Les Gilets jaunes : prémices de la démocratie anarchiste de demain

Publié le 2 mars 2019 - par - 3 commentaires - 702 vues
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Leurs manifestations qui se succèdent depuis plus de trois mois signifient qu’il y a marginalisation d’une grande partie du peuple, ce peuple des déshérités qu’ils sont. Elles signifient donc en toute logique la faillite de ce que la bien-pensance au pouvoir mais aussi hors pouvoir, appelle la démocratie. Elles signifient que le système de la représentation, trop sclérosé dans l’armature rigide des partis politiques totalement ignorants des réalités quotidiennes, ne répond plus. La machine est en panne parce qu’elle a rompu depuis longtemps et de son propre chef d’ailleurs, les liens avec le peuple, si toutefois elle les avait tissés auparavant.

Le mouvement des Gilets jaunes signe la fin de la verticalité en politique : le haut on s’en fout complètement et il nous nuit parce que désormais, il nous pompe l’air et toujours un peu plus. De l’air, justement, c’est ce qu’on veut, sans entraves, sans contraintes avec un horizon que rien ne bouche, pas de relief, une vue totale pleine de lumière vive et éclairante de la vie. Le mouvement des Gilets jaunes, c’est la fin de l’infantilisme du peuple décrété il y a plus de deux siècles par le système représentatif, ce système qui, irrespectueux de la personne, décide que seule une clique soi-disant intelligente est à même de diriger les affaires du pays parce que tout le reste des femmes et des hommes n’est constitué que d’ ignares imbéciles. Le mouvement des Gilets jaunes signifie – et même si son expression arrive parfois en pensées désordonnées – qu’il a justement et au contraire, une vraie maturité, une vraie clairvoyance. Son appel pressant à l’institutionnalisation du Ric, son refus ou sa mésentente interne à constituer une liste en vue des élections européennes de mai prochain, sont la volonté inconsciente mais forte pour une horizontalité politique. L’insistance qu’il a à se poursuivre chaque semaine sans réellement savoir quoi exactement construire mais en recherchant toutefois de nouvelles formes originales d’organisation de la vie en société, sont la preuve de la crainte qu’il a à être débordé par un pouvoir qui n’aspire qu’à son élimination, un pouvoir qui fait tout pour cela parce qu’il a bien compris en fait que le vent désormais était en train de tourner et bien sûr à son désavantage.

Nous sommes donc dans une période transitoire qui est l’agonie, vers la mort du système représentatif, celui des factions ! et l’éveil, l’émergence de la démocratie anarchiste, c’est à dire en fait de la démocratie tout court, celle qui dit que le tutorat c’est fini, que les millions et millions de femmes et d’hommes de ce monde ne sont pas d’affreux boiteux et qu’ils ne l’ont jamais été ! Le problème, c’est que la démocratie anarchiste ne pourra éclore que s’il y a effondrement de l’État qui est donc entre les mains d’une clique. Or, le rapport de forces, aujourd’hui, est encore en faveur de l’État. C’est donc à une diminution, à une réduction de l’État que le mouvement des Gilets jaunes doit s’employer. Il faut l’affaiblir toujours plus, d’ où la nécessaire continuation du mouvement. Il revient à celui-ci de réfléchir sur les moyens adéquats, des moyens pragmatiques. Il n’a pas de complexes à avoir puisque son dessein consiste à réduire jusqu’à la disparition totale, la confiscation du pouvoir politique par ledit État usurpateur. Il est dans le droit chemin. C’est de la pure justice, de la pure morale, même.

La démocratie anarchiste avec le mouvement des Gilets jaunes est un petit garçon qui va nécessairement grandir et qui bientôt va devenir un homme mûr dont la pleine maturité s’exprimera à travers les organisations multiples et originales qu’elle se donnera. Nécessairement, il va changer le rapport de forces avec l’État ! Ce sera alors le triomphe final de l’horizontalité. Les gouvernants de ce monde ne peuvent plus désormais dormir en paix. Ils ont déjà commencé à lâcher les ficelles. C’est là l’énergie nouvelle de l’histoire et leurs gesticulations colériques n’y feront rien.

Philippe Arnon

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Notifiez de
Mauvaisedent

Oui c’est bien. L’ESPOIR FAIT VIVRE LES IMBECILES.

le Franc

yes, j’aime bien le sigle « démocratie anarchiste participative » ; les imposteurs antifas n’ont plus qu’à dégager du paysage politique ; ils sont has-been !

Denys

Indéniablement il y a un fond d’anarchisme dans ce mouvement qui fait écho aux thèses de l’ultra gauche et faciliterait sa récupération de ce côté. La fin du primat de l’horizontalité politique ne signifie pas nécessairement la fin de la démocratie ni le début de l’anarchisme. Elle ne dit rien d’autre que la force des réseaux et notamment des réseaux sociaux à l’ère du digital. Les GAFA n’ont jamais été aussi puissants de leur côté.