Les députés dhimmis de la République : François Brottes (PS)

Nous vous avons parlé des premières réponses reçues à la suite des courriers envoyés aux députés pour protester contre le halal(1) ; d’autres députés ont pris la peine de nous répondre, qu’ils en soient remerciés. Certes, sur 577 députés, nous en sommes à 12 députés sur 577… Sans commentaire. La démocratie représentative a du plomb dans l’aile, on le savait depuis que nos députés et sénateurs ont ratifié contre la volonté du peuple français le Traité de Lisbonne mais leur silence coupable concourt à montrer l’état de déréliction du peuple français, trahi par ses représentants et ses gouvernements depuis trente ans.
Quatre autre députés nous ont répondu, deux députés à l’écoute, Daniel Fidelin, député UMP de la Seine Maritime, qui a montré qu’il était soucieux de la situation et a promis d’ouvrer à son amélioration et Nicolas Dhuicq, député UMP de l’Aude, qui, dans une réponse mesurée, affirme son opposition à ce que le halal soit imposé à tous mais craint en même temps de « stigmatiser »(sic!) les musulmans !
Et puis, les dhimmis, Bernard Gérard, député UMP du Nord qui a répondu une énorme grossièreté, et François Brottes, député PS de l’Isère dont je vous laisse découvrir la langue de bois :
Madame, Monsieur,
J’ai bien reçu votre message dans lequel vous m’indiquez vous associer à la campagne anti-halal initiée par l’association Résistance républicaine et m’exprimer votre préoccupation de la souffrance des animaux dans le cadre de l’abattage cultuel.
La souffrance animale ne me laisse aucunement indifférent. Permettez-moi cependant de m’étonner de l’accent mis sur cette pratique en particulier, au détriment des nombreuses autres que vous auriez pu également dénoncer au regard du non respect du bien être animal. Je vous invite à cet effet à consulter, par exemple, le lien suivant :

[http://www.animalfreedom.org/francais/opinion/abus.html->http://www.animalfreedom.org/francais/opinion/abus.html ]
Le fait que cette campagne se polarise sur le seul abattage rituel me conduit à lui suspecter d’autres motivations. De fait, nombre d’entre vous ont choisi de joindre un commentaire personnel incriminant, au-delà de la viande halal, l’ensemble de la communauté musulmane. Le site de l’association Résistance Républicaine est du reste on ne peut plus explicite sur ce point, puisque son manifeste précise s’élever contre « l’offensive islamiste ».
Permettez-moi donc de ne pas être dupe et de vous alerter à mon tour sur les dangers d’une telle stigmatisation. Chaque époque troublée de notre histoire a connu la désignation de boucs émissaires, fussent-ils tziganes, juifs, protestants, etc. Rendre une communauté responsable de tous les maux de la société est une façon commode de détourner l’attention des vrais enjeux. L’histoire nous a pourtant démontré, de façon répétée et chaque fois tragique, les conséquences ultimes de ces mécanismes d’exclusion : les génocides, pogroms et autres chasses aux sorcières sont là pour nous rappeler à la part la plus sombre qui nous habite collectivement et à notre devoir d’y résister.
Contrairement à ce que des esprits mal intentionnés voudraient nous faire croire, ce n’est pas l’Islam, diabolisé et fantasmé, qui met la France en danger. Je vous invite à sortir de la réactivité manipulée par ceux-là même qui, en désignant à la vindicte populaire un bouc émissaire aisément victimisable, se déchargent de leurs vraies responsabilités.
Ce qui met la France en danger aujourd’hui, c’est l’absence de justice sociale, l’aliénation du travailleur au profit d’intérêts financiers, le dogme du tout sécuritaire qui va à l’encontre des libertés individuelles, la perte de maîtrise de son destin personnel, hypothéqué par la dictature du marché et des actionnaires. Ce qui met la France en danger aujourd’hui, c’est que nous ne fabriquons plus un droit commun au profit de l’intérêt général mais subissons l’imposition de droits particuliers au profit d’intérêts privés, et ce avec la complicité du pouvoir.
Ne nous trompons pas d’ennemis : c’est en divisant la France entre « Français » et étrangers, chrétiens et musulmans, actifs et non actifs, salariés du privé et salariés du public, que nos gouvernants, et, à travers eux, le pouvoir financier qui les actionne, espèrent conserver l’indécence de leurs privilèges.
Ce qu’il convient de dénoncer, c’est la collusion explicite ou sournoise entre pouvoir financier, politique et médiatique, formatant l’opinion au gré des besoins en temps de cerveau et de travail disponible. Ne faisons pas le jeu du pouvoir en détournant le cours de notre légitime colère – à son endroit.
Soyons lucides, et restons dignes. C’est tous ensemble, unis dans nos différences, et alliés dans notre volonté de nous libérer collectivement de nos servitudes, que nous pourrons déjouer les vraies menaces qui pèsent sur notre avenir.
Bien à vous,
François Brottes

