Les chrétiens libanais de 1976, un exemple pour les Français de 2016 ?

Publié le 5 novembre 2016 - par - 16 commentaires
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beyrouth1976S’il y a aujourd’hui un Président chrétien au Liban, le général Michel Aoun, c’est grâce au sacrifice de 5.000 jeunes volontaires des milices chrétiennes qui, de 1975 à 1987, quand l’armée libanaise – si elle ne s’était pas rangée avec ses chars aux côtés de la coalition « palestino-islamo-progressiste » qui voulait envahir les régions chrétiennes et jeter ses habitants à la mer – demeurait dans ses casernes. Ces héros Kataëb, Gardiens du Cèdre, Tanzim ou PNL, ont prouvé que les chrétiens du Liban ne seraient jamais des soumis, des dhimmis. S’il est un exemple et un modèle libanais, c’est celui-ci. A quarante ans de distance, il nous rappelle le prix à payer, là où l’islam a imposé sa loi, pour rester libre. Les chrétiens de Syrie et d’Irak semblent l’avoir enfin compris, d’ailleurs. Les martyrs des milices chrétiennes ont, par leur sang versé, gagné contre ce monde musulman impitoyable, le respect de leur communauté, et conservé le droit d’avoir dans leur pays un président chrétien en cette terre qui fut jadis chrétienne à 90%, pendant des siècles. Michel Aoun n’est donc Président que par la grâce des milices chrétiennes, ces mêmes milices qu’en 1990 il tenta en vain de soumettre – il n’avait pas compris qu’ils n’étaient justement pas gens à se soumettre et que leurs armes étaient le seul garant de leur liberté. Sa crise d’orgueil, en plus des l’hécatombe qu’elle fit, précipita cependant l’occupation syrienne. Il aurait, dit-on, aujourd’hui plus de sagesse. A Dieu ne plaise qu’il la perde encore !

En 1975, menacés d’expulsion de leur terre ancestrale et d’un remplacement définitif par les Palestiniens que Kissinger voulait installer à leur place, les chrétiens du Liban ont pris les armes. Avec les Palestiniens venait, pour ceux qui auraient voulu rester, la loi de l’islam. Il n’y avait pas à s’y tromper. Très vite, les masques « progressistes » sont tombés. Les snipeurs syriens ou d’ailleurs qui accourraient à Beyrouth, y venaient pour tuer du chrétien. Tel le Palestinien Karim, dépêché par ses maîtres syriens du camp de Yarmouk, au sud de Damas. Quand il vantait ses sinistres exploits, il se glorifiait dans Paris-Match d’avoir tué 197 chrétiens. Quand Kadhafi déversait des centaines de millions de dollars pour soutenir la rébellion du lieutenant libanais (sunnite) Khatib qui venait de s’emparer d’une dizaine de casernes, dont un régiment de chars AMX 13, et qu’il envoyait les meilleurs éléments de sa Légion Islamique, soudanais et maliens, le soutenir, c’était pourquoi ? N’était-ce pas au nom de l’islam qu’il armait déjà les Tchadiens (Hissène Habré…) contre la France ?

Au Liban, en 1975, en plus du projet de remplacement, il y avait donc bien sûr celui de l’islamisation. Mais les chrétiens du Liban ont déjoué le joli plan. Ils en ont payé le prix fort. Pour empêcher l’islam de s’impose en maître, pour refuser aux bandes armées de rentrer dans leurs quartiers, d’envahir leur montagne, pour en expulser ceux qui, installés là par un pouvoir naïf, s’y comportaient en terroristes, ils se sont battus comme des lions. A un contre quarante, car tel était alors l’équilibre des forces (Newsweek, mai 1976). Grâce au sacrifice de tous ces volontaires, étudiants bien souvent, parfois lycéens, mais aussi garçon-coiffeurs, employés de commerce, ouvriers, artisans, et de courageuses filles aussi, aujourd’hui dans les zones chrétiennes du Liban, à Achrafieh, Aïn El Remmaneh, Zahlé, Hazmieh, on sonne les cloches à la volée, et l’on peut ériger des croix aux carrefours. A Baouchrieh, on produit des statues des saints et de la vierge, ou des Christ en croix de belle taille qu’on expose au bord des avenues. Impensable en Egypte, en Syrie, en Irak et a fortiori au Pakistan et mêmes aux Emirats : à Dubaï l’ultra-moderne, les églises se cachent dans des hangars, derrière de hauts murs.

