Les délires de plus en plus inquiétants d’Alain Soral

Publié le 3 janvier 2011 - par - 3 006 vues
Share

Sans les élucubrations d’Alain Soral pour nous distraire, la vie serait beaucoup plus ennuyeuse. Dernièrement, il a fait très fort, avec une très longue interview en plusieurs vidéos, dans laquelle ses délires se structurent pour construire une théorie du complot entièrement élaborée. Au coeur du système, décidant de tout, un vaste complot américano-judéo-maçonnique dont les manoeuvres expliqueraient des siècles d’histoire, mais aussi des événements récents. En particulier, le pouvoir juif serait derrière les récents succès de Marine Le Pen. L’objectif de « l’Empire », tel que Soral l’imagine, serait d’aboutir, en 2012, à un second tour Strauss-Kahn/Marine, seul moyen selon lui de faire élire l’actuel président du peu populaire FMI, en jouant des mêmes ressorts que le 21 avril 2002 : lui ou le fascisme.

« Les musulmans, ça n’existe pas »

Soral a le sens du paradoxe : « Les musulmans, ça n’existe pas », nous dit-il sans rire. Il entend par là, comme il nous le précise ensuite, qu’il n’y a pas d’unité musulmane. Et que tout est complexe, ou plutôt, que tous les fils sont longs, emmêlés et sinueux, et que le marionnettiste n’est pas toujours celui auquel on penserait. La première vidéo de son interview comporte un éloge de la complexité et de la modération auquel on serait prêt à souscrire : il y a musulman et musulman, il y a chrétien et chrétien, il y a allié et allié, et ceux qui vous poussent aux extrêmes sont rarement de vrais amis, nous dit en substance Soral. Ce n’est pas nous qui dirons le contraire. Il faut, nous dit-il, en être conscient et éviter de valider les schémas de guerre civile. Celle-ci n’est de l’intérêt de personne, comme le montrent les exemples du Liban et du Kosovo..

J’aurais sans doute été prête à écouter de tels arguments avec ouverture d’esprit si Soral était resté bien centré sur ces thèmes et s’il ne gâchait pas sa thèse en faisant montre lui-même, en réalité, de bien peu de modération. Il multiplie les attaques ad personam. De plus, la complexité dont il se prévaut s’avère vite se ramener à l’unité. Une fois le fil tiré et le début de la pelote enfin en main, Soral trouve souvent le pouvoir juif au commencement d’un phénomène négatif quel qu’il soit, même l’islam violent. Ainsi, à propos de ceux qu’il appelle les « islamo-racailles », il observe qu’ils sont encouragés par les réseaux américains, et il ajoute : « Qui dit américain dit aussi anglais et sioniste ». Il observe une volonté de « l’empire americano-sioniste » de se servir de ces « islamo-racailles » pour « foutre la merde » en Europe et pour affaiblir ses nations par une guerre civile larvée. « C »est comme ça que ça s’est passé au Kosovo ; tout est voulu … Chaque fois que tu as une réislamisation violente en Europe, ça passe par les puissances américaines, les réseaux sionistes et c’est validé chez nous par les intellectuels juifs communautaires. »

Les salafistes de banlieue sont financés par « l’Empire » (un mot qui revient souvent chez Soral), les Etats-Unis, l’Arabie saoudite. Et l’Empire est aussi derrière l’autre camp. « Les soi-disant identitaires qui, en ce moment, font des apéros saucisson-pinard,qui est derrière ? » C’est, bien sur, aussi l’Empire qui est derrière eux, puisqu’ils s’associent à des francs-maçons de Riposte Laïque. »

L’Empire est donc partout. Quand deux forces s’oppose, il est des deux côtés.

« J’aime bien les identitaires » (ah ! bon ! s’il le dit ….) « mais je vois pas ce qui font avec Cassen et la LDJ. » Quitte à désespérer Alain Soral, et son obcession du complot judéo-maçonnique, Pierre Cassen n’est pas franc-maçon, et ne l’a jamais été. Il n’est pas davantage juif.

