Les intégristes chrétiens font le jeu des islamistes et du CFCM

Publié le 31 octobre 2011 - par - 1 492 vues
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Cette semaine, nous avons constaté de nouvelles manifestations publiques et collectives d’expression religieuse, sans autorisation administrative, et une fois n’est pas coutume, elles provenaient cette fois-ci de mouvements revendiquant le catholicisme. Tout à la joie de pouvoir prétexter un blasphème, ces agitateurs ont occupé la place du Châtelet durant plusieurs soirs pour répandre leur propagande religieuse, relayée par les médias.

UNE  OFFENSIVE  CONTRE  LA  LIBERTE  D’EXPRESSION

Jouant de la victimisation usuellement employée par des mouvements islamiques, les intégristes chrétiens ont mobilisé jusqu’à 1500 personnes (chiffre de la police) lors de leur manifestation du samedi 29 octobre (1). Pendant plusieurs soirs, ils ont donc perturbé, et même interrompu la pièce de théâtre « Sur le concept du visage du fils de Dieu », jouée au Théâtre de la Ville. Par exemple, mercredi, des moinillons nasillant « christianophobie, ça suffit ! » ont balancé des boules puantes dans la salle. En une semaine, c’est ainsi 220 personnes qui ont été interpellées (2).

Violences devant le Théâtre de la Ville, octobre 2011

On a ainsi assisté à une opération rondement menée attentatoire à la liberté d’expression. La justice en a, pour le moment bien pris conscience, puisque 15 individus ont été déférées pour « entrave à la liberté d’expression ». Le ministre de la culture semble également bien réagir puisqu’il appuie cette justice qui a débouté par ailleurs une association qui demandait l’annulation du spectacle.

LES  CAUSES  DU  RETOUR  D’UN  INTEGRISME  CATHOLIQUE  DELIBEREMENT  OFFENSIF

Pour l’instant, l’institution républicaine semble bien résister à cette offensive de rétablir le délit de blasphème ; cependant une telle mobilisation ne s’était pas produite depuis l’automne 1930, lorsque des membres de l’extrême-droite de la Ligue des patriotes et de la Ligue anti-juive avaient saccagé le Studio 28, dans lequel était projeté le film surréaliste de Luis Bunuel, l’Âge d’or. Ils avaient maculé l’écran et lacéré des tableaux surréalistes exposés dans l’entrée du cinéma. Certes, à la différence d’aujourd’hui, les inquisiteurs étaient parvenus à leurs fins, puisque le préfet Chiappe fera interdire la projection.

Cependant après 1945, les intégristes faisaient profil bas et bien peu auraient pu penser dans les années 1980, qu’ils réussiraient à mobiliser autant une trentaine d’années plus tard. Face à des films qu’ils considéraient comme sacrilèges, comme le « Je vous salue, Marie » de JL. Godard en 1985, ils rassemblaient à peine quelques dizaines de personnes et étaient réduits à une situation défensive face à des contre-manifestants (3). En raison de ce faible nombre, certains encore plus extrémistes, dans le cas du film « La dernière tentation du Christ » de Scorsese, en octobre 1988, avaient incendié le cinéma Saint-Michel, blessant ainsi 14 personnes. Dans les deux cas, ils avaient été confrontés à une opprobre générale, qui les avait dissuadés de poursuivre leurs provocations.

Pourtant, il n’était pas difficile de se douter que, par la suite, l’Etat et la majorité des citoyens restant anesthésiés ou intimidés face aux revendications islamiques, les chrétiens les plus revendicatifs les imiteraient. Dans un de mes premiers articles pour Riposte Laïque, je précisais d’ailleurs cette inquiétude. A partir du moment où l’inertie de la République légitimait l’argument de victimisation invoqué par les musulmans, on laissait s’implanter une présence religieuse musulmane sur la voie publique, par le biais entre autres des foulétendards, des prières dans la rue, des entorses à la laïcité dans les entreprises ou les cantines. Cet abandon de l’espace civil aux expressions religieuses islamiques offrait malheureusement en même temps, la possibilité d’un réveil pour une contre-offensive catholique anti-laïque, au nom d’un soi-disant rééquilibrage.

