Les chants des Africains : hommage aux anciens Pieds-noirs

Publié le 28 avril 2019 - par - 13 commentaires - 1 345 vues
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Cette contribution est dédiée à un esprit quelque peu borné, un certain Alain Ruscio, qui s’imagine progressiste et du bon côté, en s’entêtant à instruire sempiternellement le procès de la co-lo-ni-sa-tion et des partisans de l’OAS, une histoire qui se perpétue en insultant, paraît-il, notre avenir commun (à l’ombre sans doute du drapeau FLN !).

https://www.youtube.com/watch?v=Tti0YPFMGSk

Puisse-t-il un jour (qui sait ?) nuancer ses staliniennes considérations en particulier sur les pieds-noirs.

Les pieds-noirs et les harkis, parlons-en avec un nécessaire retour en arrière de plus d’un demi-siècle…

1961-1962 : le procès des pieds-noirs est instruit quotidiennement de pair avec celui de leurs compagnons d’infortune, les « harkis », représentés en particulier à l’Assemblée nationale par d’assez nombreux députés inscrits au groupe « Unité de la République » : Ahmed Djebbour[1], Mohamed Larradji, Ioilalen, Mourad Kaouah[2], Ouali Azem[3], entre autres… qui ne l’oublions pas, votèrent en novembre 1961 un amendement qui fit quelque bruit puisqu’il fut baptisé l’amendement Salan[4].

La situation apparaissait de plus en plus tendue et pour conclure « l’affaire » dite algérienne, deux mots d’ordre s’imposèrent, réunissant un ensemble assez hétéroclite, composé de porteurs de valises, de veules opportunistes et d’ânes de tous poils qui vociférèrent dans la rue :

« le fascisme ne passera pas ! »

« OAS assassins ! »

Pour votre serviteur, issu d’un milieu présumé petit-bourgeois d’enseignants de « gôche », l’entourloupe apparaissait évidente et à quinze-seize ans, plutôt que de poursuivre la lecture de l’Express du Turlupin Jean-Jacques Servan-Schreiber et de l’Obs du pharisien Jean Daniel que m’offrait obligeamment mon pater, je me réfugiais dans celles de Carrefour, du Charivari, de l’Esprit public, un  peu moins d’Europe-Action dont certaines disons obsessions (pour faire court) ne m’enthousiasmèrent guère !

C’est tout naturellement, que fin des années soixante, je militais dans le Mouvement solidariste français, initié par le capitaine Sergent[5] réunissant plusieurs anciens de l’OAS Métro (dont Gérard Bouchet, les frères KAYANAKIS, Jean CAUNES, entre autres) avec en leur sein, plusieurs pieds-noirs d’Algérie qui ne s’y éternisèrent pas pour des raisons que j’ignore à ce jour. Le combat pour l’Algérie française restait omniprésent et nous étions tous orphelins de notre belle province perdue.

Beaucoup de camarades, dont moi-même, abandonnèrent le militantisme, du moins dans sa version la plus musclée, pour des préoccupations à la fois plus professionnelles et familiales.

1974 : le choc !

Ayant bien entendu évoqué le sort peu enviable des anciens harkis, je ne connaissais pas concrètement le problème. Le hasard des rencontres aidant, je suis tombé sur l’ancien GMS (Groupes mobiles de sécurité) Driss Alssani, un ancien secrétaire de mairie en Algérie, homme très intelligent et d’un bon bagage intellectuel, très marqué par l’assassinat de son père par le FLN (genre d’événement dont les anciens porteurs de valises, les islamo-gauchistes, les filles de harkis FLNisées[6] et particulièrement les doubles-nationales et les doubles-nationaux n’évoquent jamais, jamais et jamais ! )

Le politiquement correct sévissait déjà et s’ingéniait à noyer le poisson avec des formules toutes faites (« le sacrifice de ces combattants pour le drapeau français ») où l’hypocrisie le disputait à l’odieux.

Un moment Le Droit de Vivre et Lutte ouvrière nous ouvrirent de manière sympathique leurs colonnes. On me croira quand je soutiens que l’aide la plus constante, la plus bienveillante et la plus efficace (au point d’inquiéter la presse algérienne qui évoqua une campagne « droitière ») nous vint de mes camarades et amis pieds-noirs.

