Les lois naturelles de l’enfant, de Céline Alvarez

Publié le 1 novembre 2016 - par - 5 commentaires - 1 076 vues
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celinealvarezCe livre enthousiasmant présente une belle expérience, plus que positive, intégrant aussi bien les observations de Maria Montessori que les dernières découvertes en neurobiologie. Céline Alvarez a pu démontrer, dans une école « difficile », que de très jeunes enfants de 3 à 5 ans réunis dans la même classe, apprennent avec une facilité déconcertante quand on respecte le rythme, la liberté de chacun, quand on leur offre  enseignement individuel, émulation, matériel…

Enthousiasme et liberté sont les mots magiques qui reviennent souvent. Discipline, respect des autres en sont les compléments indispensables. J’ai même lu avec émotion que les petits enfants enlèvent leurs souliers et mettent des chaussons pour ne pas faire de bruit en se déplaçant – librement ! – dans la classe.

Comme John Rizzo (1), Céline Alvarez a beaucoup d’élèves et comme lui elle compte sur les « grands », les plus avancés, pour aider les « petits », elle compte sur les petits pour poser des questions aux grands. Les enfants vivent dans un milieu naturel, ne sont pas obligés de « faire comme tout le monde au même moment » mais peuvent suivre leur rythme naturel. Et cela marche au-delà de toute attente !

La curiosité naturelle de l’enfant et l’émulation sont des moteurs qui poussent chacun à progresser, à acquérir de nouvelles connaissances. Autant de répétitions que nécessaire, de nombreux exercices pratiques,  permettent d’ancrer solidement ces connaissances. Tout se fait dans la classe !

L’auteur dispose évidemment d’un matériel varié, agréable, utile. Un exemple ? Des lettres en tissu! Et non, on ne fait pas de compréhension, lecture ou écriture « globale » ni « syllabique », on  use de la méthode « alphabétique » et ce retour au bon sens m’a particulièrement réjouie. Ainsi, on donne un alphabet – une lettre à la fois – aux enfants, on fait « sonner » les lettres et aussi les digrammes comme ou, ch, au, on, an… si nombreux en français. C’est merveilleux de voir comme le petit enfant, dès que son cerveau s’est structuré, assimile, travaille, retient… veut en savoir toujours plus !

Et ceux qui ne sont pas prêts ? On les laisse libres de choisir leurs activités. Céline Alvarez constate que, grâce à la curiosité, l’émulation, une fois  le cerveau en phase, tous les enfants finissent par acquérir les bases de l’écriture, la lecture, le calcul, la géographie…

Nous savons bien que le petit enfant devient grand, sa disponibilité pour l’apprentissage change de forme – ainsi les langues ne s’apprennent plus « toutes seules »-  mais on peut rêver d’enseignants enthousiastes qui nourrissent au mieux les jeunes cerveaux, qui leur donnent une base solide. Ces enseignants enthousiastes travaillent dans la liberté – toute méthode est bonne si l’enfant apprend (2) – et on peut espérer que  l’enfant,  l’élève ensuite, pourra recevoir, sur base d’un programme réaliste, un enseignement aussi utile qu’épanouissant.

A l’heure actuelle, beaucoup de découvertes sont faites en neurobiologie. Des « scientifiques » de ministère les transforment en méthodes à suivre obligatoirement, méthodes qui tuent tout individualisme créateur, tout enthousiasme. Et j’en arrive à dire qu’imposer des règles rigides, c’est vouloir nourrir le feu avec de l’eau. Liberté et enthousiasme sont les maîtres mots de ce livre et on peut espérer qu’il fera date dans les ministères, dans l’esprit des enseignants voulant instruire leurs élèves !

Mia Vossen

  • John RIZZO, Sauver l’école ? Ker éditions
  • Il y a plus de 30 ans, une recherche  de « la meilleure méthode d’enseignement » a été menée en France. On a découvert que toutes les méthodes se valent et que seuls l’enthousiasme de l’enseignant, sa liberté d’agir, assurent le progrès de ses élèves.
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Notifiez de
Mia Vossen

Non, l’enseignement ne fait pas « tout »! Et je vois assez vite qui pourra progresser et qui traînera mais cela fait 50 ans que j’observe que des gosses dont on s’occupe VRAIMENT progressent VRAIMENT et se sentent bien à l’école… Ils deviennent des adultes plus équilibrés que ceux qui ont senti indifférence, inertie, « lit de Procuste ». Imaginez ma joie quand un gamin de 18 ou 20 ans me dit: » Madame, j’aime votre cours, chez vous on apprend! »

butterworth

l enseignement ne fait pas tout dans une classe vous pouvez voir qui sont cretins ou pas l enseignement n y changera rien a part quelques points de q i en plus

jmfrance

Mais bien sûr, il est évident que le respect de la personnalité de l’ enfant, dans sa vie scolaire, mais aussi chez lui avec un environnement lui permettant de se développer feront deux des adultes viriles ou féminines créatifs est responsables ce dont souffre une société le plus souvent.

Anne Lauwaert

apprentissage des langues, naturellement, dès la naissance : de nombreux Flamands parlent flamand dehors, français à la maison et à l’école et sont parfaits bilingues – mes voisins: Mr est suisse allemand, Mme romande, les enfants qui maintenant sont à l’unif ont tjrs parlé allemand avec les grands parents germanophones, français avec les romands, italien dans ce canton italophone et anglais pour voyager – autre voisin: il est Suisse germanophone elle est Buthanaise, les enfants parlent allemand, buthanais, italien et anglais, la fille est en fac de médecine et le fils en math… Mon père, pédagogue, disait que l’école interdit aux enfants d’apprendre…

Anne Lauwaert

à condition que l’enseignant ne soit pas terrorisé par l’inspection et que les parents aient l’esprit assez ouvert pour confier leurs enfants à des écoles « ouvertes » – mais n’est-ce pas dejà le cas des écoles Steiner? de l’enseignement de la musique Orf?
– tout dépend d’abord des parents et ensuite des inspecteurs… et au final il n’y a qu’une élite informée qui va choisir une « bonne » école… ???