Ce réveil est en train de se produire. Jouant de la victimisation, à l’image des principales organisations musulmanes, Alain Escada, secrétaire général de l’Institut Civitas, mouvement politique théocrate et grand animateur des événements de cette semaine, a beau jeu d’affirmer que « lorsqu’une parcelle musulmane ou juive d’un cimetière est profanée, tous les médias et toutes les autorités politiques s’en émeuvent. Mais [il n’y a] pas un mot pour rappeler que plus de 90% des profanations de cimetières commises en France concernent des tombes chrétiennes. Aucun journaliste ne signale que la majorité des lieux de culte profanés en France sont des lieux de culte chrétiens. »

Et il peut enchaîner bien d’autres exemples analogues : « Voyez aussi le monde de la publicité. On chercherait en vain au cours de ces dix dernières années une campagne publicitaire tournant en dérision un symbole religieux juif ou musulman. Mais les exemples abondent de publicités détournant de façon choquante des éléments propres à la foi catholique. » « Qu’une caricature choque la communauté musulmane et c’est le monde qui s’enflamme. Et […] cela s’accompagnera d’un consensus réprobateur de tout ce que l’on compte comme autorités morales, philosophes, journalistes, politiques, figures du show-biz et autres tenants de la bien-pensance. Mais que l’on se moque du Christ, que l’on insulte ce qu’il y a de plus sacré pour les chrétiens, que l’on offense les catholiques et voilà que l’on voudrait nous faire passer cela pour de l’art. » (4)

Ce mimétisme victimaire les pousse à calquer le concept d’islamophobie pour créer une christianophobie. Espérant bénéficier de la même mansuétude étatique et médiatique dont a bénéficié l’islam, un certain catholicisme joue la carte d’un droit communautariste religieux qui ne dit pas encore son nom. Si on agit ainsi vis-à-vis des musulmans, il faudra agir ainsi avec les catholiques. Ainsi du fait que de plus en plus de Français ont intériorisé qu’il ne faut pas blasphémer contre l’islam, ces catholiques militants espèrent capitaliser le même profit pour le catholicisme. L’opération effectuée contre le théâtre de la Ville cherche à concrétiser cet espoir.

LE  DISCOURS  INTEGRISTE  CONTRE  LA  LIBERTE  D’EXPRESSION

Le même discours moyen-âgeux que celui de nombreux musulmans est employé : la liberté d’expression doit respecter ce qui est sacré ; par l’existence de ce blasphème, les chrétiens ne seraient pas respectés ; ces pauvres souffreteux souffriraient d’une blessure de l’âme ; ils évoquent des rassemblement pour défendre l’honneur du Christ, etc. Respect, honneur ? Diantre, ces jouvenceaux vont nous souffleter pour nous convier à une joute chevaleresque !

En 2011, leur combat donquichotteresque pourrait prêter à sourire s’il ne portait atteinte à la liberté d’expression. La défense de celle-ci est au contraire un combat essentiel. En soi, la souillure d’un visage géant du Christ par ce qui fait penser à des excréments, écho de la souffrance de deux personnages, un vieillard incontinent et son fils qui le lave et le change, n’est pas forcément l’expression la plus fine d’une interrogation sur la condition humaine. Et Michel Onfray a raison de rappeler dans l’émission « on est pas couché » qu’il y a des méthodes plus intelligentes de s’opposer au christianisme. Mais il ne faut pas oublier en quoi les formulations les plus absurdes et les plus dénuées d’un sens apparent ont pu contribuer à la libération des esprits ; et à ce titre, les surréalistes (encore eux) ont joué un rôle essentiel.

