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Les décodeurs de l’information du journal Le Monde sont-ils compétents ?

Le journal Le Monde dit la vérité et il traque les menteurs. Cela rappelle un peu l’Inquisition et la censure. Mais là, c’est pour la bonne cause face aux méchants manipulateurs. Mais l’enquête est à faire sur le prestige scientifique des redresseurs de tort du journal Le Monde.

Menons l’enquête pour vérifier si les prestigieux réinformateurs de ce grand journal ont le pedigree légitime. Ce serait dommage que ceux qui reprochent à un directeur de laboratoire du CNRS, Laurent Mucchielli, de sortir de sa zone d’expertise soient eux-mêmes de pâles incompétents, peu diplômés, peu légitimes, sans autorité scientifique aucune. Ce serait le comble que ce grand journal français utilise des pigistes peu rigoureux pour faire une basse besogne de police de la pensée à l’endroit de professeurs de médecine, de scientifiques reconnus, même si leur avis est discutable, à l’instar de celui de leurs collègues aussi.

Des journalistes illégitimes sur le plan scientifique nous font la leçon

William Audureau commet beaucoup d’articles contre des experts renommés et diplômés, docteurs, enseignants chercheurs, habilités à diriger des thèses. Bref, des gens qui peuvent parler dans des domaines où ils savent des choses. Il est diplômé de philosophie, sans précision sur son niveau, ancien journaliste dans la presse des jeux vidéo. Il a donc bien toute légitimité à être un redresseur de tort, omniscient, expert en tout. Mais ce monsieur n’a jamais produit le moindre article scientifique, ni produit le moindre travail reconnu par des experts d’une quelconque discipline. Si les attaques ad hominem deviennent le pain quotidien, le journal Le Monde peut-il répondre à la question de l’autorité de compétence de ce décodeur que la communauté scientifique ne saurait cautionner. Manipulation, fake news … ? Ce monsieur n’a évidemment aucune autorité scientifique et il prétend faire le décodeur. Amusant, mais très peu sérieux.

Léa Sanchez, une autre scientifique de renom du Monde. Elle a un master de l’école de journaliste de science politique très récent après une école de journalisme à Madrid en 2015. Elle a cumulé des stages : AFP, L’Express, Le Monde. Elle parle avec autorité des effets secondaires dont les troubles du cycle menstruel. Avec beaucoup de sens du discernement, elle ne conclut à rien de concluant. Aucune expérience significative, aucune publication, pas même de référence dans la vulgarisation scientifique. Au moins, notre Michel Chevalet national fréquentait les scientifiques depuis des décennies et son statut de journaliste scientifique, pédagogue passionné, lui était reconnu, même par ces derniers qui y voyaient un utile éducateur. Ici, rien.

Isabelle Dellerba, c’est encore mieux. Elle n’a pas de CV disponible sur internet après quelques recherches infructueuses et elle vagabonde à travers le monde en publiant des articles depuis une dizaine d’années. Légitimité maximale pour réinformer et prendre position sur des sujets complexes.

Vous avez compris, nous pourrions continuer à faire la revue de l’académie des sciences des Décodeurs de l’information du journal Le Monde. Si l’autorité de compétence est requise pour discuter des travaux scientifiques complexes, on attend urgemment que les décodeurs tranchent les controverses de la mécanique quantique, de la théorie des cordes et quelques autres sujets de physique et d’astronomie où les scientifiques eux-mêmes paraissent plus, disons-le, prudents, sages, modestes même.

Pourquoi décoder et redresser des hypothétiques idées fausses ?

Cela pose une question. Qui est légitime à s’exprimer ? Les experts ou tout le monde ? Dans une société libre, il semblerait que nous ayons tous la liberté de dire, d’échanger, d’exprimer. Devons-nous écouter les experts ? Oui, bien sûr. Mais ils sont rarement d’accord et il faut du temps pour que des sujets suscitent un consensus pour un temps. Alors, avec quel mandat, avec quelle autorité scientifique, si celle-ci suffit, le journal Le Monde peut-il prétendre au moment des faits dire la vérité et dénoncer les complots et la manipulation ? Y aurait-il une vérité officielle, un récit à propager et une histoire du parti sans jamais pouvoir interpeller ? L’actualité serait-elle si simple qu’au moment des faits, eux sauraient faire la part des choses et nous dire le vrai ? Supercherie ou comble de la manipulation. La distance, diable !

Il est très troublant qu’un grand journal puisse croire que sa mission est de dénoncer des opinions, redresser les torts, opposer sans exposer avec plus de prudence les arguments d’une controverse ouverte. D’où vient cette ambition, cet abus d’autorité flagrant de dire ce qu’il faut penser ? Et les articles des Décodeurs sont étonnant en la matière : péremptoires, à charge, déséquilibrés, déloyaux, imprudents, biaisés, cautionnant une thèse sans en faire la critique, dénonçant une autre sans en examiner les sources. Mais plus encore, il a des procédés qui en disent long sur les intentions. Attaque ad hominem, insinuations douteuses, tentatives de déclassement, etc. Tout cela ne respire pas l’intégrité, la loyauté, la volonté d’informer. Triste projet que de vouloir être les Zorro ou plutôt les Zéros de l’information.

Contestons massivement, réagissons sur le site du Monde. Utilisons les lois pour en toute circonstance faire condamner ceux qui préfèrent falsifier le réel que de le décrire. Ils font la guerre, faisons-leur la guerre puisque le temps n’est pas à la courtoisie visiblement.

Pierre-Antoine Pontoizeau