Les laïques vendômois ont une lucidité sur l'islam qui manque à nos politiques

Ce qu’a montré la conférence donnée le 18 novembre 2010 à Vendôme (41100) par Pascal Hilout et moi-même, dans le cadre du Comité Vendômois de Défense de la Laïcité, n’est pas autre chose que ce besoin bien français d’entendre des Français s’exprimer librement sur des sujets dits «sensibles». Personne n’interrompit ni n’invectiva qui que ce soit, tant la bouffée d’oxygène fut grande, et chacun savoura cette soirée comme si elle avait sonné à elle seule la fin du «sensible» auquel tente de nous assujettir depuis plus de vingt ans le politiquement correct.
C’est qu’il suffit qu’un sujet aborde la religion musulmane dans une perspective critique pour qu’il soit aussitôt qualifié de «sensible», autrement dit pour que la pensée la plus hardie replie ses ailes et que s’envole toute chance d’échange et d’élucidation. Or, jeudi soir, le sujet choisi appartenait précisément aux fameux sujets «sensibles» – puisqu’il avait pour titre «La République face aux communautarismes».
Nul n’ignore, en effet, la connotation islamique du mot «communautarismes», même orthographié au pluriel, comme ce fut le cas à Vendôme. Mais cela n’a point empêché cette soirée d’être celle de la liberté d’expression – que la France a su conquérir de haute lutte – et qui est comme un phare face à l’obscurantisme.

Non, les Français n’ont pas les yeux fermés ! Non, les Français n’ont pas renoncé à eux-mêmes ! Non, les Français ne veulent pas d’une religion – serait-ce le christianisme – en lieu et place de la République ! Oui, les Français sont laïques et féministes ! Oui, les Français aiment la France et la langue française ! Oui, les Français sont lucides, notamment sur tout ce qui concerne les rapports conflictuels entre l’islam et nos lois. Ils savent débusquer en ce domaine les couardises des politiques et, par suite, les entorses de la République à son endroit. Ils ne sont dupes de rien quant au défi que lance l’islam au monde occidental. Ils mesurent le danger axiologique que fait peser l’immigration musulmane sur l’Europe entière. Ils perçoivent le piège d’une culture cultuelle dont le message est temporel. Ils constatent l’entrisme de l’islam en terre non-musulmane. Ils sont conscients que l’islam renoue actuellement avec l’expansion agressive de ses origines.
Car l’islam n’a jamais renoncé aux ordres de conquête planétaire émis de toute éternité par Allah. Qu’il s’agisse de vêtements, de cérémonies, de rites, de préceptes alimentaires, de pratiques sexuelles, de finance ou de funérailles, l’islam demande toujours plus d’islam au reste du monde. C’est ce communautarisme à vocation universelle, et tous les communautarismes qui voudraient lui emboîter le pas, que les Vendômois présents jeudi soir, ainsi que leur député, ont clairement analysés, dans la joie de la parole libérée. D’où des questions de fond qui ont été posées : quel islam pour la France ? Un islam «de France» ? Un islam «en France» ? Quelle France pour l’islam ?
Une France laïque ? Une France confessionnelle ? L’islam est-il soluble dans la démocratie ? S’il s’avère que non, n’est-ce pas la République tout entière qui risque de se dissoudre dans l’islam ? Faudra-t-il donc interdire l’islam pour sauver la République ? Mais comment une République qui se veut laïque pourrait-elle interdire une religion, alors que le principe même de laïcité garantit la liberté religieuse ? Serions-nous, en conséquence, au rouet ? C’est fort probable, vu la désertion du bon sens qui, depuis l’affaire de Creil, a gagné la majeure partie de la classe politique. Et pourtant, qui doit faire des concessions : le maître de maison, ou ses invités ? Le premier occupant, ou le dernier venu ? L’autochtone ou l’étranger ? A Rome, ne doit-on pas vivre comme les Romains ?
Bien évidemment, tous nos politiques connaissent la réponse !
Maurice Vidal

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