Les maîtres du monde : naissance du néocapitalisme (1)

Publié le 22 septembre 2019 - par - 1 commentaire - 712 vues
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Grâce à ces remarquables lanceurs d’alerte que sont William Binney, celui qui le premier dénonça en 2002 la politique de collecte de données massives de la NSA, Thomas Drake, lui aussi de la  NSA, qui dénonça le projet Trailblazer (la surveillance généralisée des télécommunications), Edgar Snowden, encore de la NSA, qui a révélé de la même façon la mise sous surveillance de l’ensemble des télécommunications privées mondiales, John Kiriakou qui accusa les États-Unis d’utiliser la torture de la simulation de noyade, Bradley Manning et Julian Assange, lourdement condamnés pour avoir mis en ligne des milliers de documents sur la corruption et les graves abus des institutions américaines er de leur politique internationale, nous sommes de plus en plus informés, à moins de jouer aux autruches et de refuser de voir le mur contre lequel nous allons tous nous écraser.

Mais d’autres aussi, moins connus, nous alertent, publiant livres, articles, s’exprimant hors des médias officiels (ceux qui collaborent avec ces institutions hautement néfastes au monde entier). Or une institution ne signifie rien en elle-même sans les hommes qui la dirigent , et aujourd’hui on en sait beaucoup plus sur les autorités occultes qui mènent le monde à sa perte.

Mais peut-être conviendrait-il d’en remonter à la source. De façon succincte, cela s’entend. Car nous ne pouvons en quelques articles écrire ce qui prendrait des livres entiers, et il appartiendra à nos lecteur de nous pardonner ce survol. Nous ne prétendons nullement à l’exhaustivité, notre propos n’étant que de mettre en lumière certains aspects de cette politique dont les conséquences pourrissent nos vies.

Mais quoi qu’il en soit, l’origine du mal réside essentiellement dans l’élaboration de doctrines économiques effrayantes du fait qu’elles éliminent l’humain au profit du seul dieu FRIC, qu’on lui donne les surnoms de Dollar,  d’Euro, de Marks  (l’euro n’est que le mark étendu à l’ensemble de la communauté européenne). Le fondement du système réside dans les doctrines de l’ultralibéralisme et du néolibéralisme.

L’ultralibéralisme prône la déréglementation des marchés, la concurrence sauvage (laquelle à terme élimine tout le monde au profit de la plus grosse entreprise, placée alors en situation de monopole absolu qui lui permet d’établir les prix qu’elle veut au détriment des consommateurs), et la disparition progressive du secteur public au profit du secteur privé. Une catastrophe. Le néolibéralisme, lui, né en partie en opposition au système soviétique, s’oppose principalement à l’État-providence (disons pour simplifier à l’État social) et à son interventionnisme pour laisser la place à l’initiative privée.

À l’origine de ces doctrines, Friedrich Von Hayek et Ludwig Von Mises, deux professeurs d’économie – entre autres – autrichiens, qui contribuent en 1938 au colloque Walter Lippman, lequel rassemble des universitaires opposés à l’intervention économique de l’État, en opposition au fascisme et au communisme. Sans doute ce pourrait être louable si le New Deal instauré par le président Roosevelt pour lutter contre le chômage considérable entraîné par la terrible crise de 29 n’était pas  également dans leur ligne de mire.  Les deux hommes se connaissent bien, et Hayek participe aux colloques organisés par Mises, dans lesquels se retrouvent également des économistes du monde entier, tels Jacques Rueff, Luigi Finaudi, Ludwig Erhard, Murray… Et il est notable de signaler qu’en 1931 Hayek avait été  nommé professeur à la London School of Economics, laquelle était financée par la Fondation Rothschild. Suivez mon regard.

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, les deux hommes se persuadent  que le seul combat contre le communisme doit se jouer sur le plan économique, ce qui en soi n’est peut-être pas faux sauf que…

En 1944 Hayek publie The Road to Serfdom (en français :  La route de la servitude), son credo, dans lequel il dénonce toutes les entraves mises par l’État sur les mécanismes d’un marché qui doit être libre. C’est en même temps une mise en garde faite aux Anglais dont il est évident à ce moment que les élections seront remportées par le parti travailliste anglais l’année suivante : il leur annonce leur mise en servage quoique de façon moderne. Quant à Mises, proche de la Fondation Rockfeller , après avoir publié en 1944 un livre dans lequel il annonce la montée en puissance des bureaucraties, il expose en 1960 dans sa Constitution de la Liberté son programme qui fera écho à beaucoup d’entre nous : privatisation, déréglementation, diminution drastique des aides sociales et du pouvoir des syndicats, programme auquel il ajoutera en 1976 la dénationalisation de la monnaie et la privatisation des banques. Qui dit mieux ? Que cela vous rappelle-t-il ?

Or justement au sortir de cette guerre, l’État-providence se met en place. C’est ainsi qu’en France de nombreuses mesures économiques et sociales sont prises : nationalisation de banques, d’entreprises, (dont Renault), de l’énergie avec la création d’EDF et de GDF, la Sécurité sociale, des régimes de retraite, etc. etc. Mesures en totale opposition avec l’idéologie des homme comme Hayek. Celui-ci voit s’éloigner les grands principes qu’il a mûrement développés et réagit en réunissant au Mont Pèlerin, en Suisse, les partisans de sa « doctrine de l’État minimal ».

On ne saurait s’étonner au regard du réseau tissé par Hayek que sa doctrine ait été adoptée par les gouvernements de Thatcher et de Reagan. Mais également par celui de Pinochet

Dans cette société du Mont Pèlerin, qui se réunit pour la première fois en 1947, adhèrent tant des journalistes que des politiciens ou  que nombre d’économistes dont huit obtiennent le « prix de la banque de Suède en mémoire d’Alfred Nobel » (vous savez, celui qui avait interdit de donner le moindre prix à son nom aux savants et intellectuels juifs et qui doit se retourner dans sa tombe tant les Juifs pourtant en ont obtenu). Lors de la première réunion, on notera entre autres les noms de Ludwig von Mises bien sûr mais aussi de  Karl Popper, le monétariste Milton Friedman, Maurice Allais, Lionel Robbins. William E. Rappard, Walter Lippman, Michael Polanyi, Wilhelm Röpke, tous hommes auxquels on attribue la tâche de divulguer la doctrine néolibérale. Par la suite d’autres se joindront aux réunions, comme James Buchanan. Inutile de préciser que ces réunions sont financées par des fondations : la fondation Trelm et Earhart, la fondation John Olin, la fondation Roe, la fondation Garvey, et d’autres encore, toutes issues de la même mouvance.

Tout cela en parfait accord avec la CIA qui organise entre les années 1950 et 1967,  avec une partie des mêmes hommes, une autre organisation : le Congrès pour la liberté de la culture.

Louise Guersan

À suivre – Chapitre 2. L’ultralibéralisme dans la crise des années 70 et le règne des technocrates.

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Notifiez de
Arnon Philippe

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