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Les Français, désespérés, seraient-ils capables de voter pour un Hitler ?

Chers lecteurs de Riposte Laïque,

Bien qu’étant, comme vous le savez, d’un naturel optimiste, je traverse actuellement une petite crise de déprime passagère dont je souhaite vous entretenir ici.

Cette déprime, nul ne s’en étonnera, est la conséquence de l’affreux miasme chinois qui a causé, outre des pertes humaines, une hystérie collective tout à fait remarquable chez les princes qui nous gouvernent, au point de valoir à notre beau pays le surnom que lui donnent actuellement certains mauvais esprits : l’Absurdistan. Pour preuve ma vie actuelle qui, bien que présentée sous le voile de l’anonymat, est, je vous l’assure, rigoureusement authentique.

Loin de Paris que j’ai fui depuis longtemps, je coule mes vieux jours dans une province que le Coronavirus a plutôt épargnée (jusqu’à présent), ce qui me permet de me promener sans avoir besoin de me masquer le museau… mais pas partout, certains maires ayant quand même jugé bon – on n’est jamais trop prudent ! – d’imposer le port du masque en leurs centres-villes : des endroits où je ne mets donc plus les pieds, bien entendu. Il me reste les balades à vélo dans la campagne, actuellement confinées dans un rayon de dix kilomètres… on en a vite fait le tour.

Je garde néanmoins une certaine activité physique en pratiquant une sorte d’escrime d’origine japonaise qui implique un scrupuleux respect des distances de combat – les coups y sont plus à craindre que les miasmes. Pourtant, depuis l’an dernier, le port du masque a été rendu obligatoire : non seulement dans la salle où nous nous entraînions initialement, mais même, après la fermeture du gymnase, pour l’autorisation de la pratique en plein air ! J’ai évidemment refusé de me coucher devant ces exigences stupides, et j’ai pris l’habitude de m’entraîner dans mon jardin, d’abord seul puis avec quelques partenaires venus me rejoindre par amitié…

J’avais aussi naguère des activités culturelles telles que la pratique de l’anglais, la musique (vocale et instrumentale)… tout cela est maintenant relégué au magasin des souvenirs. Je n’ai jamais pu me faire – l’âge, sans doute, en est la cause – aux relations humaines à distance par ordinateur interposé. Quant à la convivialité masquée, c’est pour moi un oxymore, autant ne plus se voir ! Il me reste la lecture, car fort heureusement j’ai toujours de nombreux bouquins sous le coude, sans compter tout ce que je trouve sur internet, et je n’ai donc jamais le temps de m’ennuyer. Et j’ai même la chance de voir régulièrement certains de mes enfants et petits-enfants, enfin, ceux qui n’habitent pas trop loin… Honnêtement, je ne suis pas malheureux et bien des personnes âgées, notamment en Ehpad, sont beaucoup plus à plaindre…

Je me sens pourtant, par moments, dépressif, ou plus exactement atteint d’un ras-le-bol colérique. Ras-le-bol de voir cette crise sanitaire gérée en dépit du bon sens, apparemment plus pour les profits des grands groupes pharmaceutiques que pour la santé publique. Ras-le-bol de voir la crise économique résultant des mesures de confinement, et d’imaginer la crise financière que le « quoi qu’il en coûte » va engendrer. Ras-le-bol surtout de nous voir, nous Français, peuple autrefois fier et courageux, nous laisser asservir de la sorte, alors même que nous sommes par ailleurs submergés, avec la bénédiction de nos dirigeants, par des envahisseurs allogènes qui rêvent de nous imposer leurs mœurs et leurs croyances tout en profitant des milliards dont on les subventionne !

Alors, dans ces moments de déprime, je me prends à rêver d’un homme d’État providentiel, genre Donald Trump, Victor Orban ou Vladimir Poutine, voire encore plus sévèrement burné (voyez, dans ces moments, comme je deviens vulgaire), qui pourrait venir remettre de l’ordre dans notre fichu pays… Évidemment, il faudrait pour cela qu’il s’arroge les pleins pouvoirs pour faire tirer à vue sur les racailles, dissoudre les associations islamo-gauchistes qui les soutiennent, créer des bagnes pour les criminels et des camps d’internement pour les étrangers en situation irrégulière… tout un programme ! Évidemment aussi, il ne devrait pas craindre les conflits possibles avec les puissances étrangères qui œuvrent à notre déclin… au risque de paraître un peu belliqueux, suprémaciste, voire légèrement raciste sur les bords… On le lui pardonnerait, que voulez-vous, nul n’est parfait !

