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Les Européens vont-ils suivre Biden jusqu’en enfer ?

Encore 4000 tués et 8000 blessés dans le camp ukrainien, entre le 6 et le 10 septembre. Un prix écrasant pour quelques centaines de km2 gagnés temporairement. Zelensky semble se jouer de la vie de ses soldats, tout comme les généraux allemands et français en 1916, qui se disputaient une colline alternativement, jour après jour. Verdun, ce fut 300 jours de boucherie au prix de 1000 soldats sacrifiés quotidiennement pour les deux camps. 60 millions d’obus furent tirés. A cette époque, la France n’avait pas que trois jours de munitions comme aujourd’hui !!

Mais on a vu pire. Le 22 août 1914, l’armée française a compté 27 000 tués dans la journée !

On dit que Poutine est fou, mais qui attise la guerre ? Qui prend le risque d’une escalade incontrôlée et entraîne de force ses alliés dans une guerre qui n’est pas la leur ? On a vu comment les Américains ont traité les Français quand Chirac a refusé à juste titre de se lancer dans la guerre d’Irak aux ordres de Georges Bush junior. L’Amérique est toujours en guerre depuis 1945.

Poutine est un sage qui préserve  au maximum la vie de ses soldats et des populations civiles. Il pourrait en finir en rasant Kiev en quelques heures, mais il ne fait pas la guerre au peuple frère ukrainien. Tandis que Zelensky fait la guerre aux populations du Donbass et les bombarde  à l’aveugle, ce qu’aucun média occidental ne veut reconnaître.

De plus, Zelensky considère que ses soldats sont de la chair à canon. Il les sacrifie pour une victoire éphémère, à des seules fins de communication. C’est lui le boucher. Si l’armée russe, en sous-effectifs, s’est repliée pour ne pas se faire laminer, c’est que le commandement russe a jugé que c’était la seule décision sensée.

Evidemment, c’est l’euphorie dans le camp occidental depuis que Kiev, après le désastre de Kherson, qui a mis 10 000 soldats hors de combat, a lancé son opération sur Kharkov.

« Volodymyr Zelensky affirme que les troupes ukrainiennes ont repris “2 000 km de territoire”. “Ces derniers jours, l’armée russe nous montre ce qu’elle a de mieux : son dos. Après tout, c’est un bon choix pour eux que de fuir”a déclaré le président ukrainien dans son message vidéo de samedi. Peu avant, l’armée ukrainienne a assuré être entrée dans la ville de Koupiansk (est). »

Zelensky pavoise sans le moindre respect pour les victimes des deux camps. Mais quand on a perdu le tiers de ses soldats, dont près de 100 000 tués, et que l’ennemi occupe 20% du territoire ukrainien, soit 120 000 km2, on se fait plus modeste.

Je ne vais pas jouer les stratèges de salon et commenter des opérations complexes qui changent d’heure en heure et sur lesquelles je n’ai aucune information. Je fais confiance à Poutine et à ses généraux pour s’adapter à cette nouvelle donne. Ce dont je reste persuadé, c’est que ce n’est pas ce sursaut ukrainien, obtenu en sacrifiant des milliers de soldats, qui renversera le cours de la guerre. La Russie ne peut pas perdre.

Si certains pensent que je suis un agent de Moscou, je les laisse à leurs délires. Mais je maintiens que les responsables de cette tragédie sont les Anglo-Saxons, qui rêvent d’achever la Russie depuis 1989. L’Europe a sacrifié son avenir et sa liberté en se couchant devant Washington, qui a tout fait pour prolonger la guerre froide, élargir l’Otan et attiser la haine anti-Russes.

Je n’ai évidemment rien contre le peuple ukrainien, peuple frère du peuple russe. Poutine combat le régime de Kiev et pas le peuple, c’est une évidence. Mais dans cette guerre, j’estime que le maître du Kremlin est dans son droit, qui est de protéger son peuple de toute menace aux frontières, comme le fit Kennedy en 1962 en exigeant de Khrouchtchev qu’il retire ses missiles de Cuba.

Les plus malhonnêtes accusent Poutine d’être l’agresseur du 24 février 2022, les plus honnêtes font remonter les causes de cette guerre à 1991, date de la dissolution du Pacte de Varsovie. Par conséquent, comme déjà dit, cette tragédie était évitable, si les va-t-en-guerre anglo-saxons avaient écouté les légitimes exigences de sécurité exprimées par Poutine. Il suffisait de respecter les accords de Minsk et de fermer les portes de l’Otan à l’Ukraine.

Mais les Américains veulent la guerre et les Russes le savent.

Ils affaiblissent au maximum la Russie et il n’est pas impossible que Biden décide d’envoyer un jour  ses légions en Ukraine s’il juge que l’ours russe est suffisamment affaibli. Les faucons du Pentagone sont des fourbes et des fous furieux qui ont toujours menti ou trahi.

C’est à mon avis un pari risqué, car si Poutine n’a utilisé que des armes conventionnelles peu offensives, il dispose d’une panoplie d’armements qui pourrait calmer n’importe quelle nation belliqueuse, à commencer par l’Amérique ou la Grande-Bretagne.

Si les Russes n’engagent que 200 000 soldats et n’ont pas de supériorité numérique, c’est qu’ils gardent à l’esprit qu’ils font la guerre à l’Otan et pas seulement à l’Ukraine. Il leur est donc indispensable de préserver des forces considérables en cas d’escalade du conflit.

Poutine a ses raisons, mais cette guerre d’usure exaspère les « durs » en Russie, partisans de frapper fort. Et l’offensive ukrainienne sur Kharkov, avec l’évacuation d’Izyoum, ne va pas les calmer. A suivre…

Cette guerre a déjà ruiné l’Europe et pourrait bien signer la fin de l’euro dans un proche avenir. C’est déjà très cher payé pour une guerre qui ne nous concerne aucunement, puisque l’Ukraine n’est ni dans l’Otan, ni dans l’Europe.

Une Allemande appelle à l’aide, annonçant que sa facture d’électricité va passer de 93 euros à 789 euros au 1er octobre. Merci Ursula von der Leyen ! Merci Biden !

La question que personne ne se pose en Europe, est de savoir jusqu’où nous sommes prêts à suivre les Américains, qui cherchent visiblement l’affrontement direct avec la Russie, dès qu’ils jugeront le moment favorable.

Avec un irresponsable comme Macron, qui pratique le double-jeu en parlant de paix avec Poutine mais en armant l’Ukraine, nous somme classés parmi les nations inamicales par Moscou. Bien joué !

Quand Paris, Lyon ou Marseille seront paralysées par un groupe de hackers qui auront piraté tous les centres vitaux de ces villes, il sera un peu tard pour comprendre que Poutine dispose d’arguments massue que nous n’avons pas. Pas besoin du nucléaire pour mettre la France à genoux. Piratages ou armes imparables suffiront à nous mettre hors de combat en 24 heures.

Si certains s’imaginent que Poutine et son peuple vont accepter une défaite militaire sans utiliser leur arsenal d’armements du futur, ils se font de douces illusions. Le pire est toujours possible.

Hélas, Macron préfère lécher les bottes de Biden, sans comprendre qu’il joue avec le feu.

Jacques Guillemain