Les naturistes, les musulmans, et moi, et moi, et moi…

Publié le 8 août 2020 - par - 14 commentaires - 2 491 vues

Mosaïque « des femmes en bikini » de la Villa du Casale, Sicile, IIIe siècle après J.-C.

Depuis le confinement, il me semble parfois que le temps devient encore plus élastique que d’habitude, se contracte ou s’étend selon les jours. Quoi qu’il en soit, nous voici déjà en août, et habitant au bord de la mer, j’observe parfois les habituels juillettistes et aoûtiens : ils sont là en général pour une semaine, et surtout pour aller à la plage. Il paraît que plus de la moitié des Français veulent y aller pour leurs vacances d’été, du moins ceux qui peuvent en prendre.
Ils barbotent beaucoup, nagent un peu, papotent, jouent au ballon, aux raquettes de plage ou au frisbee, très peu lisent, hélas, certains laissent des tout-petits en plein soleil entre midi et 16 h sans chapeau ni crème ni lunettes ni T-shirt, malgré les recommandations depuis des décennies. Ils contemplent la mer, et surtout, SURTOUT, ils BRONZENT. Car il faut, semble-t-il, absolument bronzer, pour montrer au retour que l’on est parti, parce que l’on se trouve en général plus beau bronzé, ce qui est logique si on vit à l’air et pas dans un blockhaus : black is beautiful

Je me demande pourquoi on a retiré les mots « blanc » et « blanchissant » de certains pots de crème et rien changé aux crèmes bronzantes et autres autobronzants. Certains Blancs veulent foncer et certains Noirs éclaircir, allez comprendre, on n’est jamais content. Je me souviens de la première fois où, enfant, j’ai vu un Noir, je me suis demandé pourquoi on disait qu’ils étaient noirs car je les voyais marron, de la nuance café serré à celle du chocolat au lait. Et je n’étais pas blanche mais rose saumon clair.

Maintenant je me demande pourquoi, dans ces histoires de Blacks et de Whites, on n’entend personne parler de la raison pour laquelle il y a des Noirs et des Blancs, chacun est tout simplement adapté à l’ensoleillement de sa région d’origine, c’est pourquoi des descendants d’Anglais ou Hollandais font des cancers de la peau sous les Tropiques, et des Africains des carences en vitamine D au Canada ou en Finlande.
Le bronzage n’a pas toujours été à la mode, autrefois on évitait soigneusement le soleil avec des ombrelles et capelines, le hâle était la marque des paysans, on fuit encore le soleil au Japon où l’on préfère le teint pâle.

Puis on a voulu bronzer le plus possible, au risque de se dessécher et vieillir la peau, et les maillots de bain ont évolué. Couvrant les épaules et le corps jusqu’aux genoux en 1900, ils ont raccourci jusqu’au slip pour les hommes, et au maillot une pièce pour les femmes, puis on est passé au deux-pièces couvrant, puis au bikini, qui n’est en réalité pas une invention récente si l’on en croit la mosaïque de la Villa Casale, du IIIe siècle après J.-C. … Puis le bikini s’est échancré, rapetissé jusqu’au string, est aussi devenu monokini, il y a eu le tankini, le trikini, les variantes improbables à la Borat (film de Larry Charles en 2006), et le… zérokini ! Et pour finir le burkini…

Le zérokini, c’est le naturiste, à ne pas confondre avec le nudiste, simple exhibitionniste. Les naturistes sont en général adeptes d’une philosophie de vie qui peut inclure méditation, écologie, vie dans la nature, liberté totale du corps, acceptation des différences physiques, végétarisme, et abolition des hiérarchies sociales et professionnelles par les vêtements : tous nus, tous égaux.
Il y a aussi le plaisir de sentir l’air, le soleil et le vent sur tout son corps, de se baigner nu, d’éviter les marques de bronzage, encore que ceux qui bronzent peu sont contents de voir la différence entre leurs fesses et le bas de leur dos.
Le naturisme est pour ses adeptes une libération. Ça se défend. Mais ça se discute.

La première fonction des vêtements est la protection contre le froid, mais pas seulement ; il y a l’élégance, et une foule de connotations… Force est pourtant de constater que la plupart des tribus les plus primitives n’ont eu de cesse, dès qu’elles sont sorties de la vie animale, de se fabriquer des pagnes, jupettes, étuis péniens et autres cache-sexes. Car c’est là qu’est le nœud, si j’ose dire, du problème. La grande majorité des gens font comme Georges Brassens : « Je ne fais voir mes organes procréateurs /À personne, excepté mes femmes et mes docteurs. »
Le cache-sexe sert aussi à protéger les muqueuses de la saleté, des irritations, infections, insectes et parasites.

