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Les Femen sur une Eglise, c’est mieux que les Identitaires sur une mosquée

Les Femen récidivent. Après l’opération Team Marine qu’elles ont menée au premier  tour de la Présidentielle, où elles associaient  la candidate aux présidents syrien russe ou américain, les  Femen ce matin ont pavoisé sur l’échafaudage de l’église d’Hénin-Beaumont,  seins nus et fumigènes tricolores à la main, avec  divers slogans hostiles à Marine Le Pen dont Marine au pouvoir, Marianne au désespoir.

Plus tôt, Green Peace, au mépris des mesures anti-terrorisme, avaient déployé sur la tour Eiffel un slogan anti Marine Le Pen au nom de nos principes républicains.

Principes de la République, Marianne au désespoir, vraiment ? Pour reprendre la célèbre réplique de  Cyrano on pourrait rétorquer, c’est un peu court. Qu’est-ce qui serait au juste de nature à désespérer Marianne dans  l’élection de Marine Le Pen ? Qu’est-ce qui dans son programme bafouerait les valeurs de la République au juste ?

Sa volonté de veiller aux intérêts des Français quelles que soient leurs origines ou leur religion ?

Sa volonté de protéger  de la concurrence déloyale d’autres pays ceux qui chez nous fabriquent les richesses ?

Celle de renforcer l’apprentissage du français à l’école afin que les élèves puissent tous avoir les mêmes chances plus tard dans la vie sociale comme dans le monde du travail. Ou encore, sa détermination à interdire le voile ou le port de signes religieux ostentatoires même à l’Université afin que celle-ci demeure un lieu consacré à l’étude, au savoir et aux sciences, incompatibles avec les signes d’endoctrinement.

Car Marine Le Pen applique tout simplement le second principe de notre chère République autrement dit l’égalité entre citoyens français.

Ne sont-ce pas plutôt les présidents d’Université, ceux de Paris Descartes, de Caen, ou encore de Poitiers – et la liste exhaustive serait trop longue – qui, au mépris du devoir de réserve,  bafouent Marianne en appelant explicitement à voter contre Marine Le Pen ? N’est-ce pas une atteinte à la liberté de conscience ? Cela ne ressemble-t-il pas à de l’abus de pouvoir, à une volonté d’exercer une pression morale sur des personnes sur lesquelles on a autorité ?

Ces universitaires ne rempliraient-ils pas mieux leur rôle s’ils dénonçaient  haut et fort le principe si anti-républicain que l’admission à l’Université  par tirage au sort plutôt  que par la sélection au mérite, notion si chère à  Beaumarchais, Diderot  et à l’esprit des Lumières ?  Ceux-ci ne devraient-ils pas, plus qu’ailleurs, encourager leurs étudiants à exercer  la liberté de conscience, le libre examen et l’esprit critique plutôt que prêcher l’unanimisme et la pensée toute faite ? C’est ce conformisme  même qui étouffe la recherche et met en danger la culture, non l’inverse.

N’est-ce pas dans cette même démarche anti-démocratique que s’inscrivent le maire de Montpellier qui  affiche une banderole sur le théâtre de la Place de la Comédie appelant à faire barrage à la candidate, ou cet édile qui menace de démissionner si ses électeurs votent Marine Le Pen ?

Que dire encore de la presse qui pendant la période de trêve du week-end  titre juste avant l’élection de manière ouvertement partiale, sans respect aucun pour la déontologie : Faites ce que vous voulez mais votez Macron, affiche  la Une de Libé en lettres capitales alors que les réseaux sociaux sont bloqués. Audrey Pulvar pleure à l’émission C à vous de la 5, parce qu’elle a été interdite d’antenne pour avoir signé une pétition contre Marine Le Pen au mépris du devoir de réserve.

On a reproché dans le passé  à l’église catholique d’influencer le vote de ses ouailles. Aujourd’hui, on lui reproche de ne pas donner de consignes de vote… contre Marine Le Pen, ce que Christian Delorme, le prêtre de la marche des Beurs, déplore.

Imagine-t-on l’inverse ? A-t-on vu des banderoles anti-Macron sur la façade des Mairies FN ? A-t-on vu les Femen escalader une mosquée ? Les présidents d’Université mettre en garde leurs étudiants contre les dangers de l’ultralibéralisme pour leurs futurs emplois ?

Pour en revenir à nos Femen,  dont cinq ont été arrêtées, attendons de voir ce que dira la Justice. Pour l’instant, celle-ci s’est montrée très indulgente avec elles. Complaisante même. Dans la majorité des cas, les Femen ont bénéficié de la relaxe. Il ne me souvient pas que la justice ait fait preuve de la même attitude envers les identitaires lorsque ceux-ci avaient escaladé une mosquée en construction à Poitiers. Comparons d’ailleurs les chefs d’inculpation pour les unes : exhibition sexuelle, et pour les autres: organisation d’une manifestation publique n’ayant pas fait l’objet d’une déclaration préalable dans les conditions fixées par la loi (et les Femen ?), provocation publique à la discrimination, à la haine ou à la violence (en face, nous avons bien évidemment des déclarations d’amour).

Arrêtons donc votre cirque, pour reprendre le terme de Lionel Jospin,  ONG, intellectuels, journalistes, élus. C’est vous qui êtes intolérants, frileux, sectaires, partisans, et de ce fait,  bafouez allègrement Marianne en totale impunité.

Florence Labbé