Les individus peuvent s’intégrer, pas les cultures !

Il ne peut y avoir de vivre humain qu’ensemble : l’homme sans les hommes n’existe pas. Pourquoi donc prêcher le vivre-ensemble ? Ne va-t-il pas de soi ?

Le problème, c’est  qu’en «allant de soi», il «va tout seul», sans garde-fous, ce qui pose problème. La «différence» en est la cause. Qu’il s’agisse de race, de sexe, de niveau de vie ou de culture, les hommes ne se supportent guère. Pourtant, le métissage est une réalité. Pourtant, l’adéquation amoureuse se rencontre. Pourtant, l’égalisation des niveaux de vie est possible. Mais ça s’arrête là : le métissage culturel, l’adéquation culturelle, l’égalisation culturelle n’existent pas. Prétendre le contraire, c’est se situer au niveau du détail : tel ou tel aspect culturel peut être accepté par une autre culture, pourvu que le fondement de cette dernière ne soit pas altéré. Je peux manger avec des baguettes dans un restaurant chinois ou marcher avec des échasses pour le plaisir, tout en restant moi-même. Mais si je suis pour l’égalité des sexes, comment resterai-je moi-même en affirmant le contraire ?

Le problème n’est pas ici de savoir s’il faut être pour ou contre l’égalité des sexes, mais bien de savoir comment vivre ensemble, si, sur un même territoire, les uns disent qu’il y a égalité des sexes alors que les autres la contestent. Dois-je tenir cette égalité pour non négociable, ou dois-je la ranger dans la rubrique des «accommodements raisonnables» ? Et si je la range dans la rubrique des «accommodements raisonnables», en quoi cette égalité demeurera-t-elle une égalité ?

On l’aura compris : les différences de race, de sexe, de niveau de vie peuvent être surmontées ;  les différences culturelles ne le peuvent pas.

Or, ces dernières sont la clé des peuples, car c’est par elles que les peuples révèlent leur âme. Et s’il est vrai que nul ne doit trahir son âme, comment ne pas exiger de l’autre qu’il  respecte notre âme ? Comment donc ne pas exiger qu’il respecte notre culture, c’est-à-dire nos valeurs ? Mais en même temps, comment ne pas exiger le respect de l’âme de l’autre, c’est-à-dire de sa culture et de ses valeurs ? Comment faire, donc, sous un même toit, lorsque ces cultures et ses valeurs sont antinomiques  ?

La solution à ce problème n’est pas une vue de l’esprit. Elle est même concrète : ce sont les frontières. Mais aujourd’hui, les frontières n’ont pas bonne presse : c’est bien la preuve que nous n’avons plus la moindre retenue, car se bien tenir, c’est poser des limites.

Ce qui manque donc à la France et à l’Europe d’aujourd’hui, c’est la sagesse et le courage de nos aïeux : ces derniers ne se départaient jamais du bon sens, ce qui leur permettait de dire «non» quand il le fallait, et d’agir en conséquence !

Maurice Vidal

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