Les flux migratoires doivent être contrôlés par les Etats souverains.

Les événements du Moyen Orient viennent de nous prouver que l’Europe en période de crise ne peut pas supporter sur le plan financier, économique et social un afflux important de migrants.
Les citoyens européens commencent sérieusement à critiquer cette politique laxiste qui consiste au nom des droits de l’homme à recueillir sans discernement toute population étrangère sur le sol européen, alors que nous avons tous des problèmes de chômage et d’intégration que nous n’arrivons pas à gérer dans nos pays respectifs.
Pour mémoire, il est nécessaire de rappeler ce qui a été décidé en matière d’immigration par les États européens pour comprendre l’embarras actuel de nos Gouvernants qui s’aperçoivent que la Convention de Schengen est en réalité une bombe à retardement.
La convention de Schengen a promulgué l’ouverture des frontières entre les pays signataires. Le territoire ainsi créé a été communément appelé « espace Schengen », du nom du village luxembourgeois de Schengen, tripoint frontalier entre l’Allemagne, le Luxembourg (donc le Benelux) et la France (au bord de la Moselle), où a été signé l’accord entre les cinq États concernés à l’époque le 14 juin 1985. Si la première convention de Schengen date de 1985, l’espace Schengen a été institutionnalisé à l’échelle européenne par le traité d’Amsterdam du 2 octobre 1997.

Le traité de Lisbonne, signé le 13 décembre 2007, a modifié les règles juridiques concernant l’espace Schengen, en renforçant la notion d’un « espace de liberté, de sécurité et de justice ». Celui-ci fait intervenir davantage de coopération policière et judiciaire, et vise à une mise en commun des politiques de visas, d’asile et d’immigration, notamment par le remplacement de la méthode intergouvernementale par la méthode communautaire.
Les pays signataires pratiquent une politique commune en ce qui concerne les visas et ont renforcé les contrôles aux frontières limitrophes de pays extérieurs à l’espace. Bien qu’il n’y ait en théorie plus de contrôles aux frontières internes à l’espace Schengen, ceux-ci peuvent être mis en place de manière temporaire s’ils s’avèrent nécessaires au maintien de l’ordre public ou de la sécurité nationale. Désormais, les citoyens étrangers qui disposent d’un visa de longue durée pour l’un des pays membres peuvent circuler librement à l’intérieur de la zone.
L’exode massif de personnes fuyants la Tunisie, la Libye, l’ Égypte et d’autres pays de cette région du Monde risque de provoquer un rejet des citoyens de la Communauté Européenne lesquels sont déjà confrontés à un chômage exponentiel et à une crise économique et sociale dont ils ne voient pas une amélioration prochaine.
Nous devons revenir sur l’espace Schengen si nous ne voulons pas nous retrouver devant une situation ingérable et incontrôlée dont les conséquences politiques et sociales pourraient être désastreuses pour les pays de la Communauté Européenne.
Les citoyens européens ne veulent plus qu’on leur impose des directives qui semblent avoir été prises dans l’improvisation par leurs Dirigeants qui n’avaient pas prévu la révolte des peuples du Moyen Orient et du Maghreb qui déstabiliseraient les régimes despotiques qu’ils ont soutenus pour des raisons géopolitiques pendant des années.
La libre circulation des européens à l’intérieur de l’espace Schengen peut se concevoir, à la condition que les pays faisant parti de cet espace puissent maitriser les flux migratoires des pays non signataires de cette convention.
On ne peut pas traiter de xénophobe ou de raciste les pays qui décideraient de refouler de leur territoire tous les migrants parce qu’ils n’auraient pas décidé de leur donner un titre de séjour. La France a toujours été une terre d’accueil pour les populations d’origine étrangère ayant la volonté de s’intégrer et de s’assimiler.
Ce que nous vivons de plus en plus mal, ce sont les revendications communautaristes qui sont avancées par des immigrés manipulés par des courants extrémistes religieux qui ne correspondent nullement à nos us et coutumes.
Les autochtones ont l’impression que cette Europe passoire ne les protège plus contre cette montée communautariste qui les menace dans leur vie quotidienne sans qu’ils puissent avoir leur mot à dire sur cette dérive multiculturelle voulant remettre en cause de façon insidieuse leur histoire et leur identité.
Les États nations doivent retrouver leur libre arbitre sur la politique migratoire qu’ils veulent appliquer sur leur propre territoire. Nous ne pourrons pas lutter de façon efficace contre l’immigration illégale, si nous ne rétablissons pas des contrôles aux frontières plus stricts.

