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Les habitants des Tarterêts jugés trop « fragiles » pour accueillir les migrants

Dans son édition du 7 juillet, on pouvait lire dans le Parisien qu’une centaine de clandestins âgés de 18 à 30 ans, sur les 3 000 évacués de la Porte de la Chapelle à Paris, venaient d’arriver au gymnase Nicolas-Billiault de Dourdan réquisitionné par la Préfecture. Il faut croire que le comptage est un exercice difficile puisque la mairie de Dourdan fournit, elle, le nombre de 70 migrants.

Sur le site de la mairie, on apprend que l’association EHD (Entreprendre pour Humaniser la Dépendance), via Lionel Pourtau responsable du site, chercherait des solutions pour ces migrants accueillis temporairement et pour qui ont été achetés des lits de camp et des kits d’hygiène, en plus de la fourniture de repas quotidiens. Pour tromper l’ennui, ces derniers jouent au football, au basket, font de la musique, du taekwondo.

« Nous allons leur expliquer les démarches à effectuer pour obtenir le statut de réfugié » a expliqué Lionel Pourtau. Et comment faire venir toute leur famille aussi ?

Ces hommes dans la force de l’âge – car comme toujours, les femmes sont restées dans le pays estimé dangereux – sont de nationalités diverses, dont la kenyane. Le Kenya serait donc en guerre, première nouvelle ! Selon le EHD, il ne resterait ce jour qu’une « grosse vingtaine » de clandestins. Mieux vaut ne pas demander où sont passés les autres…

« Nous avons été avertis il y a quelques jours que le gymnase avait été choisi. Je n’avais pas autorité à refuser », a justifié Maryvonne Boquet, maire socialiste de Dourdan. Autrement dit, la consultation des habitants n’a pas été jugée indispensable. On veut bien qu’ils s’acquittent de leurs impôts mais pas qu’ils aient leur mot à dire sur l’usage qui en est fait. En même temps, ils ont voté pour le parti rose, tant pis pour eux.

Mme Boquet s’empresse de se donner bonne conscience : « on ne peut pas rester indifférent quand on voit tous ces jeunes. Il fallait faire quelque chose ». Et quand des millions d’autres les rejoindront, il faudra faire quoi d’autre encore ?

Entre le moment où ils ont quitté la Porte de la Chapelle et celui où on les a transportés à Dourdan, les clandestins ont tout de même fait un court séjour d’une semaine dans le gymnase des Hauts Tarterêts à Corbeil-Essonnes.

Les transférer du cloaque des Tarterêts au paisible raffinement de Dourdan, ce n’est pas rien.

La réputation des Tarterêts n’est plus à faire, à tel point que des rappeurs ont surnommé leur cité « le zoo ». Car les Tarterêts ce sont les rappeurs, les bandes de racailles, les agressions, les incivilités, le trafic de drogue particulièrement réputé, les viols, les tabassages de flics et de pompiers… L’une des rues de la cité a été rebaptisée par la police « la rue de la Mort ».

Dans ce quartier, décrit comme replié sur lui-même où toute personne étrangère est aussitôt repérée, le logement social HLM y est de 63% par rapport à Corbeil-Essonnes. Il détient de plus le triste record du plus grand nombre d’agressions sur les forces de l’ordre en France, à tel point qu’une brigade de racailles à été créée afin de lutter contre les contrôles de police, la BAFT (Brigade Anti Flics des Tarterêts).

Population « fragile » des Tarterêts

Ville de naissance d’Hugues Capet, Dourdan c’est au contraire la France, la vraie, l’originelle, celle qui crée. C’est le terroir ancestral avec ses vieilles pierres, son château du XIIIe siècle, sa population française d’origine bien éduquée, sa fête médiévale, sa superficie à 80 % rurale où les faits divers s’y comptent sur seulement deux doigts de la main avec un malheureux gérant de bar braqué en 2012 et un ouvrier blessé au doigt par sa perceuse.

La préfecture a justifié ce changement géographique en stigmatisant la population des Tarterêts, la qualifiant de « trop fragile » pour cohabiter et la jugeant inapte à appliquer le merveilleux vivre ensemble républicain. Serait-ce une façon diplomate de dire qu’elle serait hostile aux nouveaux arrivants forcément repérés et, qui sait, peut-être mis en danger ?

« J’ai cru comprendre qu’il y avait quelques tensions là-bas. Ici (à Dourdan), cela se passe très bien avec les riverains » a confirmé l’EHD.

Aux dires des musulmans fréquentant la mosquée, ces allégations seraient complètement fausses. Les clandestins auraient au contraire été accueillis à bras ouverts, ce que les intéressés semblent confirmer en évoquant des dons de packs d’eau et de vêtements. Un homme originaire du Sénégal ne voit pas où il aurait pu y avoir des tensions puisque « de toute façon, nous sommes nombreux ici à être des immigrés ». Cependant, pour un autre « si les migrants restaient, à mon avis, il y aurait des embrouilles ». Comment savoir qui dit vrai ?

Du côté de la préfecture, la question a en tout cas été tranchée : ce sont les Français de souche nauséabonds qui devront accueillir les futurs astrophysiciens, ingénieurs et autres cerveaux exceptionnels plutôt que les immigrés des Tarterêts jugés incapables de s’enrichir : « ce quartier est un peu complexe pour accueillir des migrants, avec une population assez fragile. Il était plus opportun de les envoyer vers Dourdan, où la population est plus stable ».

Tenir de tels propos, n’est-ce pas un peu stigmatisant et un rien raciste, tout de même ?

Caroline Alamachère

http://www.leparisien.fr/essonne-91/dourdan-une-centaine-de-migrants-heberges-au-gymnase-07-07-2017-7118751.php

http://www.rue89.com/2011/06/10/la-police-aux-tarterets-au-mieux-on-nous-dit-encules-208603

https://www.mairie-dourdan.fr/actualites-sante-et-actions-sociales/2072-dourdan-accueille-une-centaine-de-migrants

http://www.leparisien.fr/corbeil-essonnes-91100/corbeil-essonnes-les-migrants-diriges-par-la-prefecture-vers-une-population-plus-stable-16-07-2017-7138050.php