C’était pendant plusieurs années le temps du compagnonnage de l’équipe encore naissante du Cercle algérianiste : Jo Sohet en tête (aujourd’hui hélas ! disparu), le père fondateur, Maurice Calmein, Jacques Villard, Alain Martin se distinguèrent particulièrement. Tout cela avec l’appui de Jean-Paul Angelelli de l’équipe de Rivarol, hebdomadaire trop souvent vilipendé comme réactionnaire alors qu’en réalité il dénonçait, et dénonce encore, certaines pratiques peu reluisantes du pouvoir gaulliste.

Le temps passait, nos espoirs pour que justice soit rendue à la communauté harkie n’étaient pas comblés. Il me fallait, c’est normal, consacrer davantage d’efforts pour l’avancement de ma carrière professionnelle, le bien-être de mon épouse Marie-Louise, infirmière d’origine camerounaise, ayant effectué ses études en Allemagne et soucieuse de la situation guère enviable de nombreux membres de sa famille.

Août 1990 :

Coup dur pour Marie-Louise Engama ! De mèche avec un psychiatre du centre hospitalier de Rouffach (dont j’ai pu observer quelques années auparavant le profond dédain envers ses malades souvent grabataires et débiles dans le pavillon dont il était responsable), l’ancien directeur de l’hôpital Pasteur de Colmar place mon épouse en congé forcé de longue maladie, sans même qu’elle ait été examinée !

La ficelle était grosse, nous n’étions (pas encore ?) pas tout-à-fait dans le cadre, de sinistre mémoire, des pratiques de l’Union soviétique.

Le mari de Marie-Louise ne la lâcha pas, fort de l’appui de ses amis de tous bords politiques, unanimes dans l’affaire de l’extrême-gauche (je salue pour être honnête la mémoire de Mouloud Aounit du MRAP, bien plus avisé alors que par la suite) à la présumée extrême-droite avec Alain Sanders, mes amis solidaristes dont Francis Bergeron et même, la regrettée Marie-France Stirbois, seule députée FN à l’époque, qui intervint en déposant un question écrite percutante sur le bureau de l’Assemblé nationale. Je me dois de saluer à cette occasion l’aide précieuse du pied-noir de Bab El Oued, Jean-Paul Angelelli qui, dans les colonnes de Rivarol souligna judicieusement les indéniables vices de procédure commis par l’administration hospitalière.

Marie-Louise le proclama dans une interview des Dernières Nouvelles d’Alsace : « Si je n’avais pas eu mon mari, ses amis (N.D.L.R. souligné par moi), j’aurais fait comme tout le monde, j’aurais cédé sous la pression et quitté l’hôpital sans faire de bruit ».

Dix-sept années de gagnées en terminant tranquillement sa carrière sans être abrutie par les psychotropes comme trop de nos compatriotes.

1997 : 14 juillet à Mutsamudu

La population anjouanaise descend très massivement dans la rue. Elle chante la Marseillaise et déploie nombre de drapeaux français. Un ancien combattant Belela qui refuse d’abaisser le drapeau tricolore est assassiné ainsi que son ami, par un officier comorien, Mataba, à ce jour toujours impuni.

J’abrège en soulignant que la fin (très provisoire) de l’aventure séparatiste intervint onze ans plus tard ! Qui croyez-vous qui relaya mes ardentes préoccupations pour le si francophile peuple anjouanais que je rejoignis sur place en 1998 et 2000 ? Les royalistes Pierre Pujo en tête, les solidaristes Bouchet et Francis Bergeron (jusque dans les colonnes de Rivarol), Jean-Claude Vallée, le sénateur réunionnais Edmond Lauret et quelques courageuses individualités. Et… et … et ? Mes vieux copains pieds-noirs avec à leur tête l’indéracinable Maurice Calmein qui ne mégotera jamais un très précieux soutien logistique et financier[7].

L’association SOS Outre-mer avec notamment la très gracieuse Isabelle, algéroise de naissance, s’entremit avec beaucoup de gentillesse pour soulager une jeune mère de famille Kala, réfugiée en France métropolitaine.

