Les cinq rapports de Matignon : Ayrault pris la main dans le sac

Publié le 18 décembre 2013 - par - 2 982 vues
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Suite au tollé général des médias traditionnels et d’internet déclenché par la publication ahurissante de cinq rapports (« Refondation de la politique d’intégration ») sur le site du gouvernement, le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, pris la main dans le sac, a fait une sortie maladroite pour se disculper et disculper le gouvernement : non, il n’a pas de projet de démanteler la France et sa république. Le gouvernement PS a désigné cinq commissions  chargées d’élaborer son propre projet à travers le masque de cinq rapports pour terminer son travail de désintégration de la France. Le gouvernement socialiste voulait avoir l’air de consulter et d’obtenir l’assentiment de la société civile  avant d’achever son œuvre de destruction massive de l’État-nation et de la société française.

Retenons quelques recommandations de ces rapports et demandons aux  républicains et aux esprits révoltés de freiner leur colère quelques instants :

–        Reconnaissance des identités et des cultures multiples

–        Reconnaissance de toutes les migrations comme constitutives de la nation (et donc remise à plat de l’Histoire de France)

–        Inscription de l’histoire de l’immigration comme enjeu patrimonial. Nécessité d’assumer la dimension  arabo-orientale  de la France (comprenez arabo-musulmane)

–        Développement du multilinguisme : l’arabe, le turc, les langues africaines … et  reconnaissance de la place essentielle  de la langue parlée en famille  etc.  (donc contestation de la suprématie de la langue française)

–        Suppression de la loi interdisant le voile à l’école

–        Absence d’’injonction à l’intégration (le mot intégration passe à la trappe)

–        Création d’un musée des colonisations, des décolonisations, de l’esclavage, de la traite négrière et de l’immigration

–        Suppression de la condition de nationalité pour accéder à un emploi

–        Création d’une « Cour des comptes de l’égalité »

–        Attribution de nouveaux noms aux rues et places, en écho  avec l’histoire des migrations … (1) 

–        Création d’une journée pour commémorer les apports des migrations à la société française …

Le PS poursuit ainsi la colonisation de la France par ses immigrés, mais cette colonisation de peuplement est pérenne.

Et pendant ce temps, l’Algérie gomme toute trace de la présence française par une arabisation à outrance de l’enseignement. L’Arabie Saoudite renvoie les travailleurs immigrés vers leurs pays d’origine. …

CONCOURS DE CORANConcours de mémorisation du Coran

sur le territoire français livré au fondamentalisme islamique

La première critique a été lancée par Malika Sorel-Sutter qui a qualifié l’étude de  « rupture assumée avec l’héritage du peuple français ». Elle constate que « le mot « devoir » apparaît 13 fois alors que le mot « droit » apparaît  440 fois ». Après elle, l’opposition UMP n’a pas raté l’occasion pour s’insurger contre les rapports. François Copé y voit « la République en danger », ce qui a conduit Ayrault à le traiter d’« irresponsable et de menteur ». Ce cher Monsieur Ayrault a alors martelé à  qui veut l’entendre, et a presque juré sur la tête de Jaurès, que le gouvernement n’avait sûrement aucun projet d’appliquer les recommandations des cinq rapports. Mais pourquoi donc les publier, avec fierté, sur le site de Matignon en se félicitant de la « grande qualité des travaux » ?  Pour lui, maintenant, ce ne sont que de simples  rapports qui n’engagent en rien le gouvernement. Essayons d’aller plus avant, le mensonge d’État étant clair comme l’eau trouble.

Cinq lettres de mission ont été envoyées à cinq « groupes de travail » entre le 1er et le 31 juillet 2013. Les membres de ces groupes ont préalablement été choisis par le gouvernement qui connaissait leur proximité idéologique avec le PS. Chaque groupe était  chapeauté par un ou plusieurs membres-pilotes  des 10 cabinets ministériels et des fonctionnaires des ministères concernés.  Les cinq groupes ont dû plancher sur cinq thèmes :

– Refondation de la politique d’intégration

– Faire société commune dans une société diverse

– Habitat, facteur d’intégration

– Une politique française de l’égalité (groupe « mobilités sociales »)

– La protection sociale

Seuls les groupes chargés des deux derniers thèmes ont publié leur lettre de mission. A la lecture des deux lettres de mission dont nous disposons, nous constatons qu’elles sont quasi identiques, qu’elles ont la même maquette, avec 4 ou 6 petits paragraphes différents destinés à chaque groupe de travail. Ces paragraphes détaillent ce que le gouvernement veut lire et entendre. Il s’agit tout simplement d’instructions données par chaque ministère afin qu’à la sortie du four, le rapport de chaque groupe soit calqué sur les recommandations du gouvernement. C’est aussi simple que ça et aussi ridicule que ça.

Par exemple, pour le groupe « mobilités sociales », le ministre signataire, Michel Sapin, rappelle le Rapport Tuot du 11 février 2013 et se réfère au Premier Ministre  qui « souhaite que soit engagé un vaste travail de refondation de la politique d’intégration, dans le cadre d’une démarche partagée avec l’ensemble des partenaires de la politique d’intégration ». « Une telle démarche ne peut réussir qu’à la condition d’admettre que la richesse de l’héritage légué par les migrants au fil des âges fait partie de l’identité française ». Or le rapport Tuot était déjà très critiqué pour ses positions bien tranchées. Son titre en soi annonçait la couleur : La grande nation pour une société inclusive, (une sorte de nation avale-tout en somme). Tuot récuse même l’idée de parler d’intégration.

Comment le Premier Ministre a-t-il pu commander des rapports en précisant « qu’il envisage de refonder la politique d’intégration » et comment peut-il, ensuite, se défiler devant la France entière en précisant que « ce n’est pas parce que je reçois des rapports que c’est forcément la position du gouvernement » ? La ficelle est trop grosse M. Ayrault.

En tout cas, les lettres de mission ne précisent nullement le coût de cette gabegie. Dire qu’un État en difficulté financière a distribué cette manne à 250 personnes pour des rapports qui, paraît-il, finiront au panier. …

Mais l’essentiel dans cette affaire est la volonté de ce gouvernement d’atomiser le territoire français, de séparer les composantes de sa population, de désintégrer la France, de casser son unité. Or, « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et social » (art. 1er de la Constitution) et « La langue de la République est le français » (art. 2 de la Constitution).

Bernard Dick

 (1) http://ripostelaique.com/Je-propose-de-changer-les-noms-des.html

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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