Les lâchetés que la gauche doit dépasser… si elle veut gagner

Si la gauche veut avoir des chances de contribuer au redressement du pays, elle se doit, à nouveau, d’écouter le petit peuple et puis s’atteler à la résolution de nos problèmes quotidiens. Pour ce faire, elle doit renouer avec les fondamentaux qui font sa gloire et sa spécificité.
J’ai un faible pour la gauche parce que c’est d’elle que j’ai toujours espéré un peu plus de justice sociale, plus d’école républicaine, une école respectée et fidèle aux idéaux des hussards de la République, plus d’attachement à la laïcité et un soutien sans faille aux combats féministes. Ce sont ces combats fondamentaux qui nous ont permis et qui nous permettront de barrer la route à la droite et aux velléités des religions, toutes les religions, qui n’ont de cesse de remettre en question l’émancipation des corps (surtout des femmes), des esprits (surtout des faibles) et de la Cité (surtout dans des cités et quartiers fragilisés).
Mais depuis la fin de ce qu’on a appelé « La génération Mitterrand », la gauche me déçoit. Penchée sur ses petits calculs électoralistes qui, à plusieurs reprises, se sont révélés faux et perdants, elle continue de dénombrer et aider à multiplier les divisions de la droite en donnant du grain à moudre et en rajoutant de l’eau au moulin de l’extrême droite. Nous savons pourtant que le Front National -comme la bourse d’ailleurs- ne s’est jamais mieux porté que sous la gauche. Si ce petit jeu politicien pouvait marcher un certain temps, il a fini par nous asséner vingt deux gifles, à nous autres républicains français, de gauche comme de droite. C’était en 2002, année de la honte s’il en est, aussi bien pour la droite que pour la gauche.
Nous ne sommes pas au bout de nos peines et nous risquons pire si la gauche ne s’attèle pas, dès aujourd’hui, à la solution des problèmes auxquels elle rechigne depuis au moins deux décennies : il s’agit de l’immigration, de l’islam, de l’intégration, de l’insécurité et de l’identité nationale ; cinq i intimement liés sur lesquels la gauche n’a jamais voulu faire le point. Les cris d’indignation n’ont jamais rien résolu et ce sont ces questions qui constitueront le ciment pour une très probable union de la droite en 2012. Un pied de nez à la génération Mitterrand et un 10 mai 81 à l’envers !
On ne peut plus laisser le temps au temps. Il est grand temps que la gauche s’avoue quelques vérités et dise, enfin, aux immigrés, aux caïds et aux concitoyens musulmans leurs quatre vérités en face ! Ces derniers sont aujourd’hui majeurs et vaccinés. Il est révolu le temps où on pouvait les considérer uniquement comme victimes pour les mettre sous son aile (gauche). Ce mépris qui n’avoue pas son nom est devenu aujourd’hui un paternalisme totalement insupportable en plus d’être dépassé.
Pascal Hilout, né Mohamed
Rédacteur à Riposte Laïque
Co-auteur de
Les dessous du voile, 2009
Résistance républicaine, 2010
Editions Riposte Laïque

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