De toute façon, il est hors de question d’interdire cette expression du metteur en scène. Nous assisterions là à un authentique rétablissement du délit de blasphème. Cela commencerait par la remise en cause de cette scène théâtrale que l’on peut considérer comme pitoyable, puis l’ambition venant, ces intégristes revendiqueraient l’interdiction d’autres pensées qu’ils jugeraient offensantes. Où s’arrêteraient alors leurs exigences ? A la mise à mort en raison d’un refus de s’incliner devant une procession, comme ce qui fût arrivé au chevalier François-Jean de La Barre en 1766 ?

Messieurs les intégristes catholiques, nous n’irons pas dans vos églises jeter des tomates sur les prêtres qui sermonneraient en menaçant des tourments de l’enfer les non chrétiens, même si la violence de ce discours aurait de quoi heurter la sensibilité de plus d’un individu sain. Moralement, nous sommes nombreux à condamner la violence de ce type de discours ; à tel point que certains chrétiens ont mis en doute que le Christ ait pu dire cela. En dépit de cela, vous êtes libres d’exprimer ce type d’opinion dans un édifice cultuel.

Mais par réciprocité, acceptez que d’autres puissent énoncer des idées contraires qui puissent même vous choquer, du moment qu’ils le font dans leur temple culturel qu’est un théâtre ; et dispensez-vous en guise d’arguments de leur jeter de l’huile de vidange et des œufs comme vous l’avez fait au théâtre de la Ville.

De plus rien ne vous empêche de ne pas assister à cette représentation théâtrale si elle ne vous convient pas. L’athée ne va pas surgir dans une église pour interrompre un édifice religieux. Donc abstenez-vous de surgir dans un théâtre, ce qui vous évitera de souffrir en vous retrouvant confronté à ce spectacle que vous jugez sordide. Si vous y étiez confronté dans la rue, et que vous ne puissiez vous abstenir de cette vision, on pourrait à la rigueur comprendre la sincérité de votre traumatisme. Mais à partir du moment où vous pouvez éviter cette confrontation, on ne comprend plus votre action, à moins qu’elle n’exprime tout simplement qu’une volonté de museler autrui, de le façonner à votre moule, ou plus simplement de purifier le monde dans une vision totalitaire.

MAIS  POUR  AUTANT  LA  LIBERTE  D’EXPRESSION  RELIGEUSE  N’EST  PAS  ABSOLUE

C’est justement pour éviter cette confrontation conflictuelle des différentes expressions religieuses et anti-religieuses, que l’esprit laïque français prône l’abstention de ces expressions dans l’espace civil. Comprenez que c’est pour vous protéger et que vous ne soyez pas soumis quotidiennement à des personnes porteuses de tee-shirt dont des inscriptions tourneraient en dérision les religions que la laïcité est la plus à même de maintenir la sérénité dans la société.

C’est pour cela qu’il faut juguler l’intrusion croissante des foulards islamiques sur la voie publique, avec les nombreux sous-entendus qu’ils expriment tels l’abomination de se nourrir de porc, sinon on devra envisager demain, par réciprocité de la liberté d’expression, demain qu’il sera possible à un individu de se promener avec un vêtement, dont l’inscription proclamerait par exemple : « Je mange du cochon, et Dieu, que c’est bon ! ». Et les athées, frustrés de ne pouvoir exprimer leurs propres convictions philosophiques, se vêtiront en faisant apparaître la mention « on vit mieux sans dieu ».

C’est ce que j’envisageais dans un argumentaire pour en finir avec le voile (5), prévoyant que certains qui sont chrétiens se demanderaient « et pourquoi pas nous ? » ;  nous les verrions alors réactualiser, avec une contemporanéité plus seyante, la mode de la croix brodée sur la tunique des croisés du Moyen-Age. Des camarades m’avaient alors dit que j’exagérais. Pourtant cette contestation intégriste catholique a été l’occasion, pour les manifestants de tendre de grandes croix bien ostensibles et d’effectuer dans la rue « des prières chantées par une foule agenouillée » (6) ; une première étape d’un programme pour un avenir médiéval. 1500 personnes cette semaine, n’y a-t-il pas un risque d’en retrouver 5000 ou 10000 dans quelques années ?

