Les faussaires de la langue: populisme, conspirationnistes, extrêmes…

Les faux-monnayeurs d’aujourd’hui  et installés confortablement au pouvoir par les boomers et les hypocondriaques n’utilisent pas seulement la planche à billets pour financer le vide abyssal de leur politique économique, ils fabriquent aussi une inflation de définitions pervertissant les mots jusqu’à les salir, à l’identique de ce qu’Orwell avait décrit dans 1984.

Ainsi le terme “populiste” s’apparentant naguère mais gentiment à “démagogie” au sens grec de beau parleur est aujourd’hui plutôt immédiatement accolé à “extrémisme” (beurk) par les mêmes qui promeuvent pourtant des politiques précisément très dangereuses, voire irresponsables pour le Souverain en l’occurrence le supposé Peuple du moins en régime républicain démocratique.

Ces politiques (très) dangereuses sont aisément repérables aujourd’hui : elles ont pour objet d’aggraver les conditions d’accès à la santé en la corsetant dans son seul aspect chimique, d’empêcher d’appréhender l’idée que l’air que l’on respire s’avère bien moins polluée que naguère, de flouter de plus en plus la sécurité intérieure et extérieure, de détruire le système des salaires et des prix, d’amoindrir les retraites en refusant un mixte avec toute capitalisation “populaire” (rimant avec “néo-libéral”, “réactionnaire”, “égoïste égoïste”) à l’ère de l’injection et de la muselière dite “altruistes” et “recommandées”.

Concernant par exemple la manière dont il est question d’indexer les prix  de l’énergie sur les rémunérations à partir de la rentrée 2023, cela voudrait dire que l’on continuerait à faire encore payer à la classe moyenne l’impéritie d’une politique qui a refusé de renforcer le nucléaire, de réduire drastiquement en amont les impôts de production, refuser d’associer capital et travail par une participation dynamique, refuser enfin d’augmenter des droits de douane pour des produits ne répondant aux normes sociales et écologiques imposées pourtant en interne.

Au fond, la classe moyenne comme on le sait n’est pas (encore) assez pauvre pour être assistée, et de moins en moins aisée pour bénéficier de ces ristournes fiscales et autres placements “aisés” permis par “notre” planche à billets (puisqu’elle est “publique”); cette connivence non dite renforce plutôt les plus hauts revenus en leur permettant la spéculation multiforme d’où la montée (en dents de scie) des actions risquées et de l’immobilier ; et le tout sera effectué en sermonnant cette même classe moyenne pourtant hors jeu, surtout dans ses strates supérieures, avec sa dite “sur-épargne” sur laquelle ces vautours (publics et privés) lorgnent alors qu’en France celle-ci sert surtout à compenser le faible montant des retraites puisque celles par capitalisation sont surtout accessibles, à revenu moyen, plutôt en complémentaire et si l’on est fonctionnaire (la Préfon).

C’est de plus en plus un réel marché de dupes : les mots changent de plus en plus vite de sens jusqu’à ce que par exemple le terme de “réussite” signifie seulement “domination” (blanche) ; accentuant ainsi l’erreur marxiste stipulant que la richesse proviendrait non pas de la qualité d’un produit rencontrant précisément son marché, mais principalement de la compression du coût de revient; ce qui pourtant à elle seule ne veut rien dire s’il n’y a pas la qualité en premier lieu du moins pour les produits finis ; d’où d’ailleurs l’idée que certains préfèrent payer plus cher leur côte d’agneau abattu localement que provenant de lointaines contrées ; qualité par ailleurs protectrice de l’air que l’on respire alors que la manière dont est aujourd’hui construit le commerce mondial va de plus en plus à l’encontre de cette pratique, tout en se servant de la voiture de l’avion et du cheptel comme bouc émissaires, le tout au nom d’un “pouvoir d’achat des plus défavorisés” dont ils se moquent éperdument (car autrement la politique économique serait précisément édifiée différemment en faisant en sorte de ne pas faire peser le poids du “social” uniquement sur les salaires et le capital investi -cette épargne déjà imposée en amont) ; mais ces gens qui gouvernent en “notre” nom ne sont pas à une contradiction près: ils surfent même dessus et en rient sous cape dans les Salons made in Bergé.

Et c’est précisément pourquoi leurs sbires semblent si pointilleux sur toute critique pointant tous ces grands écarts ; cela rend si nerveux leurs maîtres, d’où cette valse des étiquettes : celles des mots et des couleurs, ou ce véritable jeu de bonneteau devenu mondial. Alors que le roi est nu; et cela se voit (de plus en plus).

Lucien Samir Oulahbib

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5 Commentaires

  1. « Installés au pouvoir par les boomers » Réalisez-vous que vous pratiquez, à votre insu de votre plein gré, la dérive sémantique que vous dénoncez ?
    Les boomers sont les personnes nées lors du baby boom entre 1945 et 1955.
    La reformulation de l’histoire par les médias menteurs a délibérément créé une confusion avec la « génération macronescu » née à une époque où l’effondrement démographique des caucasiens était déjà une réalité.
    Les boomers ont donc aujourd’hui entre 67 et 77 ans, ils ne sont ni au gouvernement ni à la télé ni à la tête des entités qui ruinent la France, et question culture, formés à l’esprit analytique et critique qui avait cours lors de leurs études et plus généralement dans la société d’alors, ce sont les plus imperméables aux propagandes, au modes, aux dérives sémantiques et à la doxa !

      • Chiracula né en 1932 n’était pas un baby boomer.
        Les autres sont soit des personnalités médiatiques artificielles adoubées par la caste, soit des politiciens de second ordre. Sans autre pouvoir que celui de vomir leurs inepties. Ils ne tiennent pas la main des gens dans l’isoloir, ni ne procèdent aux nominations des satrapes au journal officiel.
        Reste François Groland président intérimaire par hasard qui ne laissera guère de traces dans l’histoire de France.

  2. en parlant de populisme, savez-vous que Cavanna, plume de charlie-hebdo, a eu le prix populiste pour un de ses romans? Et Val ne l’a pas mis à la porte?

  3. très intéressant ! Il faudrait recenser le vocabulaire et autres éléments de langage de nos « élites » pour discréditer « l’ennemi », c’est à dire l’ensemble de ceux qui se trouvent en dehors de « l’arc républicain ».
    En plus de complotiste, je cite de tête et en vrac : « complosphère », « fachosphère », « les extrêmes »- » « ultra-droite », « les heures les plus sombres », « nauséabond » (relent) …
    Tout aussi intéressant serait de noter tous les tics de langage macroniens tels que « ce n’est pas le sujet », « celles et ceux », etc

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