Les guerres d’hier et de demain

La situation dramatique actuelle était-elle inévitable ? Certes pas, mais il me semble nécessaire de souligner chronologiquement les évènements qui se sont déroulés dans notre monde depuis une soixantaine d’années (1962) et que « les moins de 20 ans » ne pouvaient pas connaître…ni ceux de quarante ans non plus !

Ne revenons pas sur la seconde guerre mondiale 39/45, mais arrêtons-nous sur la création de l’OTAN par les Etats-Unis en 1949 mais devenue réellement opérationnelle en 1955, avec l’adhésion de l’Allemagne puis des autres nations.

Deux puissances se partageaient alors notre planète : les Etats-Unis et l’URSS, le reste du monde n’existait pas. C’était l’époque de la « guerre froide ».

En 1962 les « américains » décidaient d’annexer l’île de Cuba, conquise par le communiste Fidel Castro. L’URSS décidait alors d’y installer des forces armées et, surtout, 36 missiles nucléaires, à proximité donc des USA, afin de « contrer » les missiles nucléaires déployés justement par l’OTAN dans les pays frontaliers qui l’avaient rejointe.

A quelques minutes prés nous avons alors échappé à une troisième guerre mondiale et nucléaire et nous ne serions peut-être plus là pour en parler !

Au cours de ces « cinq dernières minutes », Kennedy et Kroutchev ont repris leur esprit et chacun est rentré chez soi.

1989, c’était la chute du mur de Berlin, la fin de l’URSS communiste et l’Allemagne de l’Est se fondait avec celle de l’Ouest. L’Europe et le monde respiraient.

C’est dans les quelques années qui ont suivi que tout s’est joué, ou plutôt, « que rien de s’est joué ».

En effet, l’Union Européenne aurait dû alors « ouvrir les bras » à la nouvelle Russie et l’intégrer dans son sein, au lieu de la mépriser et de la laisser à la porte, sous la pression des Etats-Unis, dont l’objectif majeur, à l’époque, était surtout de maintenir et de consolider l’OTAN et poursuivre sa mainmise sur l’Europe occidentale. Cette Europe qui, avec la Russie aurait pu devenir une troisième puissance mondiale et se passer de la protection américaine et de la montée en puissance de la Chine.

Dans un tel cas de figure, il aurait été fort possible d’ailleurs que Vladimir Poutine ne devienne jamais le « maître » du Kremlin en 2002 et ne menace pas la paix du monde aujourd’hui !

Après la fin de l’URSS, l’OTAN aurait dû être démembrée car la Russie, de l’époque, ne présentait plus le moindre danger « puisqu’elle aurait fait partie de l’UE, ainsi que tous les pays satellites, sans aucune nécessité d’une « protection américaine ».

Il n’y a plus un Kennedy ni un Kroutchev pour stopper l’escalade actuelle car, et permettez-moi de me montrer pessimiste, sur le manque de « jugeotte » des « Maîtres » qui dirigent le monde actuellement, je crains fort que « même une solution bâtarde », qui serait d’accepter quelques conditions de Poutine : la reconnaissance de l’occupation de la Crimée (et le levée des sanctions inutiles), le Donbass offert à la Russie, la démilitarisation de l’Ukraine, l’extermination du régiment nazi « Azov », et la non adhésion de l’Ukraine, de la Géorgie et de la Moldavie, à l’OTAN, et le respect des accords de Minsk, rien donc n’empêcherait Poutine de poursuivre les hostilités afin de s’emparer de toute la côte mer Noire et mer Azov, du Donbass et Marioupol   jusqu’à Odessa.

Il s’agit-là, dans l’immédiat, de son objectif principal.

Cette guerre nous fait oublier totalement les autres dangers qui nous menacent : l’Islam, la Turquie, le nucléaire iranien, la Corée du Nord, la Chine et Taïwan et j’en passe, comme la Covid qui a disparu de nos écrans et de nos peurs.

Et toutes ces réflexions, à la condition qu’une « maladresse » internationale ne provoque une déflagration mondiale, qui peut se produire à toute heure.

Puisque j’en suis au stade des réflexions, l’une d’elles m’interpelle : le réarmement de l’Allemagne, la reconstruction d’une force militaire, avec les moyens financiers et techniques qu’elle dispose, c’est « bizarre » mais je ne peux m’empêcher de penser à 14/18 et 39/45 !

Mais il est vrai que nous avons changé d’époque : il n’y aura plus des millions de morts de soldats qui s’affrontent sur le terrain, cela « c’était avant ! », mais la destruction totale d’un pays en quelques minutes et peut-être même d’un continent en quelques heures ! Cela sera, peut-être « demain ».

Manuel Gomez

 

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1 Commentaire

  1. cette fois ci les pauvres pioupious russes et ukrainiens vont payer le prix du sang et nous on va payer cash (après la présidentielle) la flambée des prix

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