Voici la réponse que je lui ai envoyée au nom de Résistance républicaine.
Monsieur le Député,
Je vous remercie de votre réponse, mais je dois avouer que celle-ci me rend perplexe. En effet, je vous parle d’un mode d’abattage absurde en 2010, au moment où nous avons les moyens de ne pas faire souffrir les animaux dont nous nous nourrissons et vous me répondez qu’il est d’autres souffrances… Si je suivais votre raisonnement, il serait vain de vouloir soigner des humains atteints de maladies douloureuses au motif qu’il existe d’autres maladies douloureuses ? Je crains qu’il ne s’agisse là d’une pratique de la langue de bois qui vous empêche de reconnaître que vous cautionnez un rite religieux interdit car barbare par de nombreux pays. En effet, la souffrance des animaux n’est pas une fatalité ni un dû et il appartient aux hommes politiques d’interdire ce qui, sous prétexte de superstition, de rite religieux ou de tradition, ne fait pas honneur à l’être humain. Tout simplement. Comme la peine de mort, l’excision ou la lapidation des femmes adultères.
Et puis, comment interpréter votre silence sur la consommation forcée de viande halal, qui n’est pas signalée ? Je ne peux accepter de financer sans le vouloir une prétendue religion qui veut nous asservir. En laissant faire, en vous taisant, vous êtes le complice de l’islamisation forcée de notre pays et du financement illégal d’un culte, au mépris de la loi de 1905 que votre fonction devrait vous conduire à défendre.
Par ailleurs je mets en cause votre objectivité. Comment pouvez-vous tirer de notre objectif « lutter contre l’islamisation de la France », l’idée que nous « stigmatiserions » la communauté musulmane ? Faut-il en conclure que vous faites partie des zélateurs de l’imam Khomeiny qui voulait que l’islamophobie soit un délit, interdisant (sous peine de mort) de fait la libre critique d’un dogme, d’une idéologie ? Nous n’avons jamais prétendu que la communauté musulmane était responsable de tous les maux de notre société ; comme vous nous sommes opposés à la notion de bouc émissaire, c’est d’ailleurs pour cela que nous ne voulons pas que les Français, athées, chrétiens ou musulmans et les immigrés intégrés soient tenus pour tels et insultés, agressés par ceux qui, appliquant le Coran à la lettre, stigmatisent ceux qui ne pratiquent pas ou ceux qui sont les descendants des « anciens colonisateurs », persécutent ceux qui ne respectent pas le ramadan, les homosexuels ou les juifs et considèrent les femmes come des sous-êtres. L’islam est vecteur de haine pour l’autre, parce que celui qui applique complètement le Coran se met à part, se sent supérieur à tous, est musulman avant d’être français ou citoyen, faisant partie de la oumma, la communauté musulmane, avant tout. C’est à cette communautarisation que sert le halal, et il est criminel de la part d’élus de la République de non seulement le tolérer mais de l’encourager. L’islam, que cela vous plaise ou pas, fait partie des vraies menaces qui pèsent sur notre société.
Quant à votre couplet sur le marché et la société, il est plus que vain. C’est, une fois de plus, le même procédé qui consiste à accepter n’importe quelle horreur sous prétexte qu’il en existe d’autres à côté. Et, surtout, vous faites de la politique politicienne de base, désireux d’ignorer que la démocratie est interdite dans le Coran (je vous invite à le parcourir, afin de vous ouvrir les yeux) et niant votre propre responsabilité dans la crise de société que nous vivons. C’est bien le parti socialiste, auquel vous appartenez, qui a permis, en collaboration avec l’UMP, le 4 février 2008 la modification de la constitution permettant la ratification du Traité de Lisbonne qui parachève le travail commencé avec Maastricht, le primat donné à la spéculation sur le travail et la perte de la souveraineté de la France, ouvrant ainsi grand les portes des inégalités, du chômage et de l’exploitation de l’homme par l’homme.

Christine Tasin
http://christinetasin.over-blog.fr
[http://resistance-republicaine.fr->http://resistance-republicaine.fr]
[http://www.ripostelaique.com/Halal-Grosdidier-et-Lambert-les.html->http://www.ripostelaique.com/Halal-Grosdidier-et-Lambert-les.html

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