Comme le rappelle l’avis du Haut Conseil à l’Intégration (HCI), « la liberté de conscience, incluant bien entendu la liberté religieuse, ne doit pas être confondue avec la liberté d’expression religieuse qui, elle, ne saurait être absolue » (7). Certes si un quidam peut exprimer son appartenance à une religion ou à un parti politique, en se faisant reconnaître tel qu’il est, ses propos ou comportements d’ordre idéologique ne doivent être que très occasionnels et causer aucun trouble à l’entourage. Si cette expression est permanente sur la voie publique, elle exprime alors une propagande, à l’image de celles qui furent pratiquées dans les régimes totalitaires. Alors jouissez de votre droit d’expression religieuse dans les édifices cultuels et n’entravez pas la libre expression effectuée dans les espaces culturels.

UNE  HIERARCHIE  CATHOLIQUE  QUI  ENCOURAGE  LA  CONTESTATION

On pourra nous rétorquer que cela ne concerne qu’une minorité d’intégristes allumés. Rien n’est moins certain. La position de la hiérarchie catholique est plus qu’ambigüe dans cette affaire. Par bien des déclarations de ces représentants, elle encourage au contraire ce mouvement. Seul l’archevêque de Paris et président de la Conférence des évêques de France, le cardinal André Vingt-Trois, a condamné clairement les agissements d' »un groupuscule qui se réclame de l’Eglise catholique sans aucun mandat » et qui « fait de la foi un argument de violence » (1).

A l’inverse beaucoup trop d’évêques encouragent les agissements de Civitas. Ainsi, parmi bien d’autres, le porte-parole de la conférence des évêques de France, l’évêque Podvin, contredisant son président, « appelle les chrétiens à se mobiliser », tout en condamnant il est vrai « les violences perpétrées lors de récents spectacles ». « La liberté d’expression est sacrée ? Qu’elle respecte donc aussi ce qui est sacré ! » (8). Ainsi pour lui, tout propos sacré devrait échapper à une libre critique. Rappelons-lui  que la liberté, comme l’écrit le laïc tunisien Yadh Ben Achour, « ne consiste pas à se voir confronté aux idées inoffensives, mais à admettre [l’expression] des idées qui heurtent, choquent ou inquiètent. » (9) Nous faisant le coup du respect dû aux croyants et à leur foi, M. Podvin demande carrément aux citoyens d’ « interpeller leurs élus », une belle entorse aux principes de laïcité.

l'évêque Bernard Podvin veut que la liberté d'expression respecte ce qui est sacré

Bernard Nicolas Aubertin, archevêque de Tours, écrit à Civitas, pour « réprouver ces spectacles blasphématoires » et affirmer que « nous ne pouvons qu’encourager les chrétiens à faire part de leurs sentiments. » (10).  Marc Aillet, évêque de Bayonne, est encore plus inquiétant, percevant une « christianophobie ambiante, diligentée de près ou de loin par de secrètes officines » (11) ; il donne quitus aux responsables de Civitas  en leur écrivant qu’ « il est du devoir de chaque catholique de défendre le Christ et la sainte Eglise. Je vous encourage donc à servir cette noble cause ».

Cela fait beaucoup. Aussi lorsque le même M. Podvin conclut que « l’Eglise catholique en France n’est ni intégriste ni obscurantiste » (12), on peut émettre des doutes en ce qui concerne certains de ses hauts responsables.