2009-2010 : phénomène insolite en Algérie

En 2009-2010, et même ultérieurement se produisit un phénomène apparemment insolite sur divers points du territoire algérien : des jeunes surtout, parfois des moins jeunes, déployèrent le drapeau français[8] au lycée Okba à Bab El Oued, à Cheraga, à Bordj Bou Arreridj et à Sidi Salem. Je suis avisé de l’identité d’un des défenseurs présumés de ces audacieux qui osèrent défier, ce qu’il faut appeler faute de mieux, les autorités algériennes : maître Mokrane Aït Larbi, ancien sénateur et aujourd’hui personnalité d’Outre-Méditerranée toujours en vue. J’obtins enfin une entrevue avec lui le 2 mai 2010, toute l’après-midi jusqu’en début de soirée dans le hall du Grand Hôtel français à Paris. Pour financer le déplacement (il y en eut d’ailleurs deux) et les inévitables nuitées d’hôtel, je sollicitais des appuis. Perfidement la tournée débuta auprès de mes anciens enseignants de « gôche » (on ne quitte jamais complètement sa famille d’origine), ceux qui braillèrent si courageusement en 1961-1962 « OAS assassins ! ». Flop monumental sauf avec mon ancien professeur de philosophie Jean-Luc Nancy, que j’ai depuis gentiment égratigné dans une récente contribution à Riposte laïque. Autrement, rien, rien de rien, si ce n’est un camarade anjouanais qui ne pouvait décemment rester insensible au geste des imitateurs de ses propres compatriotes. Ah ! si ! Qui donc si ce n’est mes vieux amis pieds-noirs dont Maurice Calmein en tête, qui m’ouvrit une fois de plus, ses colonnes de L’Étoile de Zahlé[9].

Las, malgré les promesses de maître Aït Larbi qui finalement se débina, mes efforts pour entrer en contact avec nos très jeunes Algériens « nostalgériques » sans le savoir restent à ce jour vains.

2019 : c’est encore tout chaud !

J’apprends qu’une jeune paysanne africaine est victime, en Afrique, d’un très grave accident de santé. Une opportunité se présente quasi-miraculeuse : un chirurgien spécialisé, certes stagiaire de passage à l’hôpital central, s’avise de pouvoir l’opérer. Petit problème : il faut financer la chose. Qui sera donc le Saint-Bernard de service, devinez un peu ? Jean-Michel Weissgerber qui donc allongea pas mal de « biftons » à cette occasion.

Belote, rebelote et dix de der !

Sont alertés une fois de plus, les interlocuteurs habituels et… quelques autres. Sans surprise, nos vaillants tiers-mondistes, les habituels pourfendeurs de la Françafrique, les pleureuses islamo-gauchistes et les inévitables, indécrottables et larmoyants inconditionnels des migrants regardent ailleurs.

Je dois en conclure qu’il est toujours plus moral et en tout cas médiatiquement plus rentable d’œuvrer pour que la moitié de la population africaine vienne s’installer en France plutôt que d’essayer, en commençant par des actions symboliques, dans un premier temps, à aider nos amis africains, largement francophones, est-il besoin de le souligner, à pouvoir se fixer sur leurs terres d’origine et à y vivre décemment.

Ah ! J’oubliais les tout premiers à vouloir effectivement m’aider dans l’opération de sauvetage entreprise en faveur de notre paysanne du Sud, ce sont, outre une brave royaliste de longue date prénommée Monique, les Africains blancs : les pieds-noirs du Collectif « Non au 19 mars 1962 ».

Normal finalement, leur chant de ralliement n’est-il pas les Africains : « C’est nous les Africains qui revenons de loin » ?

En 1972, arrivé à l’aéroport de Yaoundé, je chantais à tue-tête : « Pour sauver le pays, pour sauver la patrie… ». Mon Engama de jeune épouse m’interrompit : « le docteur Azyga est en train de fondre en larmes ».

En août 2000, fête de l’indépendance à Anjouan, célébrée en présence de François Real[10], Oranais d’origine, du matin au soir, en boucle : « À nos amours, pour le pays, pour les Gaulois, c’est nous les Africains ! ».

Colmar, le 20 avril 2019

Jean-Michel WEISSGERBER

[1] L’ami personnel du Menhir, voir ses Mémoires, tom 1. Il est plus que temps qu’une municipalité RN honore sa mémoire.

[2] Le footballeur de la Casbah d’Alger, plus tard ardent militant du Front national.

[3] Le frère du chanteur contestataire (à l’époque) Slimane AZEM.

[4] Signé entre autres par Georges BIDAULT, Jean ROYER et un certain Jean-Marie LE PEN.