La Convention de Schengen doit être révisée pour éviter que les peuples d’Europe ne se radicalisent et ne se tournent vers des partis populistes qu’ils jugeront plus à même de régler ces problèmes de flux migratoires en corrélation avec la situation économique de chaque pays d’accueil.
Nous sommes confrontés à une crise internationale très importante qui touche de plein fouet les pays développés et nous ne pouvons plus avoir une politique migratoire laxiste qui risquerait de déstabiliser nos économies fragilisées par le Krach financier de 2008.
Le 24 janvier 2011 Pascal Perrineau Professeur des Universités à Sciences Po et directeur du CEVIPOF (le centre de recherches politiques de Sciences Po) donnait une définition de la montée du national populisme en Europe qui s’explique largement dans le contexte de crise actuel que nos politiciens de droite et de gauche s’évertuent à minimiser :
« Le national-populisme est à la hausse dans certains pays européens sans que l’on puisse parler de vague générale et irrésistible. Les bonnes performances électorales enregistrées par le parti du Progrès en Norvège, l’UDC de Christoph Blöcher en Suisse, le mouvement Jobbik en Hongrie, le parti de la Liberté de Geert Wilders aux Pays Bas, le parti du Peuple danois au Danemark, les deux partis d’extrême droite (FPÖ et BZÖ) en Autriche ou encore le mouvement Ataka en Bulgarie, sont autant de témoignages de cette dynamique électorale du national-populisme. Les facteurs de celle-ci sont multiples et structurels. La crise économique et sociale relancée par le krach financier de l’automne 2008, montre les fragilités des sociétés post-industrielles et développe un profond malaise dans les couches populaires touchées au premier chef par le chômage, les délocalisations et les problèmes de pouvoir d’achat. Le discours de protectionnisme économique avancé par les forces national-populistes rentre parfois en harmonie avec les inquiétudes de ces couches populaires. Les interrogations de pans entiers de nos sociétés par rapport aux vertus de l’ouverture que celle-ci soit économique (la globalisation), politique (la construction européenne) ou sociétale (le caractère de plus en plus cosmopolite de nos sociétés), sont fortes et le modèle du recentrage national que véhiculent les partis nationaux populistes entre en résonance avec ces doutes sur les bienfaits de l’ouverture. Enfin, le scepticisme et la défiance par rapport aux gouvernements et plus largement au monde politique, ne cessent de progresser. Le national-populisme, du fait de son tempérament protestataire, parfois anti-parlementaire, a de fortes capacités à politiser ce « rejet de la politique ». Il faut noter également une capacité récente de certains de ces partis à récupérer des valeurs démocratiques et républicaines, comme l’égalité hommes-femmes, la dignité de la femme, la liberté de pensée ou encore la laïcité, qui seraient menacées par le poids d’un islam radical au cœur même des sociétés européennes et en tout cas sur la scène internationale.
Le populisme d’extrême gauche, étant donné la forte dimension identitaire de nombre des inquiétudes qui taraudent les électeurs des divers pays européens, est moins à l’aise que celui d’extrême droite pour être l’exutoire politique de ces craintes et difficultés. »
L’Europe est ressentie par bon nombre de nos concitoyens comme une structure technocratique au service de la mondialisation.  Si les principes des accords de Schengen sont bien acceptés au sein de la Communauté Européenne, rappelons qu’ils ne concernent que les citoyens européens.
Jean François Copé, patron de l’UMP sentant que ses électeurs étaient de plus en plus attirés par le vote Front National pour 2012 a déclaré le 26 avril 2011 sur Europe 1 : la France n’avait pas « les moyens d’assumer une immigration à caractère social ».
Il revenait sur le sommet franco-italien où Paris et Rome ont plaidé pour une « réforme » de l’accord de Schengen, face aux « circonstances exceptionnelles » posées par l’arrivée de plus de 20.000 migrants tunisiens ces dernières semaines en Italie.
Le député de Seine-et-Marne a justifié cette initiative en soulignant que « l’Europe en général, et la France en particulier, n’a pas les moyens d’assumer une immigration à caractère social ». « C’est-à-dire, a-t-il ajouté, des gens qui en réalité (…) n’ont pas la qualification de pouvoir s’installer en France ».
« Il n’y a pas de poste qui puisse leur être proposé d’ailleurs, compte tenu de notre taux de chômage ». « Et cela se traduirait évidemment par un coût social (…) que l’on ne peut pas payer », a-t-il dit.
M. Copé s’est défendu d’exprimer « une opposition ferme de principe, hystérique, contre toute forme d’immigration ».
« Quand on est en période difficile comme la nôtre, on n’a pas les moyens », a-t-il répété. « C’est pas un problème politique, pas de la xénophobie, c’est un problème très concret dont on doit assumer la responsabilité ».
« Les frontières extérieures de l’Europe doivent être étanches, en clair l’immigration doit être légale et assumée comme telle ». « L’immigration illégale on la combat », a-t-il ajouté.
« Quand il y a une période de crise (…) il y a des flux migratoires, comme on dit pudiquement, qui ne sont pas maîtrisés ». Pour les « réfugiés qui peuvent venir pour des raisons politiques, nous avons un droit d’asile qui s’applique ».
Comme je le disais plus haut, le vote populiste inquiète les partis traditionnels qui finissent par admettre que l’immigration est une thématique qu’il faudra bien aborder lors de la campagne présidentielle de 2012.
Pour toutes les raisons évoquées ci-dessus, il me parait indispensable que chaque État retrouve sa pleine et entière souveraineté en matière de politique migratoire.
Fabrice LETAILLEUR
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http://lebloglaicdechamps.over-blog.com/

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