Les gauchos reprochent au SO de la CGT de les empêcher de tout casser !

Dans les manifestations de la gauche et de l’extrême-gauche depuis les années 1970 existe la notion d’appariteurs. Dénoncés par Coluche en 1975 ou par les militants des Manifs pour Tous (où il y avait aussi des casseurs, très minoritaires cependant par rapport aux centaines de milliers de manifestants), elle est à nouveau sur toutes les bouches au sein des services d’ordre depuis le début des mouvements contre la Loi Travail il y a deux ans.

La notion d’appariteurs permet d’effacer les exactions de l’extrême-gauche violente ou les razzias perpétrées par leurs supplétifs des cités. Bien pratique pour les mouvements syndicaux, qui peuvent éviter ainsi une remise en cause, même partielle, de leur mouvement. Pourtant un événement survenu lors de la manifestation du 12 septembre dernier à Paris – qui a donné lieu à des violences, comme à Nantes, Lyon, Marseille ou Toulouse – remet en cause brutalement ce mythe.

Le service d’ordre de la CGT contre les casseurs

En effet nous avons mis la main sur un membre du service d’ordre (SO) CGT de la manifestation – qui est au SO depuis des années. « Nous, notre objectif, c’est que la manifestation se passe bien », résume-t-il. « C’est à dire dans l’ordre. Parce que la majeure partie des manifestants ne sont pas là pour se prendre des pavés et de la lacrymo, et parce que la casse dessert nos revendications ». Il s’agit notamment de faire la chasse aux perturbateurs – qui peuvent emmener la manifestation sur un parcours sauvage – et aux casseurs. « Généralement, si on en voit un qui commence à casser, on le chope et on le file aux flics, en lui précisant que cette fois on l’a à l’œil. Il n’a rien à faire là ». Et s’il revient ? « Là, on l’aura repéré, et avant de le filer aux flics on va lui faire comprendre de ne plus revenir. Physiquement ».

Ce mardi là, « avec les camarades, on a vu ce qu’on appelle des appariteurs. Des casseurs professionnels quoi. Très mobiles, habillés de noir, toujours en petits groupes. Ils sont venus avec plusieurs voitures blanches, pour repartir dans d’autres voitures rouges. A la fin de la manifestation, on a réussi à en encercler cinq et à les choper ». Dans leurs sacs, une découverte intéressante : « des boules de pétanque avec des clous soudés dessus. C’est sûr qu’on n’a pas affaire à des gens qui viennent à la manif dans l’idée de choper un pavé et de le balancer. Ce sont des casseurs qui ont minutieusement prévu leur coup et se sont préparés ».

Une mystérieuse agression et beaucoup de coïncidences troublantes

Deux jours plus tard, sur un site de la mouvance d’extrême-gauche sort un communiqué dénonçant une « agression sexiste » dans la manifestation parisienne du 12. De la part du… service d’ordre CGT. Nombre de victimes : cinq. Tiens, tiens. Et il s’agirait de féministes : pile comme à Nantes, où les casseurs les plus virulents, ceux qui ont repeint le mur de la Préfecture et balancé nombre de projectiles sur la police, qui s’en sont pris aussi à plusieurs journalistes… se réclamaient eux (elles) aussi d’un mystérieux collectif féministe, inconnu localement.

Le communiqué larmoyant commence par « Ce mardi 12 septembre, lors de la manifestation parisienne contre la loi travail XXL, des membres du service d’ordre (SO) de la CGT ont agressé des militantes féministes. L’une d’entre elles a fini aux urgence, avec des contusions à la tête, un cocard (contusions avec hématomes de la pommettes à l’arcade) et une entorse au poignet gauche. Chacune d’entre elles souffre de multiples contusion et hématomes ».

Toujours cette inclination, pour les militants d’extrême-gauche pris en faute, quelle que soit la gravité des faits, de reprendre la main sur le récit et de diffuser leur version, urbi et orbi. Suit une longue description du tabassage en règle commis soi-disant par le SO, et ce dans « l’absence totale de réactions des manifestants face à cette scène ». Ce qui ne peut pas ne pas interroger : soit les faits allégués sont faux, soit les tabassé(e)s avaient peut-être quelque chose à se reprocher.