Il y a des limites, des règlements, on se met en maillot de bain à la plage et à la piscine, mais pas dans la rue. On désapprouve, voire verbalise les dérapages, comme les hommes torse nu en ville. On tolère d’autre abus voulus ou non, les strings et mini-slips qui laissent apparaître les poils pubiens et les chemisettes ouvertes sur des ventres à bière dignes d’une femme enceinte de neuf mois.
Le bronzage et la baignade seins nus sont acceptés, mais semble-t-il, de moins en moins pratiqués, car certaine « minorité » fait savoir depuis peu qu’elle considère comme inconvenant qu’une femme se promène sans soutien-gorge sous son T-shirt car apercevoir l’existence de ses tétons l’offusque, comme les maillots de bain moulants pour les hommes, elle est déjà allée jusqu’à agresser verbalement et même physiquement des adeptes du monokini.
Que penser aussi des naturistes randonneurs, contraints en montagne de porter un pull mais qui marchent les fesses à l’air, comme si le froid épargnait certaines parties du corps ?

Les parties… dites honteuses il n’y a pas si longtemps, et rebaptisées intimes. Ces parties qu’autrefois des religieuses devaient cacher du regard de Dieu par un drap étendu au-dessus de leur baignoire, car Dieu voyait à travers le plafond mais pas à travers le drap.
Ces parties qu’Adam et Eve auraient cachées après le péché originel. Soit dit en passant, comment étaient-ils censés savoir qu’il était mal de désobéir avant d’avoir eu connaissance du Bien et du Mal grâce au fruit défendu ? Et pourquoi faudrait-il avoir honte de la création divine ? Mais si je développe ces questions, nous y serons encore après-demain.

Parties intimes, donc, privées. Comme la propriété privée. Car c’est une question d’espace spatial et mental.
Comme on ne montre pas son sexe n’importe où ni à n’importe qui, on ne montre pas non plus tout son espace mental, on choisit son public, on a son jardin secret.
Les parties intimes montrées à tous ont leur jardin d’Éden, leurs centres, campings, plages et villages de vacances réservés. Il semble que le terme « naturisme » ait été employé pour la première fois par Théophile de Bordeu, médecin, en 1768. On notera que la nudité n’était pas réprimée chez les Grecs, Romains et Celtes, ni actuellement dans les saunas scandinaves. En 1907 l’abbé Legrée, avec l’accord de ses supérieurs, emmena ses élèves se baigner sans maillot dans les calanques marseillaises. Hitler l’interdit en 1933, et le premier camping naturiste en France date de 1950.

Les gendarmes de Saint-Tropez ont eu beau se démener, il a fallu accepter le naturisme et instaurer une partition du territoire. C’était la seule solution. Car la majorité des gens n’apprécient pas de se montrer nus à n’importe qui ni de voir des inconnus nus, ni que leurs enfants y soient contraints. (La question du ressenti des enfants de naturistes est encore un autre vaste problème).
On a donc autorisé, délimité, réglementé et signalé des espaces naturistes, hors desquels le citoyen ordinaire ne risque pas d’être choqué par la vue de gens nus sans son accord.

Depuis quelque temps ont fait irruption en Europe des gens pour qui la partie du corps à cacher ne se limite pas aux organes sexuels, ils la nomment awra : ce qui fait honte.
Chez l’homme musulman, l’awra va du dessus du nombril au dessous des genoux. Chez la femme elle va de… TOUT son corps est honteux et à dissimuler, à part le visage et les mains, et encore, certaines musulmanes portent des gants et la burqa cache le visage, même le regard est handicapé par un grillage. Dans certaines zones, les femmes ne doivent même pas parler, au cas où le seul son de leur voix perturberait les hommes.
Les moins fanatiques prennent des libertés, portent le hidjab avec un jean moulant, mais on trouve facilement sur internet des maillots de bain spéciaux qui cachent entièrement l’awra masculine, genre legging court combiné à un bermuda large et long, et des burkinis, mot dérivé de bikini et burqa, attribué à Aheda Zanetti, une styliste australienne d’origine libanaise, vers 2004, tenue de bain moitié combinaison de plongée, moitié déguisement de Schtroumpf. L’étape suivante étant l’interdiction faite aux femmes d’aller à la plage.

La délimitation de zones permet aux naturistes de vivre en paix leur philosophie de vie sans rien imposer aux autres et vice versa, chacun vit comme bon lui semble sans gêner les autres, selon le principe chrétien « ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu’ils te fassent », et ces zones représentent une partie infime du territoire. Tandis que les musulmans imposent à tous, sauf aux bienheureux naturistes, leurs hidjabs, djellabas, abayas, barbes salafistes et prières de rue, et même niqabs et burqas au mépris de la loi française.

