Les masques continuent de tomber : Amnesty International se déshonore à nouveau !

Publié le 3 mai 2010 - par

Les masques continuent de tomber. La vitesse à laquelle Amnesty International a réagi au vote belge sur le voile intégral est proprement sidérante. Face à une décision prise à l’unanimité (moins deux abstentions) par un Parlement élu, on se serait attendu à un minimum de recul, à une critique pondérée, à une mise en perspective de la Loi, de ses risques comme de ses éclairages. Au lieu de quoi la diatribe a fusé : les Belges sont d’horribles castrateurs, condamnant des malheureuses (déjà retranchées du monde par leur accoutrement, ndlr) à la réclusion à perpétuité au fond de geôles familiales subventionnées par le contribuable. Foutus belges, vraiment, qui supportent mal l’irruption du Moyen-Âge musulman dans leur société déjà ébranlée par la querelle linguistique. Pour Amnesty, leur réaction est celle de pseudo-démocrates tourmentés par des désirs fascisants.

Petit rappel historique : Amnesty fut longtemps la courroie de transmission de l’Est, à l’époque de la guerre froide. Une sorte de faux-nez prêchant l’amitié, le désarmement, la confiance dans le bloc communiste, etc. Ces dangereuses fariboles ont été balayées par l’Histoire. Je me porte témoin du silence d’Amnesty, de son incrédulité vaguement narquoise lorsque les premiers échos de la tragédie cambodgienne (par le Père François Ponchaud, puis par MSF et par bien d’autres ensuite) alertèrent des opinions assoupies au sortir de trente années de guerre. Long silence, loin des hurlements (légitimes, absolument, nul ne conteste) de l’association face aux tueries argentines ou chiliennes. Amnesty avait alors clairement fait le choix d’ignorer les souffrances khmères, et elle a aujourd’hui bonne mine lorsqu’elle se plaint de la lenteur des procès de Phnom Penh!

Il en fut de même face aux agissements de Mengistu en Ethiopie, en 1985, alors que la preuve formelle du détournement intégral de l’immense aide internationale (Band Aid, Geldof, etc) à des fins de déportation et d’extermination de provinces entières, était apportée par MSF. Ces silences ont couvert des fosses communes dont le seul défaut furent de ne pas être à l'”Ouest”. Damnés Khmers, maudits Tigréens, crevez seuls! Vous l’avez bien mérité, nous on est suffisamment occupés avec Pinochet, Videla et leurs petits camarades.

Pour Amnesty comme pour Staline, la mort d’un homme est un drame, celle d’un million d’hommes, de la simple statistique.
Accablant dossier! À l’évidence, les grandes âmes de ce tribunal à sens unique n’ont pas retenu la leçon, si tant est qu’ils l’aient écoutée. Comme pas mal d’esprits mouillés jusqu’à la garde dans quelques signalés massacres de cette époque, Amnesty ouvre encore sa gueule pour tomber cette fois sur les défenseurs de la laïcité, de la démocratie et de quelques autres acquis essentiels de l’humanité. Amnesty rechute et, se saisissant en urgence de la question religieuse, elle nous propose aujourd’hui le même avenir que les prêcheurs de la subversion islamiste. Etrange égarement, de la part de ceux-là mêmes qui exècrent sa philosophie originelle et qui s’empresseront de l’abattre dès lors qu’elle ne les servira plus.

Décidément, on ne se refait pas. Les masos seront toujours les masos, à moins qu’il ne s’agisse des angéliques perchés sur le beau nuage blanc de la justice universelle. En vérité, ces gens ne sont ni masos ni angéliques. Manipulés-manipulateurs. Pour quel projet? Allez savoir. L’essentiel est, pour nous, quoi qu’il en soit, de ne pas être les dindons de ces farces trop démonstratives pour être honnêtes.

Amnesty milite pour le respect absolu de la démocratie, pour sa restauration là où elle n’est plus et pour la fin des dictatures. Noble projet, auquel il serait de fort mauvais goût de ne pas souscrire. Dans le même temps, l’association condamne les décisions prises par des Etats, des Parlements, des opinions publiques même, pratiquant à la lettre ladite démocratie. Cherchez l’erreur.

Et bas les masques!

Alain Dubos

PS : autre rappel, cet adage de type stalinien, éminemment adaptable : “Tout ce qui est à moi est à moi, tout ce qui est à vous est négociable”.

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