D’ailleurs, un cégétiste s’est insurgé sur ce même site d’ultra-gauche au sujet de cette affaire, peu après : « il est impensable que des camarades n’aient pas réagi immédiatement à cette ignoble agression. Et notamment les copines de la CGT, dont environ 95% ont le féminisme à fleur de peau, et réagissent toujours très rapidement, notamment aux propos sexistes ». Conclusion logique pour ce militant : « cet événement est bien étrange ou alors c’est le récit qui est bien étrange ».

Cependant, cette réaction, loin de calmer les choses, les a envenimées puisque les militants autonomes, proches des casseurs et anti-syndicaux, se sont largement attaqués à la CGT. Ainsi, l’un d’eux écrit carrément : « il faudrait que la CGT ait peur de s’afficher en tant que telle en manif, qu’ils se fassent systématiquement bousculer, qu’on leur dise de dégager, qu’ils se prennent des oeufs pourris, des pétards, et tout ce qu’il faudra pour les dissuader de venir fliquer les manifs de l’intérieur ». Un autre – qui d’ailleurs semble une autre, qui jette au passage tous les « mecs » avec le service d’ordre de la CGT – abonde : « Tout le monde sait que le SO de la CGT, c’est comme des fafs dans nos cortège ».

Certains autonomes n’ont d’ailleurs pas hésité à attaquer le service d’ordre de la CGT qui les empêchait de casser. Ainsi, le 12 mai 2016 – dans un compte-rendu sur un média local proche de leur mouvance – « sur le boulevard des Invalides, alors que les affrontements avec les flics se répétaient, le SO a tenté d’agresser la tête de manif », dominée alors par des black blocks qui cassaient et s’en prenaient à la police. « Ils nous font même deux magnifiques charges, rapidement repoussées par des contre-charges bien dynamiques aux cris de « Flics, SO, même combat ! ». Armés et d’une brutalité digne de leur histoire, ils se prennent une pluie de bouteilles, de poubelles et autres projectiles » de la part des autonomes, « tout du long de l’avenue de Villars, jusqu’à la place Vauban (face à l’Hôtel des Invalides) ». Le service d’ordre a dû finalement se réfugier derrière la police anti-émeute.

D’après un témoin les féministes ont agressé délibérément le SO de la CGT

Entre-temps, une autre version des faits a émergé, de la part d’un manifestant présent lors des faits : « Cinq filles sur le coté provoquent le SO CGT sur le mode « SO Fachos Flics collabos ». On peut comprendre que ça les chauffe quand ils ne font rien de particulier. Un membre du SO, pas très fin certes dit à une des filles « montre moi ta chatte plutôt ». Alors une des filles s’approche de lui et lui fout un poing dans la gueule. Lui n’a pas fait de sexisme puisqu’il lui en a collé un autre. Sur ceux les copines de la fille interviennent et s’ensuit une rapide altercation ou le SO a mis trois filles à terre, les deux autres restant en retrait et n’intervenant pas ».

Conclusion pour un autre militant autonome qui commente : « il s’agit bien d’une agression sexiste » puisque le membre du SO de la CGT agressé par une militante autonome a eu le malheur de répliquer, et « depuis quand les manifestantes devraient-elles rester douces et polies avec les porcs du SO de la CGT ? ». Voilà un bel aperçu de la logique en cours au sein de l’ultra-gauche, ou plutôt de son absence.

Après quoi le débat part en sucette – rien d’étonnant – la modération intervient pour effacer – elle dit « cacher » – tous les commentaires opposés à la ligne anarchiste autonome du site et cela finit par dégoûter ceux qui essayaient encore de défendre la CGT. L’un d’eux s’en va avec ces paroles : « finalement je vais arrêter de lire indymédia, j’y lit les mêmes merdes contre la CGT que sur les sites de fachos.Ça vous fait chier les ouvriers, ça pue et c’est pas intelligent comme vos petits diants diants qui finiront DRH ». Cruel, mais juste.