Mais en quoi cela dérangerait-il les non musulmans ? Après tout, si les musulmans sont contents d’avoir l’air de se promener en chemise de nuit de nos arrière-grands-pères dans la rue, de se ridiculiser déguisées en Schtroumpfs à la plage, de se complaire dans une position dégradante, ridicule et humiliante à quatre pattes, le front par terre, et d’être trempés comme des soupes sous un amas d’étoffes noires par 30° à l’ombre…

Non, ce n’est pas cela qui gêne les autres, sauf quand des rues sont bloquées, c’est l’idéologie qui va avec, que ces accoutrements moyenâgeux, voire antiques, représentent et véhiculent, qui vient d’un livre qui dit que les femmes sont inférieures aux hommes, qu’elles ne sont que des sous-humains qui ne valent que la moitié d’un homme en héritage et témoignage, qu’elles sont intellectuellement déficientes, ne sont que des biens comme des meubles ou du bétail, qu’une femme doit obéir en tout à son mari, qu’il a le droit de la battre s’ « il craint sa désobéissance », donc pour rien, et de la violer, car elle n’a pas le droit de se refuser à lui : c’est très exactement ce qu’en France on appelle l’esclavage domestique et sexuel, cette idéologie prétend régir toute la vie du berceau à la tombe et jusque dans les toilettes, et s’imposer à l’humanité entière de gré ou de force.

Ce livre dit aussi que les musulmans sont « la meilleure communauté qu’on ait fait surgir pour les hommes », mais à part la violence, le vol (la razzia n’est qu’un vol), l’arriération, la persécution des femmes et des « infidèles », l’obscurantisme et le terrorisme, cela fait 1 400 ans que l’on attend de savoir en quoi.

Ce qui est gênant, c’est aussi que les musulmans se comportent en fait dans l’espace public comme des nudistes, exhibitionnistes de cette idéologie qui ordonne de tuer, massacrer, amputer, crucifier, humilier, exterminer tous ceux qui n’en sont pas, ou de les y convertir de force. Ce qui révèle que l’islam ignore ce qu’est la liberté de pensée, qu’il ne PEUT PAS atteindre, et ce dans les deux sens du terme.

S’ils refusent de faire l’exégèse de leurs textes, de s’adapter aux pays qui les accueillent, il n’y a que deux solutions : la remigration ou la partition. Comme pour les naturistes. Mais les zones naturistes sont minuscules, ils seraient entre 3 et 4 % de la population française, et la pratique est en général saisonnière. Il est facile de comprendre le problème que poserait la partition du territoire selon les estimations de l’augmentation irresponsable de leur nombre, les zones musulmanes n’auraient de cesse de s’étendre, et ça m’étonnerait qu’elles laissent de la place aux zones naturistes… Où personnellement je ne tiens pas à aller, mais je tiens à la liberté.

Et ce qui est insupportable, c’est que le voile et autres accoutrements sont une insulte à toutes les femmes non musulmanes et à leurs aïeules qui se sont battues pour l’égalité de leurs droits, une insulte aux femmes qui ne sont considérées que comme des objets sexuels, et une insulte aux hommes qui ne seraient que des animaux en rut, obsédés et incapables de se contrôler à la seule vue d’une mèche de cheveux ou de quelques centimètres carrés de peau…

Alix Forrest

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Notifiez de
pauledesbaux

j’ai vu cette mosaïque “de visu” si je puis dire : elle est magnifique et preuve que ce genre de maillot n’a pas attendu nos derniers siècles …..

Elie Barnav

Les musulmans n’ont pas le monopole de la violence : ex;Joël Le Scouarnec, billant chirurgien ,aurait fait selon la justice 759 victimes présumées, peut-être plus.La compagnie aérienne néerlandaise KLM a fait preuve de discrimination à l’encontre d’une passagère en l’obligeant à changer de place à bord d’un avion à cause du refus d’un homme juif orthodoxe d’être assis à côté d’une femme, a estimé le Conseil néerlandais des droits de l’homme. L’instance avait été saisie par le député socialiste néerlandais Ronald van Raak après un voyage qu’il avait effectué en compagnie de son épouse de New York à Amsterdam en mai 2019….

POLYEUCTE

La Nudité est privée et non offerte à tous !
Les animaux la pratiquent … naturellement. Force oblige…

Theodore

Naturisme VS islamisme, ou meme processus exhibitionniste…?

