Les fondamentalistes veulent imposer la charia à toute la France

Par-delà les inévitables reproches que l’on peut toujours adresser à quelque reportage que ce soit, force nous est de reconnaître que celui d’Harry Roselmack, consacré aux fondamentalistes musulmans, et diffusé sur TF1, le mardi 13 avril 2010, à 23 h 20, a eu au moins le mérite d’avoir laissé parler les personnes interrogées. Toutes ces personnes étaient de confession musulmane.
Mais l’Occidental que je suis va déjà trop vite : ces personnes n’étaient pas de «confession» musulmane ; elles étaient d’«essence» musulmane. Leurs propos, leurs rites, leurs tenues vestimentaires, leurs livres témoignaient de cette essence, c’est-à-dire de leur fusion avec l’Etre suprême, car le fondamentaliste est d’essence divine, non parce qu’il serait divin comme Dieu même, mais parce qu’il participe du divin dont il procède.
D’où le rayonnement intérieur des personnes interviewées, sitôt que leurs paroles célébraient la magnificence d’Allah. D’où leur tristesse ou leur colère aussi, dès lors qu’un obstacle semblait se dresser entre elles et la pratique de leur religion, autrement dit entre elles et elles, car ces personnes sont leur religion !
Mais je vais de nouveau trop vite : ces personnes ne sont pas leur religion : elles sont La Religion. En effet, à les écouter, il n’y a qu’une religion, les autres religions relevant de la mécréance. C’est le Coran qui l’affirme, et l’on ne peut changer le Coran !
La prosopopée suivante résume la logique de ces fondamentalistes, telle qu’elle est apparue tout au long de l’émission : «Nous-mêmes, musulmans, ne pouvons rien contre ce que Dieu a prescrit. Nous ne pouvons qu’une chose : c’est nous conformer à ses préceptes partout où nous nous trouvons. Tel est notre devoir ; telle est notre fierté ; telle est notre raison de vivre : Allah est le plus grand ! Si la République nous permet de pratiquer la religion, c’est bien ; si elle ne nous le permet pas ou nous le permet mal, ce n’est pas bien. Or, il faut suivre Le Bien. Donc, nous appliquons les lois de Dieu – qui sont Le Bien – même si la République s’y oppose ! Et comme les lois de Dieu sont Le Bien, elles valent pour tous. C’est pourquoi les lois de Dieu priment celles de la République ! C’est normal : les lois divines sont parfaites ; les lois humaines ne le sont pas. Par exemple, se soumettre aux lois humaines, c’est renoncer aux cinq prières quotidiennes, ne pas égorger le mouton le jour de l’Aïd el-Kebir (ni, d’ailleurs, aucun autre jour), manger des aliments non halal (et même du cochon, animal impur s’il en est), boire de l’alcool, s’interdire la polygamie, accepter la mixité hommes-femmes, rejeter le voile et la burqa, placer la loi avant la foi, bref se détourner de Dieu ! Comment un tel égarement serait-il possible pour un esprit saint, c’est-à-dire tourné vers Dieu ?

Ne pas s’égarer, au contraire, c’est faire les cinq prières quotidiennes aux heures indues (voire dépasser ce nombre si on le peut), égorger le mouton le jour du Sacrifice (et même les autres jours), consommer exclusivement des produits halal (le cochon qui serait égorgé selon le rite musulman ne devenant pas halal pour autant), ne jamais prendre d’alcool, accepter la polygamie, refuser la mixité hommes-femmes, porter le voile intégral (ou en tous cas le voile) si l’on est une femme, le faire porter si l’on est un homme, placer la foi avant la loi, bref obéir à Dieu. Si Dieu a estimé que le corps de la femme était à protéger des tentations inhérentes aux hommes, il faut en tenir compte en le soustrayant des regards masculins. D’où les vêtements amples et couvrants qui doivent cacher la femme dans l’espace public, et même, suivant les circonstances, dans l’espace privé. Le voile et la burqa sont donc des éléments de la sagesse divine, tout comme la polygamie, qui a paru seyante au Prophète ! Voilà ce que la République doit respecter, si elle veut que nous la respections» !
Voilà surtout les ravages d’une pensée mécanique, dont l’unique moteur est La Religion. Il est donc impossible de discuter cette prosopopée : l’islam condense Le Beau, Le Vrai et Le Bien en un seul livre, dont la lumière éternelle rend les autres livres obscurs et obsolètes, seraient-ils religieux ou non ! Et cela vaut pour tous les humains, qu’ils soient hommes, femmes, juifs, chrétiens, agnostiques, athées, irréligieux, indifférents, d’aujourd’hui ou de demain, ou autres ! Cela vaut également pour nos lois, qui font pâle figure comparées à la Charia. Ou l’islam, ou l’islam quand même, car personne ne saurait se soustraire au Beau, au Vrai et au Bien, pour la bonne raison que personne ne saurait vivre sans lumière ! Que chacun de nous se le tienne pour dit !
Maurice Vidal

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