Les limites des tests de QI

Publié le 12 septembre 2019 - par - 2 commentaires - 2 446 vues

Considérant le large usage qui est fait du « Test de QI », la plupart des gens croient que ce test est scientifique, qu’il est en mesure de révéler de façon certaine l’intelligence d’un individu. Et par extension, d’affecter des notes d’excellence ou de médiocrité rédhibitoires à des masses, voire à des races.

C’est une chose pernicieuse. En effet, si l’on peut constater que des pays, voire des continents, réussissent beaucoup moins bien que d’autres, rapporter leur succès ou leur échec à une évaluation de QI – dont le modus operandi n’a rien de scientifique et ne rend compte que très partiellement du potentiel de compétences – il induit gravement en erreur en laissant supposer que l’intelligence relève essentiellement de l’inné et en rien de l’acquis.

Or, si le test de QI peut renseigner sur des aptitudes logiques, rationnelles, il ne peut en aucun cas statuer sur l’intelligence qui se rapporte à des fonctions du langage infiniment plus complexes.

Une large part de la dimension psychologique et symbolique – conséquences de la pratique du langage qui façonne l’humain – échappe en effet à la conscience, à la rationalité et à la raison (donc aux tests de QI). 

C’est pourquoi des gens “certifiés intelligents” par test de QI peuvent surprendre en faisant preuve d’irrationalité, en se comportant de façon irréfléchie, irresponsable, voire en se commettant dans des passages à l’acte que l’on attend plutôt de fous ou d’imbéciles. Exemple parmi tant d’autres : Baudelaire, dépensier compulsif, était sous tutelle ; Louis Althusser, qui était enseignant à Normale Sup, est devenu un criminel ; DSK a pris d’assaut la femme de ménage du Sofitel. J’en passe et des meilleures…

Pour ceux qui ont du mal à démordre du déterminisme biologique, les dimensions du cerveau ne peuvent donner des indices fiables. Einstein avait un cerveau de volume modeste. Donc exit le quantum.

Plutôt faudrait-il voir du côté de la plasticité du cerveau, des connections neuronales par l’apprentissage, notamment par le langage. Le langage ne relevant pas du domaine scientifique, le terme “sciences humaines” est un oxymore. Et le test de QI du scientisme (croyance dans les sciences non dénuée de religiosité).

Il y a aussi le constat de l’évolution de l’espèce, indéniable aussi. Ça peut mettre longtemps, très longtemps, mais ça prouve que l’évolution prime sur le déterminisme purement biologique.

Les Africains sont assurément poly-handicapés du fait de leur attachement très fort aux archaïsmes phalliques, aux traditions et à la loi du plus fort qui y sont associées, au tribalisme, qui s’opposent à la liberté de penser et d’entreprendre. D’où l’échec récurrent à développer une économie digne de ce nom. Mais le simple fait qu’il y a des Africains intelligents, capables d’analyse critique et d’autocritique, à l’instar des élites intellectuelles d’autres races et couleurs confirme que l’accès à l’intelligence n’est pas déterminé par des critères bio-ethniques. 

Pas plus que par la classe sociale d’appartenance. Les “classes inférieures”. Concept qui a fait ses preuves de nullité mais qui fit florès sous nos climats quand les enfants des classes sociales défavorisées n’avaient aucun accès à l’école, au savoir. 

Concept qui a tendance à refaire surface chez nos “élites”, aveuglées par le mépris, qui se prennent pour des Dieux de l’Olympe.

Et pourtant, qui niera que les enfants des classes privilégiées réussiss(ai)ent mieux dans les études ?
Le fait que des gens, même peu nombreux, tel Albert Camus issu d’une famille d’illettrés – comme tant d’autres qui ont jadis bénéficié de l’enseignement public et surmonté ce handicap socio-économique –  démontre que le langage est un outil malléable qui peut aider à supplanter ce qui apparaît comme des déterminismes sociaux aussi bétonnés que s’ils étaient biologiques.

J’ajouterai pour conclure qu’en fait d’intelligence, non seulement la compétence logique et rationnelle mesurée par le QI n’est pas une panacée, mais qu’elle est compatible avec une imbécilité  crasse. Il n’est pas rare en effet que des esprits rationnels, logiques, scientifiques, se révèlent par ailleurs d’authentiques abrutis dans le domaine de la compréhension de l’humain. 

Et aujourd’hui, ils pullulent, ces “intelligents” patentés, redoutablement cons. Notamment parmi les “élites”.

Victor Hallidée 

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Notifiez de
R. Ed.

Je n’ai pas très bien compris ?

En retraite,régent histoire/français, 72 ans, mais toujours actif, pilote instructeur depuis 1995.

Olivier RENAULT

Les Africains ont inventé quoi ? Expliquez nous donc !

Mais le simple fait qu’il y a des Africains intelligents, capables d’analyse critique et d’autocritique, à l’instar des élites intellectuelles d’autres races et couleurs confirme que l’accès à l’intelligence n’est pas déterminé par des critères bio-ethniques

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