Pour rappel : L’exhibitionnisme est une tendance pathologique persistante à exposer ses organes génitaux à des personnes étrangères ou dans un lieu public, souvent pour en éprouver, au moins de façon passagère, de l’excitation sexuelle. L’exhibitionnisme est donc une maladie. ( desole pour les vrais naturistes, mais c est mon sentiment )

Je vois dans le burkini islamiste une autre forme inverse d exhibitionnisme…( c est a dire couvrir en totalite son corps pour montrer son appartenance )

Donc pour ma part n etant pas du tout exhibitionniste ( et encore moins voyeur ) je n expose que mes idees au grand jour, et ma nudite en prive…mais je dois etre tres certainement “coince” rires

"à la" poubelle !

Cette mode du bronzage obligatoire m’a toujours semblé être une connerie suivie par des millions de moutons tous fier de se montrer leur bronzage les uns aux autres, tous pareils. Comme si des.noirs étaient fiers de se montrer leur peau les uns aux autres, ou des blancs faisant la même chose, ou des asiatiques…
Combien les femmes des années 1900 avaient-elles raison de préserver ce trésor qui leur été donné par la nature, leur peau blanche si émouvante, immaculée de tous bronzages, tatouages, piercings !
Les femmes à la peau.blanche m’attirent irrésistiblement, symboles de féminité, de délicatesse, de douceur et d’érotisme.

L'Imprécateur

Mon grand-père maternel me racontait que lorsqu’il était troufion dans les années 1910, l’un des amusements de ses camarades de chambrée – et de lui-même aussi – était de se mettre à l’affût à une station de tramway et de guetter les jeunes femmes, et un peu moins, qui montaient dans le trolley. Elles étaient obligées de relever légèrement leurs jupes pour grimper dans la voiture, découvrant ainsi un tout petit peu de leurs chevilles.
Un bon siècle plus tard, on n’en est plus là… C’est plutôt du genre: qu’est-ce qu’elles vont retirer aujourd’hui?

kounnar

“Que penser aussi des naturistes randonneurs, contraints en montagne de porter un pull mais qui marchent les fesses à l’air, comme si le froid épargnait certaines parties du corps ?”
Qu’il s’agit plus là d’exhibitionnisme que de naturisme, cas vécu : en voiture direction Agde croisé un homme à pied en hiver avec un énorme pull et les c… à l’air :-)

BERNARD

Je pensais que le bikini, du nom de l’atoll atomisé avait été créé pour mieux bronzer sous les effets des radiations..

zéphyrin

excellentes réflexions, que malheureusement la grande majorité des personnes qui ont vraiment du pouvoir ne liront pas. Beaucoup de jeunes formatés au vivre ensemble également.
vous savez que sans même lire la première ligne de votre texte, ils entendront “les bruits de bottes qui rappellent les heures les plus sombres de notre histoire et le retour de la bête immonde.”
cet aveuglement et cette surdité ne vont pas calmer les esprits, loin de là. ils comptent sur la disparition des vieux, alors que de nouvelles familles touchées dans leur chair ou simplement importunées avec constance, insultées, humiliées vont retrouver la vue et l’ouïe. Merci de ces lignes qui respirent l’intelligence et surtout la lucidité.

Mantalo

Je suis né à poil.
J’aime bien voir ma femme nue.
Elle me mate discrètement quand je suis cul nu.
Il paraît qu’on fait les bébés en jouant à touche-pipi tout nu.
Etc…
Si les muzz baisent à travers leurs robes de chambres, dites-le moi. Et quand ils violent ?

PS : je ne suis pas exhibitionniste, juste naturiste en milieu fermé.

Philippe DRU

Et moi je suis naturiste en milieu ouvert depuis toujours.

Sei

Tout un article pour les culs nus ?

Philippe DRU

Et alors, ça nous change du coronavirus !

Denys

Article intéressant. Remarques. Dissimuler ses cheveux n’est pas propre à l’islam. On retrouve cette lubie dans toutes les variantes abrahamiques. Quant au burkini, c’est un simulacre, l’objectif étant l’apartheid sexuel. C’est même une double transgression par rapport à notre vision des femmes mais aussi celle des salafis : les hommes refusent les femmes au bain donc le burkini est une forme de laïcisation des pratiques salafistes. Enfin, couvrir le corps exacerbe le désir. Ce que l’on imagine excite. Même les pornos relèvent du fantasme. Les amateurs peuvent avoir du mal à bander dans la réalité. Car la sexualité relève de scénarios. En corollaire, plus on réprime la sexualité plus elle s’impose. Les bigots pourront témoigner de leur expérience, j’en suis sûr.

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