes qu’il a fait stars en payant pour voir leurs films.

On aurait pensé que l’essentiel de la soirée serait consacré à réclamer à cor et à cris la réouverture des salles obscures, en particulier à l’endroit de Roselyne Bachelot, présente dans la salle. J’imaginais assister à une prestation aussi brillante et émouvante que celle de l’acteur Patrick Mille sur le plateau de Ruquier, face à un Bruno Lemaire au supplice, qui se serait enfoui dans un trou de souris pour échapper à ce moment. J’aurais pensé à une ambiance fédératrice, pour rassembler autour d’une cause largement soutenue dans l’opinion, celle de la fin de la mascarade pseudo-sanitaire qui ruine le pays. Mais non, les étoiles du cinéma ont tenu à rester sur leur Olympe, en insultant toute la soirée ce peuple qu’elles n’aiment que quand il paye son ticket d’entrée. Marina Foïs, maîtresse de cérémonie aussi navrante que ladite cérémonie, se crut maligne en rappelant que les églises, elles, sont ouvertes, pendant que les lieux de culture sont fermés : comme s’il y avait concurrence entre les lieux de culte et de culture, comme si les catholiques n’allaient pas au cinéma, ou ne pouvaient soutenir les artistes privés de spectacle… Puis ce fut l' »humoriste » Fary, qui – après un blanc prolongé lié à un problème de prompteur – appela le public à lui pardonner son « islamo-gauchisme » : car, bien sûr, pour la crème de nos artistes sur grand écran, l’islamisme n’est qu’une plaisanterie, un fantasme de populo, une lubie de facho ou de réac, comme s’il ne s’était jamais rien passé en France ces dernières années… Ce fut ensuite le tour de Corinne Masiero, qui crut drôle de venir déguisée en Peau d’âne, avant de tomber la pelisse et se montrer entièrement nue, couverte de sang devant le public. On suppute que cela voulait choquer, évoquer crûment la détresse du monde de la culture. Mais à voir cette scène affligeante de vulgarité, on en vient même à se demander s’il ne vaut pas mieux laisser fermés certains spectacles… Puis vint le tour de Jean Pascal Zadi, auteur du film « Simplement noir » : s’il était simplement noir, Zadi se contenterait de vivre sa vie en France, dans l’harmonie avec les autres, comme la plupart d’entre eux. Il pourrait même remercier le public français, qui en a fait une vedette. Au lieu de cela, il a fustigé une soi-disant France raciste, qui érige des statues à la gloire d’esclavagistes, avant de repartir avec la statuette dorée entre ses mains : comme quoi, l’Académie des César n’est pas si raciste que ça, elle.

À voir la cérémonie en entier, on est pris de malaise : d’où vient tout cet argent qui dégouline sur nos écrans, si ce n’est du public français, raciste, islamophobe, catho et réac que les « stars » ne cessent d’insulter ? Comme nos politiques, nos vedettes se sentent à ce point seules sur leur nuage, qu’elles en oublient que c’est nous qui les avons couvertes de gloire. Et se permettent ainsi de nous dénigrer, de nous accabler d’insultes, de reproches, de salissures et de vulgarités. On dirait que toutes ces belles personnes vivraient mieux sans le public, un peu comme les politiques seraient plus tranquilles sans le peuple, à quelques millions d’euros près, bien sûr.

Fort heureusement, la sanction fut implacable : Canal Plus a fait une audience catastrophique, très loin derrière la plupart des grandes chaînes. Moralité : il faut poursuivre le boycott, une fois pour toutes, de l’ensemble des spectacles, films et passages télé de ceux qui ont passé leur soirée à s’amuser en nous crachant à la figure. Il faut les priver de notre sale argent de droitard français : comme ça, tout ce beau monde pourra se sentir enfin libre d’envoyer promener tout le monde, dans la pureté de ses grands idéaux, et la confidentialité qui sied à des « génies » incompris…

Olivier Piacentini