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Les cowboys, les clusters, les digressions et la Covide !

On admirera le terme cluster qui nous vient de l’informatique. Ça semble logique au moment où l’informaticien mégalomane et néanmoins psychopathe Gates devient le proprio de l’OMS – et du monde si on ne le retient pas – et se mêle de santé plus que jamais. Il voudrait nous défragmenter que ça m’étonnerait pas. En attendant, faudrait peut-être qu’on lui dise que Windows Defender, ça marche pas contre la Covide (ben oui, j’ai ajouté un e, la bestiole a semble-t-il changé de sexe ces derniers temps, donc j’adapte !)

Bon, mais je m’aperçois qu’en matière d’intro à ma prose, j’ai plutôt digressé au lieu d’aborder le sujet directement, désolé. J’y viens.

Je me suis souvent demandé… Rassurez vous, les plus de cinquante ans, les autres ne peuvent pas connaître : je ne vais pas vous chanter du Richard Anthony. Il fait beau et ce serait bien qu’on ait un petit rab d’été, vu qu’on nous a confisqué notre printemps.

Non, je me suis souvent demandé comment on identifiait un « cluster ». En raisonnant un peu, on se dit que ça implique un recoupement des données, donc un sacré coup de canif dans le secret médical. Et ça semble être le cas. De cas, il sera d’ailleurs beaucoup question ici.

Et j’ai réfléchi à un truc en prenant pour exemple mon cas personnel. Figurez- vous que j’adore la line dance. Je sais, personne n’est parfait et pour certains il s’agit là d’un loisir de bouseux bien ringard. Mais je m’en fous. Campagnard d’origine et fier de l’être ! Bon, je suis un digresseur incorrigible mais je reviens au sujet.

Donc je pratique dans deux clubs et je suis dirigeant d’un troisième. Dans les deux clubs où je ne suis que pratiquant, outre la responsabilité qu’on leur donne de faire respecter le port de la muselière, les gestes rideau de fer et la distanciation antisociale, les responsables du club ont l’obligation à chaque séance de noter les noms, prénoms, adresses et numéros de téléphone des personnes présentes et de les communiquer à la mairie qui, elle-même, doit balancer à l’étage au-dessus I presume.

Imaginons que je choppe cette grippe que cette année ils ont appelée Covid. Je ferai remarquer au passage que le laboratoire Roche, un des grands labos de Big Pharma, a mis au point un test pour différencier le Covid de la grippe, test approuvé par la Food and Drugs administration aux États-Unis. Vous en concluez ce que vous voulez. Donc je m’attrape un rhume carabiné et je vais chez mon médecin qui l’attribue à ce truc qui, de genre masculin a changé entre-temps et est devenue « la » Covid. C’est follement à la mode, clin d’œil à Thierry Ferjeux MichaudNérard . Donc, voilà : le toubib cafte auprès des zautorités de santé, et me voilà fiché C (comme « CAS »). Admettons qu’un ou une autre de mes compagnes ou compagnons de guinche soit testé ou testée « positif » ou « positive » dans la même semaine (comptez pas sur moi pour causer l’inclusif, même si c’est moins long à écrire. Bon je digresse.) Si je suis malade, je ne viens pas aux cours. Mais séance ou pas, je suis de toute évidence devenu un « cas » répertorié.

Et voilà-t-il pas que nous nous trouvons dès lors en présence d’un magnifique « cluster » : vite, il faut arrêter les activités du club. Finis les applejacks, les rolling vines et les kick ball change !!! On ferme !

Mais là où ça se corse et ou ça devient comique, c’est que je fais partie d’un autre club à une quarantaine de kilomètres, et dans un autre département. On peut donc imaginer que comme je suis adhérent là-bas aussi et qu’ils ont les mêmes obligations de faire l’appel comme à l’école (Dieu merci, faut pas de mot des parents en cas d’absence… Bon je digresse), je serai répertorié là-bas aussi comme cas. Chouette : j’ai fabriqué deux clusters à moi tout seul !!! Et si ça se trouve je serai considéré à l’origine du deuxième cluster, même je n’avais pas pu aller aux séances du deuxième club depuis quinze jours pour raison d’heures supp’ au boulot ou autre.

Entre-temps, avant d’aller voir le toubib pour cause de goutte au nez et courbatures fébriles, peut-être bien que j’aurai eu le temps de passer au magasin de bricolage pour des lames de scie à métaux et un pot d’enduit de rebouchage, et au supermarché pour deux kilos de patates et une bouteille de Cahors. Mais bon, ni chez Brico ni à Carrouf tu n’as à pointer pour l’instant. Ce sont donc les clubs de danse de cowboy qui paieront, même si des centaines de positifs – la téloche préfère désormais parler de « contaminés » pour que la frousse ne perde pas la main ; bon, je digresse – même si des centaines de positifs qui n’ont même pas le bon goût d’être malades ou contagieux soupèsent chaque jour le melon, tâtonnent la miche au levain, taquinent le brugnon ou caressent les salades du supermarché.

Je crois bien que je caricature à peine.

Alors je vais vous dire un truc : je vous ai expliqué au début que je m’occupais d’un troisième club de porteurs de santiags et Stetsons : eh bien on a décidé de ne pas faire la rentrée, du moins pas pour l’instant. Chez nous, on n’a pas la vocation de shériff, on préfère pouvoir se taper sur l’épaule au saloon, se serrer virilement la main, embrasser les joues douces comme du velours de pêche des dames, danser Texas Waltz avec Jessy Jane et admirer son sourire, voire obtenir d’elle un baiser si elle n’a rien contre.

Et dans notre univers, les outlaws, ce sont ceux qui se camouflent le bas du visage, pas les autres.

Jean-Paul BOURDIN