Les combats de la LDJM : pour le délit de blasphème, pour le voile intégral, contre la laïcité française

Publié le 23 septembre 2013 - par - 2 079 vues
Share

Son fondateur l’ex-avocat sulfureux Karim Achoui ne s’en cache pas : la Ligue de défense judiciaire des musulmans (LDJM) est résolument « communautariste ». Elle consiste à apporter une aide juridique bénévole aux musulmans qui s’estiment victimes de « discrimination ».

Karim Achoui a multiplié les interviews vidéos à des sites musulmans, ce qui permet de mieux situer les objectifs de ce nouveau machin « antiraciste ». Notons toutefois que les officines de police de la pensée déjà en place ne se pressent guère pour saluer le nouveau venu. Le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) oublie soigneusement de parler de ce concurrent. Michel Tubiana de la Ligue des droits de l’homme (LDH) voit dans la LDJM « une forme de dévoiement de l’antiracisme quand celui-ci ne consiste qu’à obtenir des réponses communautaires ».

Même lors de son inauguration officielle, la personnalité du fondateur de la LDJM fait débat. La fiche Wikipédia de Karim Achoui (http://fr.wikipedia.org/wiki/Karim_Achoui) égrène un CV de procédures judiciaires long comme le bras. Fin pénaliste, l’habitué d’une vie de grand luxe a gagné certains de ces procès, en a perdu d’autres. Mais on retiendra surtout qu’il est définitivement radié du barreau de Paris et qu’il ne peut plus s’inscrire dans aucun barreau de l’Union européenne. D’ailleurs il a dit récemment qu’il envisageait de s’inscrire au barreau d’Alger pour pouvoir plaider en France dans les affaires d’« islamophobie »…

Mais au-delà de la personnalité pour le moins controversée de Karim Achoui, intéressons-nous aux objectifs de la LDJM, via les affaires qu’elle met en avant. Elle compte porter plainte contre tout et n’importe quoi, depuis le ministre de l’Intérieur pour traitement « discriminatoire » des religions jusqu’au Figaro ou les auteurs du film « Voyage sans retour » qui décrit le parcours de jihadistes français.

Instauration d’un délit de blasphème

La plainte que met le plus en avant la LDJM et Karim Achoui, c’est celle contre l’hebdomadaire Charlie-Hebdo pour une couverture titrant : « Tuerie en Egypte : le Coran c’est de la merde, ça n’arrête pas les balles ». Pour la LDJM, il s’agit là d’une « incitation à la haine » contre les musulmans. On est bien loin de la « discrimination » puisque l’hebdomadaire satirique fustige bien davantage les catholiques, et tout autant les juifs. Nous sommes donc là devant une promesse de procès pour blasphème puisque Charlie-Hebdo ne fait que se moquer de l’inefficacité de la parole d’Allah.

Refus de la critique de l’islam et de ses pratiques

Contrairement à ce qu’elle avait annoncé, la LDJM n’a pas intenté un procès en référé pour interdire le film « Voyage sans retour ». Peut-être parce qu’elle n’était pas juridiquement prête, peut-être parce que personne n’a vu le film avant sa sortie. Mais le long-métrage qui décrit l’itinéraire de Français (de souche ou issus de l’immigration) convertis à l’islam radical et à la nécessité du jihad fait toujours partie des quelques 2000 dossiers de la LDJM. Il n’est pas question de laisser entendre au peuple français que l’islam conduit à la violence par ses textes fondateurs.

Dans le même ordre d’idée, la LDJM compte s’attaquer à toute critique de la religion de Mahomet. C’est ainsi que dans l’une de ses « fiches pratiques » sur Facebook, la LDJM revient sur l’affaire d’un emballage d’Apéricube posant la question « où le problème du foulard islamique est il apparu en 1989 ? »

https://www.facebook.com/notes/ligue-de-d%C3%A9fense-judiciaire-des-musulmans-ldjm/fiche-pratique-juridique-6-les-cons%C3%A9quences-juridiques-pour-une-entreprise-qui-s/201537976680838

Melissa Ramsamy, « juriste à la Ligue de Défense Judiciaire des Musulmans » donne acte à la société Bel qui a retiré cet emballage litigieux et s’est platement excusée, mais son raisonnement vaut son pesant d’or : dire que le voile islamique dans les écoles est un « problème », c’est dire que les musulmans posent des « problèmes », donc c’est une « incitation à la haine raciale » contre les musulmans.

On voit donc que la LDJM souhaite museler tout débat public sur le prosélytisme musulman, sur toute pratique de l’islam. Riposte laïque, qui dénonce autant les prières de rue que les méfaits du Ramadan, sera certainement dans l’œil du viseur de ces nouveaux censeurs de la pensée.

Remise en cause de la loi sur la laïcité à l’école

Karim Achoui le dit sans ambages : pour lui et ses coreligionnaires de la LDJM, il faut combattre la loi qui interdit tout signe religieux ostentatoire chez les élèves des écoles primaires et secondaires. Il relance donc la querelle initiée par le fameux Docteur Abdallah Milcent, qui a appris le jihad en Afghanistan et son « comité 15 mars ». La LDJM appelle tout simplement les jeunes filles qui veulent conserver leur hijab dans l’école publique à s’adresser à elle. C’est une infecte manipulation d’adolescentes en mal d’identité pour les instrumentaliser contre les valeurs de la République française.

La LDJM relance ainsi un débat que la représentation nationale avait définitivement clos. On ne peut que rapprocher son attitude de celle de l’UOIF et autres Frères musulmans à la française, voulant imposer le hijab chez des très jeunes filles.

Défense du voile intégral

Autre combat de Karim Achoui et de la LDJM : la défense du voile intégral dans l’espace public. Les déclarations d’Achoui sont très claires : chères sœurs niqabées, chaque fois que vous êtes « victimes » d’un contrôle de police, contestez la contravention devant le tribunal administratif et faites appel à nous.

C’est donc l’islam le plus radical que défend la LDJM, celui qui veut nier l’identité de ses « sœurs » jusqu’à les couvrir de la burka. On est bien loin du Karim Achoui qui se vantait par ailleurs de manger du cochon et de boire du vin. Même les démocrates tunisiens les plus modérés s’insurgeraient contre un tel retour de la charia.

Lobbying politique

Le communautariste Mourad Ghazli se revendique « conseiller politique » de la LDJM. Mais ce représentant de la droite islamophile n’est pas le seul sur l’échiquier politique. En effet, selon Rue89, la LDJM comporte « une commission d’initiation à la vie politique » dirigée par Basma Ben Saïd, militante du Parti de Gauche dans l’Essonne. Elle avoue l’objectif caché de la LDJM : « fédérer la partie de la communauté française qui se sent lésée par certaines lois et de peser sur la vie politique ».

La boucle est bouclée. La LDJM veut tout simplement imposer à la société française un islam radical et politique qu’elle rejette en masse. On ne peut que plaindre Karim Achoui, qui a défendu bénévolement quelques causes bien plus nobles, d’être tombé aussi bas pour se refaire une santé médiatique et financière.

Djamila GERARD

Print Friendly, PDF & Email
Share

Les commentaires sont fermés.