La montagne, et les quartiers de Beyrouth qui s’y adossent, sont restés aux mains des chrétiens. Chez eux, on ne verra jamais de femmes voilées. Les Libanaises rivalisent de coquetterie, de tenues parfois un peu provocantes, mais surtout, et avant tout, elles font ce qu’elles veulent. Elles sont adultes, elles n’ont pas besoin d’être accompagnées d’hommes à chaque instant de leur vie publique, elles ont leur indépendance financière et disposent des mêmes droits que les hommes. Mais hommes et femmes ont une valeur commune, une forteresse qui leur sert d’abri, de refuge, de temple des valeurs : la famille. Forts de leur famille et de leur foi, ils sont si attachés à leur terre qu’ils sont prêts à tout instant à la défendre, à défendre leur droit absolu d’être chez eux maîtres chez eux, et d’en chasser eux-mêmes l’envahisseur si l’Etat tardait encore à s’en occuper. Pour cette liberté, depuis mille ans, les Libanais chrétiens n’ont jamais cessé de combattre. Ils savent bien qu’il n’y a pas de liberté pour celui qui refuse de combattre.

Je connais un dentiste au Liban. Un brillant médecin de 35 ans qui m’a raconté ce qui s’est passé chez lui, l’an dernier. Il habite une ville au débouché de la Bekaa, vallée à la frontière de laquelle, en 2015, les islamistes armés de l’EI ont fait irruption. A vingt kilomètres de chez eux. Effrayée, sa femme lui a dit : « Partons en Europe, aux Etats Unis, mais ne restons pas ici. J’ai peur pour nous, pour nos enfants. ». C’est une jeune et jolie Libanaise, élégante et sportive, solide et plutôt courageuse. Sa frayeur a ébranlé le dentiste. Toute la nuit, il a réfléchi. Au matin, il lui a dit : « Ecoute : cette terre où nous sommes a nourri mes ancêtres et mes parents qui m’ont donné la vie et que je respecte et chéris. Et puis, cette terre m’a donné aussi toi, l’amour de ma vie qui m’a donné de si beaux enfants. Je dois beaucoup à cette terre, et toi aussi, tu lui dois beaucoup. Nous ne l’abandonnerons pas. Si les islamistes viennent jusqu’ici, nous nous battrons et s’il le faut, nous mourrons, mais nous ne quitterons pas cette terre qui a largement gagné le droit que nous la défendions. »

Le dentiste avait déjà chez lui un fusil d’assaut, une kalachnikov, comme probablement 95% des familles chrétiennes au Liban. Il a acheté une deuxième kalachnikov, avec douze chargeurs, et a offert le tout à sa femme. Elle s’est entraînée au tir pendant plusieurs semaines. Quand elle emmène ses enfants à l’école, sa kalachnikov est posé au pied du siège du passager, à côté d’elle. « Croyez-vous, dit mon ami dentiste, que cela l’empêche d’être heureuse et de sourire à la vie ? Bien au contraire : cette arme lui rappelle à chaque instant la valeur de sa liberté et la rassure quant à la sécurité de ses enfants.  Pour nous, les chrétiens ne sont définitivement pas des moutons qui doivent accepter l’abattoir. Oui, les chrétiens ont le droit, s’il le faut, de prendre les armes -Aux armes, citoyens ! vous connaissez pourtant bien cela, vous les Français– pour défendre leur droit sur leur terre et en chasser tout envahisseur qui voudrait y imposer une religion qui ne leur promet que la plus infamante des soumissions. »

L’exemple libanais, le modèle libanais, il est peut-être pour nous, Français de 2016 dans le comportement courageux dont les chrétiens de ce pays ont fait preuve, en 1976, quarante courtes années avant ce jour… C’était hier. C’est aujourd’hui.

Emmanuel Albach

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Notifiez de
adrien

ILs ont pu prendre les armes, en France on n’en a pas d’armes… C’est tellement légiféré de de coté, qu’en cas de problème on est cuits. Et ça c’est voulu de longue date par nos gouvernements successifs….