L’ATTITUDE  SIMILAIRE  DE  L’EGLISE  CATHOLIQUE  ET  DU  CFCM  DOIT  RENFORCER  LA  COMBATIVITE  LAÏQUE  DE  NOS  RESPONSABLES  POLITIQUES

Cette stratégie de l’Eglise catholique rappelle celle du CFCM (Conseil français du culte musulman) lors de la polémique concernant les caricatures danoises de Mahomet. Tantôt, les membres du CFCM critiquaient les actes de violence commis à cette occasion, tantôt ils adoptaient la posture victimaire pour laisser entendre qu’il fallait comprendre les pauvres chéris fanatiques blessés dans leur âme par l’insoutenable offense commise contre leur croyance islamique.

On se souvient qu’alors des responsables politiques français s’étaient déculottés et étaient allés à Canossa, à l’image de Bertrand Delanoé qui dans une lettre à Dalil Boubakeur, responsable du CFCM, rendue publique, déclarait alors « se sentir proche des musulmans qui ont ressenti la caricature du prophète Mahomet comme une profanation » (13). C’est le même maire de Paris qui vient d’exprimer « sa « consternation » et son « inquiétude » face à ces tentatives de perturbation et prévenu que la Ville de Paris et le Théâtre de la Ville de Paris déposaient « systématiquement » plainte contre toute personne tentant d’empêcher les représentations de la pièce » (1).

Les intégristes catholiques ont tout de suite repéré cette position contradictoire du maire socialiste. Espérons donc que nos responsables politiques fassent dorénavant preuve de cohérence, concernant leurs positions sur l’exercice de la liberté d’expression. Il serait temps qu’ils comprennent qu’en faisant preuve de mansuétude à l’égard des revendications musulmanes dans l’espace social, civil, ils favorisent l’essor d’un intégrisme catholique et peut-être demain évangélique.

Il faut empêcher les intimidations des islamistes et du CFCM, afin d’empêcher également les offensives intégristes chrétiennes soutenues en partie par l’Eglise catholique, qui emboîtent le pas de ces islamistes. Il faut favoriser la possibilité pour les Français de se reconnaître une identité républicaine et nationale, comme avaient su le faire nos pères fondateurs de la III° République, et muscler la laïcité, sinon de plus en plus de Français se réfugieront malheureusement dans une identité religieuse non émancipatrice.

Jean Pavée

 

(1)               http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/10/29/97001-20111029FILWWW00475-manifestation-contre-la-christianophobie.php

(2)               http://www.lefigaro.fr/theatre/2011/10/26/03003-20111026ARTFIG00699-paris-des-violences-au-nom-du-christplace-du-chatelet.php

(3)               http://www.vodkaster.com/bonus-cinema/Nantes-manifestation-des-integristes-devant-le-cinema-qui-diffuse-le-film-de-Godard-215

(4)               http://www.civitas-institut.com/content/view/703/1/

(5)               http://ripostelaique.com/argumentaire-pour-en-finir-avec-le-voile-en-france.html

(6)               http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/10/30/97001-20111030FILWWW00110-rassemblement-d-integristes-a-paris.php

(7)               http://www.hci.gouv.fr/IMG/pdf/HCI-Avis-laicite-entreprise-pdf-2.pdf

(8)http://www.generation-benoitxvi.com/Golgota-picnic-le-coup-de-gueule.html

(9)Yadh Ben Achour « La deuxième fâtiha », p 57, éditions PUF, 2011

(10)http://francejeunessecivitas.hautetfort.com/archive/2011/10/14/spectacles-blasphematoires-mgr-aubertin-repond-a-civitas.html

(11)http://francejeunessecivitas.hautetfort.com/archive/2011/10/18/christianophobie-mgr-aillet-denonce-le-ro

(12)http://www.lemonde.fr/politique/article/2011/10/27/la-mouvance-integriste-cherche-sa-revanche_1594798_823448.html

(13)http://tempsreel.nouvelobs.com/medias/20060210.OBS5893/dalil-boubakeur-lanceun-appel-au-calme.html

 

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