J’eus autrefois un grand-père doté d’une certaine assurance et d’un solide optimisme, qu’il tenait sans doute de notre aïeul dont je vous ai déjà parlé, l’excellent docteur Pangloss (cf. Voltaire : Candide ou l’optimisme). Vers la fin des années 1920, on commençait en France à s’inquiéter de la montée en puissance du parti national-socialiste allemand dont le chef, un certain monsieur Hitler (Adolf pour les dames), tenait des discours nationalistes enflammés et ne cachait pas ses convictions suprémacistes et antisémites, qu’il avait même publiées (Mein Kampf, 1925). Mais face aux inquiétudes familiales, mon grand-père gardait un calme olympien : « Allons donc, disait-il, les Allemands sont des gens sérieux… Vous ne pensez tout de même pas qu’ils vont aller voter pour un guignol pareil ! ». La suite de l’histoire est connue : en novembre 1932, les élections législatives donnaient la majorité, en toute démocratie, au parti nazi de monsieur Hitler…

Toute ma vie, je me suis demandé comment « des gens sérieux » avaient pu se fourvoyer de la sorte. Aujourd’hui toutefois, quand je ressens le dépit et la honte qui m’envahissent à la vue de ce que devient mon pays, je crois que je commence à comprendre… Ce qui avait échappé à l’intelligence de mon grand-père, c’était l’importance de la frustration dont souffrait le peuple allemand, suite notamment à l’humiliant traité de Versailles qui lui avait été imposé en juin 1919 à l’issue de la Première Guerre mondiale : outre les amputations territoriales et les lourdes réparations financières (en partie responsables des difficultés économiques ultérieures), la honte infligée aux Allemands par ce traité (rédigé par les seules puissances victorieuses et perçu comme un diktat) leur était insupportable. Dans une telle situation, un peuple peut être prêt à se jeter à corps perdu dans les bras du premier führer capable de lui rendre son honneur.

J’avais déjà imaginé la trame de cet article et j’en avais commencé la rédaction lorsque est sortie, le 16 avril au soir, une très pertinente analyse signée de notre collègue Jean d’Acre, « La France est dans la situation de l’Allemagne de 1933 » :

https://ripostelaique.com/la-france-est-dans-la-situation-de-lallemagne-de-1933.html

Jean d’Acre souffre, semble-t-il, de la même déprime que la mienne et je ne peux qu’approuver la description qu’il fait de l’état de la France. Je serais plus nuancé sur sa conclusion « La France n’attend plus qu’un führer » faisant suite à un éloge sans nuance de la réussite hitlérienne (1933-1939) : il feint d’oublier que cette réussite, outre qu’elle a transformé la République de Weimar en une dictature, a accessoirement provoqué quelques menus dégâts collatéraux – en gros, la Seconde Guerre mondiale… Reste que la réaction de Jean d’Acre, dans un état de désespérance, est la même que la mienne : le rêve messianique de l’homme providentiel. Mais restons prudents : un autre Jean, non pas d’Acre mais de La Fontaine, a autrefois raconté une histoire de grenouilles qui demandaient un roi…

Et puis surtout, si la France « est dans la situation de l’Allemagne de 1933 », les Français d’aujourd’hui, en revanche, ne sont pas les Allemands de 1933 ! Les Français d’aujourd’hui sont, dans leur grande majorité, des lâches, des « dhimmis », qui sont prêts à toutes les soumissions : soumis aux diktats macroniens et écologistes au nom du stupide « principe de précaution », soumis aux diktats gauchistes et musulmans au nom du « vivre-ensemble », et bientôt soumis à la dictature mondialiste qui s’annonce, ils ne sont plus capables de révolte. Il restera bien une poignée de patriotes qui entreront en résistance, ce qui déclenchera une guerre civile – comme Jean d’Acre, j’en suis convaincu, je vous l’ai dit dans mes précédents articles. Il est toutefois probable que, sauf intervention extérieure (mais n’y comptez pas trop…), les patriotes seront vaincus parce qu’ils auront tous les collabos contre eux.

En attendant, quand on déprime, on peut toujours rêver à l’apparition d’un Sauveur… Ressemblera-t-il (ou elle) à Jeanne d’Arc ?… Napoléon ?… De Gaulle ?…

… Ou à Adolf Hitler ?…

N’empêche que, nonobstant toute ma belle philosophie, je serais peut-être moi aussi capable, par dépit, de « voter pour un guignol pareil » !… C’est terrifiant, quand on y pense…

Veuillez agréer, chers lecteurs, l’expression de mes très courtoises salutations.

Papy PANGLOSS, professeur honoraire de philosophie, membre du Cercle d’anticipation métaphysico-optimistico-sociologique de l’évolution de l’humanité (Camoseh)