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Les mesures proposées par Z plaisent bien aux Français du Japon

« Zemmourland, ce n’est pas le Royaume-Uni, c’est le Japon ». Éric ZEMMOUR face à François LENGLET- 28 sept. 2021 LCI

Le 28 septembre 2021, Éric Zemmour, presque candidat à l’élection présidentielle de 2022 est interrogé sur LCI par le journaliste économique, François Lenglet. Sur les dossiers de l’économie et de l’immigration, l’économiste demande à Éric Zemmour si les positions souveraines et protectrices qu’il défend n’étaient finalement pas un « Zemmourland » calquée sur le Royaume-Uni de Boris Johnson. Le candidat lui répondra que son « Zemmourland, c’est le Japon ».
Une réponse surprenante mais qui semble pourtant sans appel pour la plupart des Français résidant au pays du Soleil Levant, quelle que soit leur opinion politique, entraînant un élan d’adhésion incontestable au parti Reconquête.

En seulement 5 mois d’existence, environ 60 adhérents officiels actifs auxquels s’ajoutent 30 sympathisants déclarés ont déjà rejoint les rangs de Reconquête Japon. Le compte Twitter local compte 867 abonnés en 3 mois et même un site internet, Zemmourland.jp, mettant en parallèle la réalité du Japon avec le projet du candidat, a vu le jour. Pour une communauté de Français qui comptait seulement 7 191 votants lors du dernier scrutin, et un pays où aucun parti n’a jamais atteint ces chiffres, c’est inouï ! Et encore, chez les autres, on compte dans les effectifs les adhérents qui ne sont plus à jour de cotisation depuis longtemps…

Mais pourquoi un tel engouement pour le prétendu « polémiste d’extrême droite » ? Pourquoi les Français du Japon ne sont pas choqués par les mesures que propose ce dernier ?
Lorsque l’on parle à ces déracinés de la France, pratiquement tous partagent la même idée : finalement, le Japon, c’est la France d’antan avec une culture différente. Sûre, traditionnelle et surtout française.
Il n’est pas rare de croiser des Français qui n’étaient venus que pour des missions temporaires et qui ont fini par s’installer durablement, par la découverte d’un attrait profond pour le Japon, mais souvent aussi par dépit.

Il faut les comprendre, vivre dans un pays où le taux de criminalité est extrêmement faible, où la politesse et le respect ne sont pas en permanence remis en question, où les jeunes filles et les femmes de tout âge peuvent sans inquiétude prendre n’importe quel train, n’importe quel métro, n’importe quel bus, à n’importe quelle heure, où vous pouvez laisser traîner votre portefeuille sur une table de bar sans qu’on vous vole, c’est un pays où il fait bon vivre.

Mais pour les Français, il y a ce sentiment profond qui va jusqu’à l’amertume, qu’on a connu ou entendu parler d’une France qui n’était pas si éloignée du modèle de société que propose le Japon d’aujourd’hui, preuve s’il en était que ce modèle n’est pas désuet ou dépassé à leurs yeux.
Alors quelles sont ces valeurs que défend la société nippone ?
Tout d’abord, une unité, un patriotisme vigoureux et indéfectible dans tous les aspects de la société.

La culture et les traditions sont préservées en toute circonstance et par tout le peuple japonais. La participation aux évènement traditionnels est toujours impressionnante et les codes de savoir-vivre, bien que particulièrement nombreux, sont connus et appliqués par tous.
Économiquement, les Japonais favorisent prioritairement tout ce qui est produit ou créé au Japon : divertissement, biens de consommation, alimentation, service. La politique gouvernementale protectionniste est poussée dans ce sens, les produits locaux et nationaux par rapport aux produits d’importation par des barrières douanières, favorisant agriculture et industrie.

Enfin le Japon pratique une politique d’immigration particulièrement stricte. La double nationalité, le droit du sol, le regroupement familial systématique n’existent pas.
En égrainant quelques chiffres représentatifs, pour l’année 2019, au Japon, le nombres de résidents étrangers s’élevait à environ 3 millions de personnes pour une population atteignant 125 millions, soit 2 %. À titre de comparaison, en France, ce chiffre est estimé à 7 millions pour 70 millions d’habitants soit 10 % de la population.

Concernant l’immigration illégale, bien qu’elle soit très faible, une politique stricte a permis de la diviser par 2 en 4 ans. Alors que 752 clandestins avaient été enregistrés en 2015, seulement 349 l’ont été en 2019 – à noter que tous ont été expulsés.
Les étrangers commettant des délits sont systématiquement expulsés (19 000 en 2019).
La capacité carcérale est de 90 000 places de prison et le taux d’occupation en 2020 était de 47 000 détenus soit à peine plus de 50 %.

En dressant un rapide bilan de la sécurité et de l’immigration au Japon, il n’est pas difficile de comprendre le lien entre les propositions d’Éric Zemmour et la réalité de la politique japonaise. Aussi, il est arrivé que le projet du candidat soit repris dans la presse nipponne. Il est alors amusant d’observer un contraste flagrant entre la présentation faite d’Éric Zemmour selon les éléments de la presse française comme étant un des candidats de l’extrême droite et la réaction des lecteurs japonais qui ne comprennent pas en quoi ces mesures seraient extrêmes et qui par ailleurs plébiscitent de telles prises de position.

La plupart des Français du Japon attirés par Éric Zemmour le reconnaissent, le candidat les a convaincus. Il a réveillé le patriotisme français des uns qui ne l’avaient jamais éprouvé ou bien l’avaient abandonné depuis longtemps. Il a ravivé celui des autres et a leur a donné l’envie de retourner aux urnes alors qu’ils s’étaient résignés à l’abstentionnisme. Mais pour beaucoup qui y avaient finalement renoncé, il redonne l’espoir de pouvoir retourner dans leur pays et d’y faire découvrir à leur famille la France de cœur dans laquelle ils pourraient finalement vivre comme dans le Japon d’aujourd’hui.

Emmanuel Marchat, Reconquête Japon