Rudolph

Bonjour Monsieur Albach, votre article me donne envie de lire votre livre Beyrouth 1976; Bravo pour votre détermination !

requindrole

Je me souviens , étant jeune étudiant à l’école hôtelière d’une ville d’Alsace , avoir eu en classe 4 Libanais. Devenus amis , un jour l’un m’a dit  » tu comprends , en face ils voulaient envahirent notre quartier et tuer notre famille , mon père; ma mère , ma grand -mère.Nous avions des armes mais peu de bras . Quand les phalangistes , que tu qualifies d’extrême droite , sont venus pour nous aider, bien sûr que l’on a accepté » Voilà ; c’est du simple, du concret , du pragmatique.

S’il y a une analogie à faire entre l’histoire du Liban et la situation actuelle de la France, c’est à la période 1969-1973 que je penserais en premier. En novembre 1969 les Accords du Caire entérinent la présence armée palestinienne au Liban. A la suite de Septembre noir (1970) un afflux considérable de Palestiniens afflue au Liban en juillet 1971 et l’OLP s’y installe. « Nous sommes entrés au Liban parce que c’était un jardin sans clôture » dira plus tard Yasser Arafat. En 1973 des mouvements sociaux avec grève générale dureront un an.

BALT

Bravo aux Chrétiens Libanais. Mais Aoun est-il quelqu’un de confiance?

Resistorial

Il a en effet tout de même allié du Hezbollah, je m’interroge, il a tout de même eu besoin du soutien des chiites.
Cela dit c’est mieux que rien pour le Liban,mais je ne souhaite pas voir la France devenir in nouveau Liban post guerre civile avec ses partitions et zones de sûreté façon Hollande ou Oukacha.La France doit rester unitaire.

angora

oui mais cazeneuve a tout prévu: les Français n’ont pas le droit d’avoir une arme.seuls les ennemis de la France en possèdent et aucune perquiz chez eux!!!!!!!!!!!!

ady bzh

09h00 : Je NE VOIS qu’un seul commentaire !?
Pourtant le Titre  » DES FRANCAIS à BEYROUTH en 1976 « : EXEMPLE pour 2016 » ??Combien ? « 5000 jeunes (?Français) volontaires des … »; « grâce au sacrifice »: ?morts au combat ??, !!! (??ce début d’art. ne me parait pas clair).
En tous cas 2016 n’est pas 1976 en France, 2016 c’est la décadence accélérée de la chrétienté, des valeurs humaines, famille, … Bien que « La Manif pour Tous » !?
Et s’armer en France ? pas facile !!! (à moins que D.Trump ne gagne et nous vienne en aide !)
L’avenir me semble bien sombre ! nous sommes plutôt aux temps des orgies romaines préludes des invasions barbares et de la fin de Rome !

BALT

Cet article avait pour but de vous encourager à résister à l’envahisseur.

La Manif pour Tous a été une divine surprise, le début d’un processus révolutionnaire et de la Reconquête. Et malgré les diverses embûches et trahisons (entre autres celle qui a consisté à empêcher la jonction entre la Résistance patriotique républicaine anti-islam et la partie dissidente de la Manif pour tous), le mouvement précipitera de nouveau (au sens chimique du terme). La manif du 16 octobre dernier était quasiment épurée des tenants du système, les partis patriotiques étaient tous au rendez-vous (FN, Siel, DLF), MMLP a été la plus ovationnée et Marine a réitéré son soutien en rappelant qu’elle abrogerait la loi et interdirait l’adoption aux couples non mixtes et aux célibataires.

Emmanuel Albach

Malentendu.. 5.000 jeunes Libanais des milices chrétiennes, morts au combat. Nous n’avons été qu’une cinquantaine de volontaires français…

InterdirelislamenEurope

L’exemple des arméniens du Kharabagh aussi est pour nous. Comme les libanais chretiens, ils se sont battue pour le droit de vivre sur leur terre historique.

Antinazis

surtout manipulés par israel,des gens qui assassinaient des enfants,des femmes et des vieillards,des pseudos chrétiens a la ramasse,des cas sociaux

butterworth

VOIR VIDEOS BRIGITTE GABRIEL EX LIBANAISE CHRETIENNE

InterdirelislamenEurope

Tu parles de qui là?

Emmanuel Albach

Si tu les avais vus, tu ravalerais tes insultes. Ils défendaient leur terre, leur vie. Et,au fait une info, pour toi: Adolf est mort et Berlin est tombé. Alors passe à autre chose…