Les Frères Musulmans : personas non gratas au Qatar !

Mahmoud Hussein Amine-Frères MusulmansMahmoud Amîn, secrétaire général des Frères Musulmans,

le plus haut responsable parmi les expulsés du Qatar

(Ph. Youm7.com)

Une surprise de taille, vient de secouer Doha, la capitale du Qatar. Le gouvernement qatari, qui cajolait les Frères Musulmans depuis plusieurs décennies (1), vient de faire volte-face en ordonnant à sept dirigeants de cette organisation islamiste de quitter le pays dans un délai d’une semaine. Cette information a été divulguée par l’agence turque Anadolu (Anatolie) à partir de sources internes de l’organisation des Frères Musulmans d’Égypte.

La décision prise par les Qataris a été une surprise pour les Frères. Ils s’attendent maintenant à ce que le nombre de ceux qui quitteront volontairement le Qatar augmente.

Les Frères Musulmans attribuent ce comportement du Qatar à la dégradation des relations entre les pays du Golfe, notamment parce que Doha a accueilli plusieurs de leurs chefs ayant fui l’Égypte. Il faut rappeler que des États du Golfe ont retiré leurs ambassadeurs au Qatar en signe de protestation contre le soutien du Qatar à l’organisation islamiste, interdite en Égypte et dans certains pays du Golfe. L’Arabie Saoudite ainsi que les Émirats avaient conditionné la reprise des relations normales avec le Qatar à l’arrêt de ce soutien.

Certains observateurs pensent que cette expulsion est plus tactique que stratégique car cette décision qui ne concerne qu’un nombre limité de dirigeants permet au Qatar de changer son image et de retrouver une virginité, comme les houris du paradis, alors qu’il ne rompt pas totalement avec les Frères Musulmans.

La fille de Khayrat al-Shâter, premier adjoint du Guide Suprême des Frères Musulmans qui vient d’être expulsée du Qatar, a déclaré : « Celui qui s’attache à un endroit ou à des personnes doit réviser sa position. Il nous suffit qu’Allah témoigne qu’ils [les Frères Musulmans] ont été chassés alors qu’ils étaient sur la voie d’élever Sa loi et qu’on leur a fait la guerre parce qu’ils œuvraient à la victoire de sa charia. Allah, soyez témoin ! ».

Un autre dirigeant expulsé, Hanî Mahmoud, a déclaré : « Maudite soit  la politique du Qatar, elle a exécuté des ordres pour calmer l’atmosphère et pour combattre Da’ech ».

A son tour, Abou ‘Ubaida al-Moulatham, fustige le Qatar : « Le Qatar est le fondement de toute trahison depuis le temps du grand Prince qui a trahi son père et l’a emprisonné pour rester lui-même sur le trône. Vous n’avez qu’Allah, ô Frères, ô Musulmans ».

D’autres commentaires fusent sur les réseaux sociaux, du style « la politique ne connaît que ses propres intérêts ».

Un des dirigeants expulsés du Qatar, Omar Drage, a déclaré que l’organisation s’apprête à transférer le siège de ses directions hors du Qatar. Mais où ? Reste, en effet, à cette organisation à trouver un autre pays complice pour recevoir ses dirigeants et poursuivre ses activités politiques. Londres avait abrité récemment un « congrès » des Frères Musulmans évincés d’Égypte, mais compte tenu des mesures récentes prises par Cameron pour freiner les activités des islamistes au Royaume-Uni, il est fort probable qu’ils ne seront pas accueillis à bras ouverts à Londres. Que reste-t-il comme pays complices suffisamment lâches pour les accepter ?

Espérons que la France ne sera pas de ceux-là et qu’elle suivra, pour une fois, l’exemple du Qatar en mettant fin sur son sol à toute activité des Frères Musulmans (UOIF) ainsi qu’à toute activité des  salafistes. Car Frères et salafistes sévissent dans les mosquées de nos banlieues, endoctrinent et poussent au radicalisme puis au jihadisme la jeunesse musulmane de nos zones de non-droit. Ce sont les membres de ces associations fondamentalistes qui ont brandi des drapeaux de l’État Islamique et d’al-Qaeda, place de la République à Paris et ailleurs, lors des manifestations pro-Gaza, pour clamer leur soutien au nouveau califat.

C’est ce califat, intolérant et sanguinaire, que la France, dans la future coalition, va combattre au Proche-Orient. Allons-nous, pendant ce temps, abriter dans nos murs les partisans à ce califat ?

Bernard Dick

(1) La présence des Frères Musulmans au Qatar s’est échelonnée en plusieurs vagues :

La première fait suite au grave conflit en Égypte entre Nasser et les Frères musulmans dans les années 50 du siècle dernier.

La seconde survient en Syrie après le coup d’état manqué contre Assad (père) par les Frères en 1982.

La troisième vague provient d’Arabie Saoudite, dans les années 90. Elle atteint son apogée suite au 11 septembre 2001. Cette vague a été précédée par l’arrivée d’Algérie de ‘Abbassi Madani et ses acolytes du FIS (Front Islamique du Salut).

La quatrième vague suit l’expulsion de Jordanie des dirigeants de Hamas (Frères Musulmans), puis la fermeture des bureaux de Hamas en Syrie en 2011.

Enfin, la dernière vague succède la destitution du président Morsi (30/06/2013) et à la fuite vers le Qatar de certains dirigeants.

Il faut rappeler que les Frères Musulmans ont réussi à infiltrer le Qatar à tous les niveaux : religion, prosélytisme, enseignement, société. Ils sont même arrivés à s’octroyer un rôle politique en créant le ministère de l’Éducation, en organisant les programmes éducatifs et en choisissant le corps enseignant.

Le soutien qatari aux Frères Musulmans leur a donc assuré une couverture médiatique, il leur a permis de réaliser leurs rêves et d’appliquer leur stratégie dans la région, en Europe et aux États-Unis où ils sont bien implantés.

Au 13/09/2014

Nombre d’attaques terroristes islamistes mortelles

TERRORISME 23803 ATTAQUES-13-09-2014

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