[5] Pierre SERGENT, très jeune résistant, vaillant légionnaire en Indochine, fer de lance le 21 avril 1961 avec son régiment le 1er REP du coup de force d‘Alger, chef de l’O.A.S.-Métro, parlementaire au Palais Bourbon du Front national. Ah oui ! aussi signataire d’un accord O.A.S.-F.L.N. avec Mohamed KHIDDER bien plus intéressant que les funestes « Accords d’Evian ». Nous en reparlerons. Il est grand temps là aussi qu’une municipalité R.N. honore sa mémoire !

[6] Pas de noms aujourd’hui, les initiés les connaissent ! Lors de la cérémonie du 26 septembre 2018 organisée par le Secours de France, c’est KADRA, responsable harkie, qui utilisa ce terme.

[7] Sans S.O.S. Outre-Mer et sans Pierre PUJO et l’Action française, je n’aurais pu entreprendre mon deuxième voyage et séjour à Anjouan, qui bien sûr ne pouvait s’effectuer via le consulat des Comores et Moroni.

[8] Plus facile de déployer le drapeau algérien en France !

[9] Bulletin de l’Association S.O.S. Outre-Mer qui œuvre inlassablement depuis de nombreuses années en faveur des enfants orphelins libanais ou en grande difficulté.

[10] Anciennement Directeur des RG de Mayotte qui bien qu’affichant devant moi des sentiments peu amènes envers les musulmans en général, finit ses jours avec une Anjouanaise !  Attesté par deux témoins anjouanais fiables.

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13 réponses à “Les chants des Africains : hommage aux anciens Pieds-noirs”

  1. BERNARD dit :

    Les Arabes ont transformé l’Algérie, un pays ou coulait le lait et le miel, en un pays ou coule le fiel et la merde..
    Maintenant, ils font la même chose ici.

  2. Jill dit :

    Ce chant n’a rien à voir avec l’original …politiquement correct oblige .

  3. Jill dit :

    Ce n’est pas le chant des Africains édulcoré n’a
    aucun sens.
     » C’est nous les Africains
    Qui revenons de loin,
    Nous venons des colonies
    Pour défendre le pays
    Nous avons laissé la bas
    Nos parents nos amis
    Et nous avons au cœur
    Une invincible ardeur
    Car nous voulons porter haut et fier
    Le beau drapeau de notre France entière
    Et si quelqu’un venait à y toucher
    Nous serions là pour mourir à ses pieds

    Et lorsque finira la guerre
    Nous rentrerons dans nos gourbis
    le cœur léger et l’âme fière
    D’avoir défendu le pays.

    Voilà en gros de mémoire.

  4. Jill dit :

    Au 19*s,l’Afrique dite noire était globalement à
    la préhistoire… Que serait le continent aujourd’hui sans l’apport de l’occident ? Les Africains n’ont même pas eté capables de maintenir le niveau de
    leur pays tel qu’il était au moment de l’indépendance.

  5. patphil dit :

    vae victis! le malheur au vaincus des latins reste d’actualité!
    résistons comme le faisaient les gaulois, allons au moins aux urnes

  6. Spipou dit :

    Bonjour.

    Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste cet « amendement Salan » ?

    S’agissait-il d’une demande d’amnistie pour le Général Salan ou pour les officiers français membre de l’OAS ?

    Merci.

  7. Sjean-louis dit :

    Tout à fait d’accord avec le chant de ralliement que j’ai longtemps entonné mais quelle ne fut ma déception en constatant que la communauté Pieds noirs n’existe pratiquement plus.

    • levengeur dit :

      Venant d’un pays qui n’existe plus pour plagier Jean Pax Meffret notre communauté va disparaître mais au moins ne verrons- nous pas la France algérienne

    • Bad Boy dit :

      Le temps fait son œuvre, les Pieds Noirs disparaissent, leurs descendants sont des francaouis !

    • Henri dit :

      Etant enfant « là-bas », avec mes camarades nous le chantions souvent à nous en faire exploser les jugulaires.. mais c’était il y a longtemps.. je fais encore partie des derniers survivants, en voie de disparition définitive… tout ça, pour ça…

  8. BERNARD dit :

    Le chant des « Africains » a été quelque peu modifié il me semble…peut-être pour des raisons « politiques »? Je préférais la première version.