La laïcité, « religion » satanique

« Au lieu de lutter contre la foi de l’autre, propage la tienne » ; pour Soral, l’islam progresse sur un vide parce que la France a été déchristianisée pas par les musulmans mais par les franc-maçons et les juifs. La destruction de Rome, nous dit-il, est dans le projet talmudique ; en revanche, poursuit-il, « les musulmans n’attaquent jamais les catholiques » (sic) et ils pourraient s’entendre avec les catholiques traditionalistes avec qui ils ont en commun une espèce de foi virile.

A ce stade, Soral se déchaîne contre la franc-maçonnerie et la laïcité : « Je ne vois pas pourquoi j’irais combattre l’islam au nom de la religion maçonnique qui a détruit mon monde qui a détruit mes valeurs : je serais plutôt pour le front de la foi contre la religion satanique qui s’appelle la laïcité, qui est la maçonnerie, derrière laquelle, pour moi, il y a Satan. »

Comme Saint-Antoine, il a vu le démon, ici Satan, de ses propres yeux :

« Je le sais, je l’ai vu. »

Les musulmans, nous dit-il, agacent par leurs prières dans les rues et comportements similaires, mais ce n’est pas eux qui tiennent le pouvoir. Dati n’avait pas le vrai pouvoir, Amara non plus.

Il poursuit : « J’appelle ça l’Empire ; il est la ; il est tout puissant »

Et encore : « Qui a le pouvoir en France? Est-ce qu’on a le courage de le dire ? » Soral désigne les Franc-Maçons, ainsi que « ceux qui vont se prosterner » au dîner du CRIF. Et il ajoute :

« D’ailleurs, quand Marine Le Pen a été passée à la question chez Arlette Chabot, la première chose qu’on lui a demandé trois fois, c’est si elle condamnait bien les propos de son père sur la « chounia » ; la première chose c’est : est-ce que vous vous repentez sur la « chounia » ? »

En toute modestie, Soral se compare au Christ :

« J’essaie de dire la vérité, ce qui est d’ailleurs totalement christique comme posture. Le Christ n’a pas négocié, c’est pas le Pape. Benoit XVI, il dit aux curés pédophiles de mettre des préservatifs, ça s’appelle pas combattre l’enfer, ça. Jésus, il a chassé les marchands du Temple et il est allé au martyre. »

Il dénonce « cette Eglise qui s’est soumise de A à Z à toutes les puissances qui lui étaient hostiles » et ajoute : « Moi, ce que je vois c’est que, face à ça, le discours d’Ahmadinejab, ça a plus de gueule. »

Il rejette une spiritualité catholique coupée de toute virilité militaire, et qui mène à Mgr Gaillot et à Taizé, figures emblématiques de ce que Soral rejette : une religion masochiste totalement « féminisée » dans laquelle les prêtres, qu’il trouve « demi-pédophiles », ont « des gueules totalement émasculées » : « Quand je regarde le cureton moyen des années soixante avec ses petites lunettes et sa gueule de fonctionnaire, c’est insupportable ; c’est ces gens là qui m’ont chassé de l’Eglise ».

Il ajoute encore : « Je crois vraiment a la fraternité des combattants du Bien ; les armées de résistance à l’Empire sont composites ; les gens bien ont identifié le même mal … je sais qui sont les maîtres et qui sont les esclaves « 

Soral compare la période actuelle aux années 30 et il précise :

« Il y a une chose qu’il faut bien comprendre, c’est que tu ne peux jamais prendre le pouvoir pour affronter l’Empire sans que l’Empire t’ait accompagné au moins jusqu’à un certain degré ; si tu déclares la guerre à l’Empire du fin fond d’un bistrot, tu ne finis pas chancelier du Reich ».

Diantre … l’Empire, par construction juif au moins en partie, aurait-il donc enfanté Hitler lui-même ?

Jamais en peine pour franchir les années et les espaces, Soral poursuit avec l’Irak, puis avec la Yougoslavie :

« Saddam Hussein il a été bien armé et bien aidé pour faire la guerre aux Iraniens, puis on lui dit : pour te remercier tu peux prendre le Koweit … puis non non fallait pas … il s’énerve et il finit pendu comme à Nuremberg ; voilà, c’est les mêmes schémas … Milosevic, c’est les mêmes schémas. »

Marine Le Pen, idiote utile pour faire élire Strauss-Kahn

Soral croit avoir observé que le système, toujours lui, semble se battre pour amener Marine au deuxieme tour pour faire un 21 avril a l’envers afin qu’ensuite, Dominique Strauss-Kahn puisse apparaître comme le candidat de la réconciliation nationale face à la menace fasciste, alors même « qu’il incarne le fascisme technocratique dans toute sa splendeur ».