Emmanuel Goldstein

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15 Commentaires

  1. j’ai toujours pensé que tant que nous aurons la gauche, quelle qu’elle soit, nous ne nous en sortirons pas ! la gauche, il y a plus de 200 ans qu’elle saccage la France ! physiquement, spirituellement, psychologiquement, moralement et j’en passe ! c’est la gauche qu’il faut éradiquer, point ! sinon, elle nous ressortira la guillotine et les massacres (de septembre 1792!) les boules de pétanque cloutées prouvent que ces décérébrés sont prêts à tout ! même à aider nos pires ennemis : les musulmans ! quant aux féministes…ce ne sont pas des femmes ce sont des femelles de la pire espèce !

  2. Voilà bien le Féminisme ! Elles se veulent l’égale des Hommes.
    On les touche en Manif ? Sexisme !
    On ne leur tient pas la porte, elles paient addition ? Sexisme !
    Je m’arrête, pour ne pas.. déborder !
    On aime les vraies Femmes, mais pas Elles !

  3. Les féministes ,comme toujours réagiront sur la grammaire, s’élevant sur le fait que coquard soit au masculin parce que plus fort et entorse plus légère du genre féminin!!!.

    • c’est vrai ça ,les syndicats auraient pas passer un deal avec les assureurs des fois , genre enveloppe bien garnie apres un resteau ?,

  4. ça me fait penser aux antagonistes musulmans-modérés/musulmans radicaux ; ils cultivent la même politique, votent pareil, sauf que les modérés pc-cgt veulent le pouvoir par les urnes, pacifiquement, tandis que l’ultra gauche est là pour « faire » accélérer le processus d’engagement.

  5. Les SA du système sont là et organisés pour détruire et semer le chaos favorable au
    système comme jadis en Allemagne pré-nazie. Ces SA deviendront comme leurs costumes noirs le disent les prochains SS du système, manipulés par un KGB nouveau
    et occidental..pour le plus grand bien des capitalistes au pouvoir.. Ils
    contribuent au grand remplacement (ils sont islamo-kollabos) prévu par la caste dominante…en semant la violence et immobilisant la police, désarmée par des patrons et par les juges…

  6. Militant CGT départemental durant 25 ans, je confirme tout ce qu’écrit Mr E.Goldstein.
    Et encore les gauchistes LCR, LCI et autres anars décervelés avec qui nous nous colletions il y a 30 ans étaient de gentils « idiots utiles « , pas encore islamo-compatibles.
    Après ce constat d’observateur impartial, une question vient immédiatement à l’esprit:
    « Qui a intérêt à nuire à l’image des travailleurs qui défendent leurs intérêts?
    « Qui a intérêt à les empêcher de revendiquer contre le grand patronat multinational?
    « Qui a intérêt à dévoyer l’exaspération populaire sur les travailleurs au sens large, alors qu’elle s’exerçait justement contre des exécutifs impopulaires »?
    Cabinets noirs à la manœuvre! Les « objets » saisis sur les « néofas » et leurs « méthodes dévoilent leurs commanditaires.

      • Merci André Léo et bravo pour votre magnifique explication.

        Ces gens ne sont que des fils de bourgeois qui finiront comme les gens de Libé ou du Monde au service de l’idéologie des banques.

        Regardez les gens qui ont foutu le feu à la voiture de police : Antonin Bernanos et Cie.

        De sinistres imposteurs.

  7. Ha ha ! Paix et amour chez les gôôôchistes porteurs de valises .
    La cégété sans-frontièriste et autres nantifas fascistes n’ont qu’à demander à didier gautier-sauvagnac comment « fluidifier » le dialogue social.

  8. les SO font quand même du bon boulot …mais si par exemple le dps du FN fait la même chose alors là c’est plus pareil .; c’est le gros scandale dans les merdias..

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