Les dégâts occasionnés par Peillon se feront sentir dans quinze ans

J’ai lu l’article de Marcus Graven à propos de l’enseignement de la morale à l’école. Comme son article est très intéressant, j’ai téléchargé le texte officiel auquel il se réfère et je trouve ceci pages 22/23 sous l’intitulé « quels principes » chapitre II « Un enseignement laïque de la morale :  principes et orientations » (c’est moi qui souligne):

La morale commune ne peut plus, à l’image de la morale laïque du passé, prescrire et imposer la conception d’une vie bonne, ce qui reviendrait à imposer une conception du bien parmi d’autres, en violation de la neutralité laïque, et pourrait mettre les élèves et leur famille dans une situation délicate. Le principe et le fait du pluralisme doivent être respectés. Mais l’École a en même temps pour rôle et pour mission de faire respecter les valeurs qui fondent la République et la démocratie. La marge est étroite ici entre imposer et faire respecter : c’est l’espace de l’éducation. Celle-ci ne peut bien entendu pas être comprise comme une inculcation. C’est toujours une appropriation libre et éclairée des valeurs par les élèves, y compris des valeurs impliquées dans les savoirs, que l’École et les enseignants visent. A fortiori dans un cadre démocratique soucieux du respect du pluralisme des opinions et des croyances, de la liberté de conscience, des droits des élèves et de leur famille. Dans le meilleur des cas, les vertus de la liberté, de l’égalité, de la solidarité, de la laïcité, sont découvertes et conquises de l’intérieur. C’est la dynamique même de l’émancipation. Sans cette dynamique, les valeurs communes demeurent étrangères, lointaines, peuvent même sembler arbitraires tant elles sont dépourvues de sens pour orienter sa pensée et sa vie. Or, cette dynamique est bien souvent en panne. Les enseignants, les conseillers principaux d’éducation comme l’ensemble des membres de la communauté scolaire font quotidiennement l’expérience de cette difficulté souvent vécue comme une impuissance à conduire les élèves sur le chemin d’une émancipation de soi qui leur permettrait de trouver leur place dans la communauté scolaire, sociale et politique.

Ce qui est à proprement parler « sidérant » dans ce texte c’est que les rédacteurs sont incapables de voir -bien qu’ils le disent eux-mêmes (!!!)- que l’enseignement qu’ils promulguent est un échec cuisant… ils écrivent:

« C’est toujours une appropriation libre et éclairée des valeurs par les élèves, y compris des valeurs impliquées dans les savoirs, que l’École et les enseignants visent »

Et juste après:

« Les enseignants, les conseillers principaux d’éducation comme l’ensemble des membres de la communauté scolaire font quotidiennement l’expérience de cette difficulté souvent vécue comme une impuissance à conduire les élèves sur le chemin d’une émancipation de soi qui leur permettrait de trouver leur place dans la communauté scolaire, sociale et politique. »

Sans se rendre compte que ceci n’est que la conséquence de cela… et surtout sans mettre en cause les décisions politiques qui ont réduit les enseignants à l’impuissance.

Lorsque j’étais enfant, les enseignants étaient détenteurs de savoirs auxquels les enfants pouvaient se référer, ce qui était rassurant et émancipateur pour les enfants que nous étions. L’école aujourd’hui a transformés les enseignants en des sortes d’ectoplasmes sans aucune consistance, sans connaissances solides auxquelles les enfants pourraient venir s’abreuver. Peillon ne vaut pas mieux que ses prédécesseurs, c’est d’une gravité absolue car les conséquences de ses décisions ne se feront sentir que dans 15, 20 ans…

Gillinoui

image_pdfimage_print