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« Les nouveaux populistes » : BFM cible Onfray, Raoult et Zemmour

BFM TV est un symptôme : celui de notre renoncement à user de l’esprit critique. Depuis que d’hommes nous nous sommes mués en consommateurs, nous admettons sans rechigner ce que, il y a quelques années encore, nous aurions pointé comme une dangereuse propagande visant à écraser toute voix dissidente ; particulièrement si la voix en question énonce des vérités interdites…

Ainsi, BFM TV s’est dressée une énième fois en commandeur de la pensée, à travers un documentaire éminemment partial, mensonger et vite expédié (un peu moins de 24 minutes), intitulé : « Les nouveaux populistes » ; étant entendu que le vocable « populiste » constitue un anathème majeur pour cette chaîne inféodée au pouvoir en place.

Cet agglomérat approximatif d’investigation – juste l’œuvre de cerbères macronistes prêts à dévorer quiconque contredirait leur idole et ses séides – s’attaque à trois figures de la contre-pensée officielle, à savoir (par ordre alphabétique) : Michel Onfray, Didier Raoult et Éric Zemmour, tels une Trinité maudite par le pouvoir ; « ces trois bêtes médiatiques », dit le documentaire, comme pour les déshumaniser. Ces trois-là « pratiquent à outrance un art très singulier : l’art de la polémique », nous prévient-on à titre de posologie idéologique. Mais à ce compte-là, Clemenceau devrait être déboulonné, lui qui en était si friand, de la polémique !

https://www.bfmtv.com/replay-emissions/ligne-rouge/les-nouveaux-populistes-revoir-l-enquete-de-bfmtv_VN-202012140366.html

Documentaire insidieux – sur une musique inquiétante évidemment – qui montre notamment Éric Zemmour, lors d’une séance de dédicace dans une librairie où l’on prend soin de filmer un dédicataire devant une rangée de statuettes de la Vierge – histoire de pointer les catholiques, proie facile des mondialistes déracinés et non moins dégénérés. Puis l’on évoque une autre librairie, « proche de l’extrême-droite » : le décor est planté !

Michel Onfray, quant à lui, jouit d’une « popularité chez les extrémistes de tout bord, dont il aime se jouer ». BFM TV ratisse large : tout ce qui n’est pas macroniste n’est pas digne d’être, pour faire de la philosophie à deux balles ! Zemmour, pour revenir à lui, a été « condamné par la Justice française à trois reprises ». Nous voilà avertis ! Mieux, il est « payé pour détruire l’autre ». Parce que les furies de BFM TV sont des anges de tolérance face à leurs interlocuteurs, c’est bien connu !

« Les trois hommes ont des publics différents mais ils rassemblent sur le même sentiment », à savoir « la défiance de toute parole verticale qui descendrait d’en-haut [ou] des médias dits officiels ». C’est donc ça : la défiance vis-à-vis du pouvoir et des médias, en l’occurrence la tête et le bras. Descartes, repens-toi, le doute est un blasphème en Macronie !

Et de nous servir des spécialistes maison ou adhérents à la secte lisse et complice du système, dont une sémiologue charmante qui ferait les beaux jours d’une émission de mode ou de déco ! Question apparence, justement, on parle du « look de premier de la classe » à propos d’une image d’archive de Didier Raoult. Si ce n’est pas de l’investigation ça !

Et quand ces trois personnalités incriminées rectifient les approximations de leurs interlocuteurs journalistes, ils deviennent de facto « autoritaristes ». C’est imparable ! BFM TV n’hésite pas à se ridiculiser – consciemment ou pas, faut voir – en proposant un extrait où le contradicteur d’Éric Zemmour l’accuse de vouloir empêcher la venue de touristes sur la Côte d’Azur au prétexte qu’il veut fermer les frontières… On ne rit pas ! Zemmour qui aura droit à son quart d’heure Vichy, suite à ses propos sur le maréchal Pétain. Parce que le père Éric est « un passeur des idées d’extrême-droite », nous assène Laurent Joly, obsédé depuis des années par la culpabilité de la France sous l’Occupation. Un autre historien déclare que Zemmour « falsifie l’Histoire ». Le génocide vendéen nié par les historiens gauchistes, falsificateurs et négationnistes, on en parle ?!

Plus loin, c’est une petite mer…euse de BFM TV qui interrompt Didier Raoult, lequel l’envoie balader et il a bien raison.

Puis, pour mieux pourfendre Michel Onfray, cette fois, on va chercher Élisabeth Roudinesco, gardienne féroce du temple freudien, associant volontiers toute critique (tabou) de son dieu-totem à de l’antisémitisme. Car le sieur Onfray a jadis osé s’attaquer au dieu en question, dans un livre – Le Crépuscule d’une idole – où, certes, tout n’est pas à prendre sans nuance. Cependant, pour l’avoir lu, l’essai d’Onfray recèle des vérités (vérifiées !) assez dérangeantes sur Freud, dont je ne rejette pas tout en ce qui me concerne. Michel Onfray est ainsi accusé « d’imposture intellectuelle ». Mais toute posture intellectuelle n’est-elle pas une imposture aux yeux de ses détracteurs ? C’est le serpent qui se mord la queue, cette phrase idiote estampillée BFM TV…

Le documentaire ne manque pas de rappeler que Didier Raoult est poursuivi par le Conseil de l’Ordre des médecins pour « avoir enfreint neuf articles du code de déontologie médicale ». Et accepter des « cadeaux » de la part de laboratoires pour valider aveuglément leurs productions médicamenteuses ou vaccinales, ça relève de quoi ? Je ne dresserai pas ici la liste des coupables reconnus mais elle est longue et, à ma connaissance, Didier Raoult n’en fait pas partie. Mais il fait du « populisme sanitaire », fallait l’inventer ça !

Ce qui ressort de ce torchon visuel c’est l’angoisse de voir des intellectuels parler au peuple sans aucun filtre. Car le peuple réel n’est bon qu’à courber l’échine sous le poids du mondialisme et ses avatars meurtriers. Souverainisme, nationalisme, identité, etc., autant de péchés capitaux aux yeux de BFM TV. Malheureusement pour cette chaîne fétide, le peuple réel (bis repetita) n’est pas encore mort !

En août 1915, une pétition relative à la liberté de la presse – jugulée en ces temps de guerre – disait ceci : « À l’heure qu’il est, la Presse, en matière parlementaire, n’a plus le droit ni de raconter, ni de réfléchir, ni de critiquer ; elle a à peine conservé celui d’approuver. » BFM TV semble avoir saisi le message…

Aujourd’hui, la presse et les médias en général sont devenus les auxiliaires serviles du pouvoir apatride, dont la seule vraie ligne de conduite est la mort des Nations souveraines, suivant un fantasme effrayant de gouvernance mondiale. Dans cette navigation sur les eaux infâmes du parjure journalistique, BFM TV est le navire-amiral. Et si « nous sommes de l’étoffe dont sont faits les rêves » (dixit La Tempête de Shakespeare), BFM TV nous habille de cauchemars.

Quant au populisme, c’est en effet le « cri de survie des peuples européens qui ne veulent pas mourir » (Éric Zemmour)…

Charles Demassieux