Les frontières font nation et la nation fait frontières

Publié le 19 novembre 2020 - par - 6 commentaires - 435 vues

La nation unit les Français par la langue et la culture, on distingue alors deux aspects de la nation : l’aspect éclairé des Lumières et l’aspect traditionnel. Elle forme un groupe d’individus, unis par une même nationalité et des mêmes lois. On ne se forme point sur le droit du sol, sur les liens familiaux ou de l’ethnie, sur la terre, mais par l’envie d’appartenir à une communauté, de s’assimiler et d’adhérer aux idées fondatrices de la Cité. C’est une construction et une volonté. On désigne ici les citoyens qui décident de fouler un chemin unique défini par des principes clairs.

Plusieurs penseurs et philosophes donneront une définition de la nation et de la communauté nationale. On ne naît pas membre du groupe, on le devient et on peut cesser d’en être membre à condition de ne pas vivre à ses côtés. La nation dépend alors du plan d’avenir manifesté par ses membres. Ernest Renan, Qu’est-ce qu’une nation ? : « Ce qui constitue une nation, ce n’est pas de parler la même langue, ou d’appartenir à un groupe ethnographique commun, c’est d’avoir fait ensemble de grandes choses dans le passé et de vouloir en faire encore dans l’avenir. » Comme vous l’avez deviné, la nation traditionnelle s’oppose à celle des Lumières. Elle est un cercle fermé, ethnocentré, se basant uniquement sur les liens du sang, une Histoire glorieuse, unifié par une même langue et des mêmes origines. Bien qu’elle suscite des critiques, elle renvoie un génie, un esprit commun qui donne les bases d’une identité et d’une définition. La nation traditionnelle se rattache directement à l’intelligence, à la culture et à la littérature d’une époque. La nation détermine la vie individuelle et la vie collective ; elle trouve en son sein des vies et des personnalités multiples. Un lien fusionnel se tisse entre la nation et l’individu. Un homme qui défend sa patrie valorise les êtres humains. Il les rend capables et non incapables.

L’État-nation permet l’émancipation des individus : il est la continuité spontané de l’Histoire. La langue française est parlée en dehors de son territoire originel et les traditionalistes défendent une nation authentique, unie par la langue, la nationalité et les coutumes. L’élégance des coutumes est nécessaire à la préservation d’une culture et actuellement, seule la royauté a su maintenir une culture et des coutumes. La nation qui se conserve est souveraine, reine et dispose d’une face originale, érige ses lois et ses comportements. L’État représente une liaison entre les descendants et les ancêtres. Sans liaison, l’identité s’évapore et est totalement détruite par des mentalités qui lui sont étrangères. Les frontières font nation et la nation fait frontières. La souveraineté est l’une des notions les plus importantes d’une nation pour ne pas dire la plus importante. Elle est plus forte que le pouvoir puisqu’elle en est de facto la représentation ultime. Sans souveraineté, un pays est voué à l’échec ; ce dernier ne connaissant pas une force égale et incapable de rester stable à cause d’un manque de pouvoir intérieur et extérieur.

Les projets anti-souverainistes menés depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale essaient de faire croire que le pouvoir et la souveraineté ne sont pas liées. Sous la plume d’Hannah Arendt, il est déjà question d’un « phénomène mort ». En réalité, la déformation de philosophies politiques fondamentales a pour but de tourner en ridicule quiconque ferait l’apologie de sa nation et de forcer le passage à des nouveautés non désirées. Le chef est autorisé à gouverner si et seulement s’il respecte la souveraineté. Le contrôle est détenu par une seule autorité à laquelle on se réfère.

Hassan Ejaaibi

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Notifiez de
Patapon

Mitterrand,qui fut de droite nationaliste dans sa jeunesse ,a ose proferer cet aphorisme imbécile,sans cesse repris par une gauche psittaciste:”La Nation,c’ est la guerre” …

Paskal

“Les frontières font nation et la nation fait frontières”
Pas obligatoirement. Des frontières coupent en deux le Pays Basque, la Catalogne, la Flandre, la Corée. Le Kurdistan est coupé en quatre. La RDA n’était pas une nation.

mat blendel

Admirable définition de ce mot ‘NATION’ , perdue effectivement à présent dans le marasme et la volonté outrageuse de tous ceux( et si nombreux ) qui veulent s’en servir pour l’anéantir …Bravo à vous ‘Apostat’ qui de par votre vraie liberté d’ésprit nous donne en la circonstance de votre article un vrai bilan de notre réalité .Merci vraiment

Patapon

Renan définit ainsi la Nation: reunion d ‘ individus occupant un même territoire qui ont une histoire commune et le commun désir de la continuer tous ensemble.

patphil

le gars hérou qui fait traverser les migrants est célébré par les “valeurs de la république”

Patapon

Herrou ,c’est l’ absolue anti France, l’ archétype de ce qu’ il faut combattre sans pitié.

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