Alors, Soral réfléchit : « Je réfléchis ; je me dis : comment ça se fait que le système aide a ce point Marine Le Pen si elle est si dangereuse ? Normalement, le système devrait aider Gollnisch.

Elle a eu une heure en prime time chez Arlette Chabot ; elle est adoubée par le système ; pourquoi ? sachant que Marine est plus efficace que Gollnisch, normalement le système devrait avoir peur de Marine Le Pen et aider Golnisch.

La réponse que je donne, c’est qu’ils travaillent à un 21 avril à l’envers pour que Dominique Strauss-Kahn puisse être élu avec 65 % des voix ; pour que des mecs comme Besancenot ou Mélanchon appellent à voter pour lui alors que c’est le patron du FMI et que c’est un agent israélien ouvertement identifié et revendiqué, il faudra qu’il y ait le diable fasciste en face et Marine Le Pen est un diable fasciste qui peut être au deuxième tour ; le système veut un deuxième tour Marine/Strauss-Kahn. »

Pour y parvenir, « le système » est même prêt à s’accommoder de la dénonciation que fait Marine de la loi de 1973, qui a privatisé l’émission de monnaie :

« Parler de la loi de 1973 c’est le plus subversif de tout, mais le système préfère qu’on soit anticapitaliste plutôt qu’antisémite. »

Au passage, Soral s’attribue d’ailleurs le mérite d’avoir dénoncé le premier cette loi.

Toujours atteint de bougeotte historico-géographique, Soral va chercher une comparaison dans l’ex URSS, qui a selon lui bénéficié d’un choix comparable de la part du « système » :

« L’oligarchie mondiale a choisi Staline, qui était l’ennemi juré du capitalisme, plutôt que Hitler, qui était un capitaliste sous une autre forme mais qui était antisémite » Le système aurait donc donné la moitié du monde à ses pires ennemis (en théorie) pour détruire le diable antisémite.

« Si tu regardes la soirée Marine Le Pen l’autre soir, le premier quart d’heure, ça a été techouva : est-ce que vous faites votre techouva ? Après, elle peut dire ce qu’elle veut sur le nouvel ordre mondial, sur la finance ; ça c’est une discussion de salon ; l’important, c’est qu’elle ait bien fait sa techouva et qu’elle ne soit pas comme son père. »

Soral attribue à Marine un calcul déjà fait par Henri IV : « Paris vaut bien une messe ».C’est ça la phrase secrète de Marine Le Pen. Il ajoute : « Son père, lui, ne s’était pas converti. »

Pour Soral, donc, la question décisive pour offrir une heure en prime time a Marine Le Pen, c’est qu’elle se soit convertie à la « religion de la shoah ».

« C’est ça qui est déterminant, et pas qu’elle veuille foutre en l’air le système de domination économique ; ça veut dire qu’en gros il y a des gens qui sont pas très inquiets de ses effets d’annonce parce que sinon … moi, je tiendrais le monde occidental qui tient par la puissance de l’argent, j’en aurais rien à foutre de savoir … tu vois ….. si les chambres à air … voilà …ceci cela … par contre le serais très inquiet qu’on veuille remettre en cause la loi de 1973 qui est le racket organisé qui fait la fortune de ceux qui sont riches.

Gollnisch ne doit surtout pas prendre le Front parce que lui, sur la Shoah, on a des doutes sur la conversion. »

Catherine Ségurane

Sa grande interview :

http://www.egaliteetreconciliation.fr/Ripoublik-com-entretien-avec-Alain-Soral-4988.html

http://www.agoravox.tv/tribune-libre/article/alain-soral-entretien-au-site-28835

Précédenst articles sur Soral :

http://www.ripostelaique…com/Soral-a-Marine-Si-je-t-aime-prends.html?var_recherche=soral

http://www.ripostelaique.com/Les-cinq-raisons-pour-lesquelles.html?var_recherche=soral

Print Friendly, PDF & Email
Share

Les commentaires sont fermés.