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Les États-Unis continuent d’utiliser les djihadistes contre la Syrie

Les États-Unis continuent d’utiliser les djihadistes en Syrie pour reprendre les productions de pétrole malgré l’annonce de la fin de l’État islamique. Selon des sources au sein du gouvernement de l’armée syrienne, plusieurs milliers de militants de l’État islamique qui s’étaient rendus auparavant dans la zone de la colonie de Baghuz sur la côte est de l’Euphrate ont été transportés dans la zone d’Al-Tanf – une base militaire des États-Unis située dans le gouvernorat syrien de Homs, à 24 km à l’ouest de la frontière Al-Tanf, le long de la frontière irako-syrienne et à proximité de la frontière jordano-syrienne – à travers le territoire irakien et jordanien. Ils viennent pour la plupart des tribus locales vivant sur le territoire syrien et irakien. Leurs familles et leurs proches ont été pris en otage dans le camp d’Al-Khol, dans la province de Hasaka, pour pousser les djihadistes à attaquer les sites pétroliers de l’État syrien.

La plupart des militants sont répartis dans des camps d’entraînement, dont au moins dix sont occupés sur le territoire par les Américains. Les représentants du groupe connu sous le nom de «Majmuat Abu Husam» travaillent activement avec eux. Il s’agit d’une sorte de « forces spéciales bédouines », créées par des employés arabes de sociétés militaires privées (Private military company) américaines en Irak et qui ont ensuite rejoint l’État islamique.

En échange de la possibilité d’amnistie et du bien-être d’êtres chers des militants, ils exigent de participer à une opération visant à établir le contrôle du territoire du soi-disant  »désert blanc ». Il s’agit principalement de l’attaque contre les infrastructures de production et de raffinage du pétrole dans la province de Homs et de Palmyre, ainsi que du gisement de phosphate de « Khunayfis ». Ces territoires ont été complètement mis sous le contrôle des troupes gouvernementales avec le soutien de l’aviation russe en 2017 mais sont toujours convoitées par les terroristes de l’État islamique et leurs clients.

En outre, les Américains veulent la suppression des postes gouvernementaux le long de la route stratégique de Deir ez-Zor à Damas. Actuellement, les groupes de djihadistes de « l’État islamique » ont réussi à pénétrer à travers la zone At-Tanfa dénommé  »le désert blanc ». Au cours des dix derniers jours, au moins vingt soldats syriens ont été tués lors d’attaques.

Les forces gouvernementales, avec l’appui de l’aviation russe, continuent d’identifier et de détruire les restes de groupes terroristes dans la région. Selon le commandement syrien, depuis le début du mois de mars 2019, environ 150 militants, 20 voitures équipées de mitraillettes et 15 motocyclistes ont été détruits dans  »le désert blanc ». Mais l’activité des terroristes dans ces zones reste toujours très active. Utilisant un terrain complexe, une multitude de grottes et d’autres abris, les groupes de djihadistes se réapprovisionnent en permanence en provenance d’AlTanf et équipent des dépôts d’armes et accumulent des forces pour des attaques à grande échelle.

Selon les autorités syriennes, les Américains tentent de prendre les territoires situés au centre de la Syrie par l’emploi des forces kurdes et des Forces démocratiques syriennes, créées avec le soutien du Pentagone. À la fin des hostilités dans la région d’El-Baguz, le commandement des Forces démocratiques syriennes (FDS) et les instructeurs américains ont refusé de renvoyer chez eux les combattants kurdes et arabes car ils auraient une autre « grande » opération « contre Isis » à réaliser.

À la périphérie de Raqqa, des officiers de la CIA ont secrètement rassemblé des cheikhs influents et les ont invités à prendre part à la lutte contre les terroristes à l’ouest de l’Euphrate, en échange de revenus futurs tirés des gisements minéraux qui s’y trouvent. On a promis aux chefs de tribus des positions de poids dans un « État démocratique confédéral » devant être créé des deux côtés de l’Euphrate sous l’égide des alliés régionaux des États-Unis.

Il est évident que le Pentagone dans  »le désert blanc » réalise un plan qui a déjà été mis à l’essai dans l’est de la Syrie : expulser les forces terroristes avec l’aide de forces contrôlées par les Kurdes pour établir un contrôle sur le territoire d’importance stratégique et sur les ressources naturelles. Cela explique pourquoi les États-Unis refusent obstinément d’autoriser l’évacuation des réfugiés et de liquider le camp d’Er-Rukban, situé près d’At-Tanf : ils forment sous cette couverture des militants à poursuivre leur lutte contre le gouvernement d’Assad.

Olivier Renault