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Les hommes meurent au combat, les femmes les pleurent…

De tout temps les hommes sont partis guerroyer. Durant les Croisades, tandis que les preux chevaliers partaient en Terre Sainte défendre la foi du Christ et la chrétienté, qui à votre avis gérait les semailles, faisait rentrer les moissons, organisait les marchés, ordonnait de sonner le tocsin et coordonnait la défense des châteaux et des villages qui en dépendaient face aux brigands et parfois aux attaques barbaresques régulières ?… les femmes ! Contrairement à ce que l’histoire officielle veut nous faire croire, les femmes du Moyen Âge avaient bien plus de droits et de liberté que nous n’en avons aujourd’hui et certaines n’hésitaient pas à combattre pour leurs terres et leurs enfants. Et qu’arrivait-il lorsque la dépouille de leur mari, de leur frère ou de leur fils leur était ramenée de Terre Sainte ? Elles le pleuraient tout simplement. Car c’était le seul choix qui leur était alloué.

À travers les siècles ces tragédies n’ont eu de cesse de se répéter, inlassablement. Je me souviens de ma grand-mère qui, se croyant à l’abri des regards, sortait discrètement la photo de son premier mari, tué par une balle allemande à 11 h le jour de l’Armistice. Enfant, je voyais les larmes couler encore sur ses joues et je m’éclipsais discrètement pour ne pas la déranger. Je me souviens de mon grand-père, gazé, grand blessé de guerre 14-18 dont il conservera les éclats d’obus jusqu’à sa mort tant il y en avait que le chirurgien n’avait pu tous les retirer, qui me disait enfant : « tu n’as qu’une vie, si tu la perds, personne ne te la rendra, aussi protège-là quoi qu’il arrive« . Je me souviens de ce cousin que j’adorais, bien plus âgé que moi, qui s’était engagé après son service militaire dans un corps de mercenaires, animé par cette même passion des armes que je partage. Mort brûlé vif du fait d’une fusée incendiaire alors que sa mission terminée, il rentrait tranquillement avec ses camarades. Qu’a-t-il pensé à ce moment-là ? A-t-il eu seulement le temps de se rendre compte de ce qu’il laissait derrière lui ? D’avoir des regrets ? Je ne le saurai jamais, mais je bénis le fait d’être née dotée de cette logique implacable qui, bien qu’étant une femme, m’a empêchée de poursuivre la même folie. Je me souviens de cet ami de longue date, lui aussi mercenaire, qui avait l’habitude de m’envoyer quelques lignes chaque année à Noël, fête ô combien précieuse à ses yeux, disparu sans laisser de traces en Côte d’Ivoire. Lui parmi d’autres car il y en a eu tant et tant…

Enfant, lorsque nous visitions les cimetières militaires dans le Nord de la France, je ne pouvais déjà m’empêcher de penser que tous ces hommes, ces « héros », étaient morts pour rien. Morts pour rien en effet, puisqu’aujourd’hui la France, leur France, qu’ils ont défendue et pour laquelle ils ont laissé leur vie, n’est plus qu’une « province » européenne vendue à l’Allemagne.

Ce matin, dans ses chroniques quotidiennes, Boris Karpov soulignait avec raison que « certains ont oublié que la Révolution dévore ses enfants » ! Mais il est dramatique de voir des hommes se faire dévorer par une Révolution générée par d’autres, dans des conflits qu’ils n’ont ni souhaités ni voulus.

Lorsque je vois actuellement les forces russes laisser leur vie dans une guerre alimentée sans scrupule par l’Europe et l’Amérique, je ne peux m’empêcher de me demander si Vladimir Poutine déclarait la « mobilisation générale » combien de nos amis de TVS24 qui nous héberge, et bien d’autres Russes, iraient risquer leur vie dans un conflit généré par les hommes de Davos et de Bilderberg. Des amis qui nous sont de fait physiquement inconnus mais qui, si la vie et la bêtise humaine n’en avaient décidé autrement, au-delà de la distance, pourraient le devenir réellement. Par la faute de l’Amérique et de l’Europe, ce conflit qui aurait pu se terminer rapidement, évitant ainsi que des milliers d’hommes ne meurent au combat, s’éternise. Tuant encore et encore des Russes qui demandent seulement que l’on respecte leurs terres, leurs croyances et leur identité et qui laissent derrière eux des veuves et des orphelins.

Alors, si l’armée russe veut se rendre utile, le plus simple serait d’éradiquer la tête du serpent formée par Zelensky, Macron et Von der Leyen. Une fois cela fait, peut-être… peut-être qu’enfin… les femmes cesseront pour un temps de pleurer leurs morts !

Valérie Bérenger