Les Députés malades de l’Argent (poème)

Le Mal répandit la Terreur,
Les députés les sénateurs
Nos distingués parlementaires
Emportés par le tourbillon
Du Fric et de ses millions
Couverts de boue se retrouvèrent

Tous ne le surent pas mais tous furent souillés:
On en vit moult occupés
A se dire plus blancs que blancheur de pucelle
Aussi pauvres que Job, vivant à la chandelle
Mais à notre pays follement dévoués
A gauche comme à droite
Plus de nouvelles lois
Mais des airs soupçonneux
Et des « Ce n’est pas moi !
Mais certainement eux  »
Le premier des ministres lança  » Mes chers amis
Je crois qu’un journal a permis
En nous taillant ce beau costume
Que l’on désigne parmi nous
Celui sur qui notre courroux
Se portera… et partant, que peuple on enfume
Mais cependant craignant très fort
Qu’il refuse d’être hareng saur
Point nous flatterons nous ; semblons sans indulgence
Sur l’état de nos conscience.

Pour moi en ma ville nantaise
Il m’arriva, quelle fadaise !
D’avoir un jour commis, par simple suffisance
Une peccadille mais alors sans la moindre importance
Dont aujourd’hui nécessité pure
Je veux ici dire l’injure,
Carabistouille que ma foi
Le temps en coulant effaça,

Je me dévouerai donc, s’il le faut, mais je pense
Qu’il est bon que chacun s’accuse ainsi que moi
Sans la moindre des complaisances
Sans l’ombre d’une mauvaise foi :
Car l’on doit souhaiter selon toute justice
Que le plus pourri de chez nous croupisse
Dans cul de basse fosse où nous l’aurons planqué.

Si vous me désignez
J’y serai résigné
Mais que mes procureurs, même les hollandistes
Sachent que pour toujours, ils nourriront ma liste.

Monsieur dit Cahuzac…. Monsieur !….. Permettez moi !
Ça vous me connaissez …. moi qui fus toujours droit…
Qui n’eut jamais euros planqués aux paradis
Où l’or n’a d’autre odeur que celle du profit,
Ni au temps du passé, ni en ces temps présents
Je le jure en ces lieux très solennellement
Permettez moi, Monsieur, d’être votre garant.
Une faute avouée, effacée par le temps
Que voulez-vous de mieux ? Vous êtes innocent !
Et, si quelqu’un peut bien de vous se porter sûr,
Devant cette assemble, c’est bien moi je l’assure

Ainsi dit Cahuzac, et flatteurs d’applaudir
Sans songer un instant à trop approfondir
Chacun surenchérit la gauche soulagée
Comme redevenue nuée de pureté

Hélas, trois fois hélas, dans toutes les gazettes
Le casuistique émoi de la noble assemblée
Les aveux d’innocence hautement proférés
Ne pouvaient parvenir à valoir tripette.

Pour calmer la colère qui montait de la rue
Et les rires moqueurs de l’Europe venus
Il fallait trouver autre chose :
Repeindre le Palais en rose ?
S’empoisonner à la ciguë ?
Aller à Canossa tout nus ?
Faire de Najat, Jeanne la vierge ?
A Rome aller brûler un cierge ?
Ou jusqu’au Panthéon faire offrande
D’une des cravates d’Hollande ?
Las, rien ne pointait dans la nuit,
Le poison était dans le fruit,

C’est alors …qu’un fichu matin
Entre le bol, la tartine ou le petit pain au raisin
Nue comme un ver la Vérité
Sortit du puit, toute mouillée

C’est alors… que l’on découvrit
Le nom du ver qui dans le fruit
Avait introduit l’infamie
De la droite ne venait point
Mais né à gauche c’est certain
En un mot comme en cent aussi
Le Cahuzac avait menti !
Avec des euros plein les poches
Planqués sans la moindre anicroche
A Lausanne ou à Singapour
Lieux discrets, fructueux séjours.

Cahuzac illustre ministre
Du gouvernent socialiste
À l’opprobre fut condamné
Non qu’il ne l’ait pas mérité
Mais combien de ses procureurs
En magouilles furent ses frères
Au temps de triches financières
Et aujourd’hui ses contempteurs
Moralité

Si passant au Palais Bourbon
Un jour tu croise l’un de ceux
Qui nous prennent toujours pour des cons
Sauve-qui-peut

Silène

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