Les électeurs bobo parisiens qui votent à gauche me font penser aux notables du 19e siècle qui allaient à la messe

Publié le 27 avril 2012 - par - 1 522 vues
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Je vous transmets une image qui circule actuellement sur Facebook. Diffusée par des sympathisants de Mélenchon, cette image tend à prouver que les personnages montrés dans l’émission misérabiliste « Confessions intimes » de TF1 sont ceux-là même qui votent Marine Le Pen.

Cette émission voyeuriste montre effectivement de pauvres gens aux prises avec la misère sociale et tout ce qu’elle peut engendrer de conflits familiaux et de comportements décalés… Ce regard porté sur l’électorat FN est révélateur du décalage de la gauche à l’égard des classes populaires.

Cette image qui m’est parvenue sur mon compte facebook émane d’une jeune fille qui vit dans un appartement d’un quartier parisien où le mètre carré est à plus de 10.000€. Dois-je ajouter que le père de cette révolutionnaire, également électeur de Mélenchon, fait de fréquents aller et retour entre Paris et le Luxembourg où il place quelque argent en vue de spéculations juteuses ?

Le vote de gauche est devenu au fil du temps un vote de posture. Un vote intellectuel totalement coupé du réel. Un part importante de l’électorat de gauche fait un choix esthétique. Un choix de posture. Pas de société.

Cette donzelle qui se gausse de « Confessions intimes » a-t-elle envie que des appartements contigus au sien soient classés logement sociaux et que des familles nombreuses bruyantes viennent s’y installer ? Évidemment non. Son choix Mélenchonien n’est qu’une vue de l’esprit.

Ce type de démarche intellectuelle est comparable à celui des notables du 19ème siècle qui se retrouvaient à la messe du dimanche pour écouter un sermon lénifiant de fraternité. Après quoi chacun reprenait ses activités, l’un exploitant jusqu’à la corde les ouvriers de son usine, l’autre exerçant une main mise féodale sur la majorité des terrains de la commune etc… Pour ces gens-là aussi, l’adhésion hebdomadaire à un discours humaniste n’était qu’une vue de l’esprit.

Le parallèle entre le discours Mélenchon et le discours clérical ou des sectes est concordant. Même promesse d’un monde enchanteur, d’une sorte d’ailleurs tout rose.

Alors que je discutais avec une électrice de Mélenchon et lui opposais la dure loi de l’offre et de la demande qui allait forcément concourir à faire baisser les salaires dans la perspective d’un accroissement de l’immigration, sa seule réponse fut que « dans la 6ème république, ça ne passait plus comme ça. »

Ce que propose Mélenchon n’est pas une perspective de changement, c’est une autre planète. Soudain la 6ième République est là et l’homme devient bon. Il n’est plus cupide, 2 + 2 font 5, ce qui est rare n’est plus hors de prix, ce qui est courant n’est plus bon marché, le bobo du 5ème arrondissement organise des méchouis sur le palier de son immeuble haussmannien… Vue de l’esprit. Abstraction, contes de fées… Ils ont la foi. Foi en eux-mêmes : « non je ne suis pas ce petit bourgeois égoïste, l’œil rivé sur mon compte bancaire puisque je vote Mélenchon et ensuite François Hollande. Vous voyez bien ! » Pour ressembler en tous points aux culs bénis du temps jadis, il ne leur manque plus que d’avouer leurs pêchés au cours d’une confession intime. Arte en ferait peut-être une émission.

Yann Galopin

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