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Les chefs de gauche espèrent un mort chez les manifestants

Manifestations, en 1986, au lendemain de la mort de Malek Oussekine.

Lors des grandes années du stalinisme, dans les années 1950, des manifestations très violentes opposaient les militants de gauche, souvent communistes, aux forces de l’ordre. Ainsi, en pleine guerre froide, en juin 1952, des affrontements féroces avaient opposés des militants du Parti communiste, armés de pancartes en fer, aux forces de l’ordre. Le prétexte avait été la venue à Paris du nouveau chef de l’Otan, surnommé par les adeptes de Staline “Ridgway la Peste”, parce qu’accusé d’avoir utilisé des armes bactériologiques en Corée.

https://www.lhistoire.fr/la-guerre-froide-%C3%A0-paris-%C2%AB-ridgway-la-peste-%C2%BB

L’un des chefs du Parti communiste de l’époque, André Marty, surnommé “Le Boucher d’Albacete” (rien à voir avec le docteur Jérôme Marty) suite à toutes les épurations menées par lui lors de la guerre d’Espagne contre les anarchistes et les trotskistes, avait fait savoir, dans une réunion de direction du PCF, qu’il fallait un mort. On voit là tout le cynisme des chefs de gauche, prêts à envoyer au massacre leurs troupes pour leurs intérêts politiciens. Cela ne lui réussit pas, puisque, quelques mois plus tard, il sera à son tour victime des purges staliniennes qui faisaient le charme du “parti de la classe ouvrière”. Marty sera accusé de trahison, avec son camarade Tillon, et d’être un flic infiltré dans le parti, rien de moins ! Donc, Marty souhaitait un mort lors des manifs contre “Ridgway la Peste”.

Quand on voit ce qui se passe en France, depuis que Macron a décidé d’imposer à sa manière cynique et brutale une réforme des retraites inopportune et pas justifiée, on ne peut que constater que les violences de rues, déjà importantes depuis des années, ont redoublé d’intensité. Charles Demassieux, présent à toutes les manifestations, disait qu’il avait vu des scènes qui lui évoquaient une prochaine guerre civile. Il ajoutait qu’entre les forces de l’ordre et les gauchistes, il avait choisi son camp.

Hier, à Paris, j’ai vu les préludes d’une guerre civile

Que dire des scènes auxquelles on a assisté, cet après-midi, à Sainte-Soline. On parle de plus de vingt gendarmes blessés, des voitures de police incendiées. Darmanin évoque seulement sept blessés parmi les manifestants, mais les organisateurs (qui devraient être en prison, car la manifestation était interdite) en annoncent deux cents, rien de moins.

Il suffit de voir la réaction dégueulasse de Mélenchon, fidèle à son discours anti-flics et anti-gendarmes, et l’ahurissante mauvaise foi qu’elle comporte, pour comprendre que, comme André Marty il y a 60 ans, les chefs Insoumis souhaitent un mort.

Les chefs antifas souhaitent un mort. Les écolos souhaitent un mort. Les syndicats souhaitent un mort. Ils se rappellent tous du syndrome Malek Oussekine, en 1986, qui avait obligé le gouvernement à retirer le projet Devaquet. Ils souhaitent tous le même scenario, sur les retraites ou sur les Méga-bassines, pour radicaliser encore davantage la situation, créer une crise de régime et obliger le gouvernement à retirer ses projets, sous l’émotion. Il suffit de regarder ces images, qui devraient discréditer à tout jamais Mélenchon et ses complices, pour comprendre qu’avec une telle violence, on ne pourra éviter des morts bien longtemps.

La mort du gauchiste écologiste Rémi Fraisse, en 2014, à Lisle-sur-Tarn, lors d’affrontements avec les forces de l’ordre, n’avait pas remué les foules, comme pour Oussekine. Celle de l’antifa Clément Méric, victime d’un coup de poing de celui qu’il voulait agresser dans le dos, avait été exploitée sans vergogne par Corbière et toute la clique de gauche, pour faire campagne contre “l’extrême droite”, alors qu’eux agressaient à dix contre un leurs adversaires politiques, ce que ne fit pas Esteban, en toute impunité.

Face à cette escalade, il y a deux types de réactions.

Et ceux qui, à l’image de Clémentine Autain, soufflent sur les braises.

Mais dans le contexte actuel, un mort dans le camp des manifestants provoquerait des réactions dont nul ne peut mesurer la portée qu’elles atteindraient. C’est pourquoi, pour bien connaître le cynisme des chefs politiques ou syndicaux, je suis convaincu que tous, secrètement, souhaitent qu’il y ait un manifestant tué, et qu’ils font tout pour cela, alors justement que les forces de l’ordre, dont les chefs sont tétanisés par le syndrome Oussekine, demandent à leurs hommes de tout faire pour éviter cela, quitte à se mettre en danger.

Par ailleurs, dans un pays normal, ceux qui agressent les forces de l’ordre le paient très chèrement, parfois au prix de leur vie. Il en va de l’autorité de l’État. Mais on est en France, et la gauche profite de la peur des policiers pour demander à leurs troupes de les agresser toujours plus… quitte à avoir un mort.

C’est bien connu, la cause a besoin de martyrs.

Bernard Bayle