Les Palestiniens abandonnés par leurs dirigeants

Publié le 15 mai 2018 - par - 9 commentaires - 730 vues
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Depuis la création de l’Autorité palestinienne en 1994 et conformément aux engagements signés entre l’État d’Israël et les représentants de l’OLP – Organisation de libération de la Palestine -, des observateurs n’ont eu de cesse d’alerter la communauté internationale sur les risques d’abandon du peuple dans le cas où la situation viendrait à se modifier en défaveur des dirigeants de Ramallah. Ces mêmes observateurs ont demandé de prévoir un plan « B » visant la mise en place d’une issue de secours, humaine et digne, aux femmes et aux hommes qui, depuis la guerre des Six Jours, vivent sous l’identité inventée de « Palestinienne ». Est-ce utile de préciser qu’ils n’ont jamais été écoutés et par extension, jamais entendus ? Eh bien ! l’abandon tant redouté vient d’avoir lieu et va se poursuivre.

Depuis quatre ou cinq ans, nous assistons à l’effondrement progressif du mensonge de la terre volée par les juifs, qui masquait le refus de la Ligue des États arabes, appelée officiellement Ligue arabe, pourtant initiée par Staline et Roosevelt, d’accepter la partition du territoire entre Juifs et Arabes, votée à l’ONU au mois de novembre 1947. Après le vote, les dirigeants de la Ligue envoyèrent des émissaires en Palestine mandataire écumer les villes, et surtout les villages, porteur d’un message simple : « Partez et revenez dans quatre mois. Vous constaterez alors qu’il n’y aura plus un seul juif. Nous les aurons tous jetés à la mer. »

A l’époque, les populations arabes comptaient entre 780 mille et un petit million, pour environ 630 mille juifs. Les chiffres concernant la population arabe font l’objet de vives discussions dans la communauté des historiens pour une raison fort simple : il est difficile, voire impossible, d’établir la photographie précise et la représentation numérique d’une population dont le mode de vie repose sur le nomadisme.

Quatre cent mille Arabes fuient et se réfugient dans les pays voisins en Jordanie, en Cisjordanie, au Liban, en Égypte et en Syrie dans l’attente que la Légion arabe fasse son travail. Les Juifs résistent et imposent aux assaillants une situation de statu quo. Les Arabes exilés sont alors piégés dans les pays de l’exil. Leurs maisons se trouvent désormais en territoire ennemi. Ils ne peuvent donc pas revenir sauf à accepter de vivre parmi les Israéliens.

La déclaration du poète arabo-palestinien Mahmoud Darwich, parue dans la revue Études Palestiniennes n° 10, livraison hiver 1984, détruit à elle seule les allégations visant à culpabiliser à tort et à travers les Israéliens. Ce qui ne supprime pas le fait avéré et non contesté par l’historiographie officielle juive que des familles arabes ont été expulsées par des soldats hébreux. « Pour mes parents, écrit Darwich, notre séjour au Liban était temporaire ; nous étions en visite ou même en villégiature. On avait à l’époque commandé aux Arabes de quitter leur village pour ne point gêner le déroulement des opérations militaires qui devaient durer quelques jours ou quelques semaines tout au plus et nous permettre de réintégrer rapidement nos habitations. Mes parents découvrirent bien vite que ces promesses n’étaient que des rêves. »

Les réfugiés ne sont pas accueillis favorablement dans les pays de l’exil. Les États craignent qu’ils pèsent sur l’économie et préfèrent les tenir à distance du reste de la population autochtone pour qu’ils ne s’intègrent pas. Par prudence, ils les installent donc au milieu de nulle part, les tenant volontairement dans une situation de totale dépendance. Tout leur est interdit. Ils ne peuvent créer une entreprise sauf dans le cas où son action commerciale se limiterait à l’enceinte du camp. S’ils veulent s’expatrier, y compris dans un pays musulman, les contraintes administratives sont intolérables. Ils sont considérés comme une sorte de main-d’œuvre corvéable et malléable dont le salaire a valeur d’aumône.

Ils étaient environ quatre cent mille en 1948 à quitter le jeune État juif. Soixante-dix plus tard, ils sont cinq millions, toujours confinés, et éloignés à l’extérieur.

Pour répondre aux besoins de cette population démunie de tout, le 8 décembre 1949 l’ONU crée une agence: l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWAUnited Nations Relief and Works Agency for Palestine Refugees in the Near East)dont le siège est à Amann, la capitale jordanienne. Le but de l’Agence est de répondre aux besoins des Arabes-palestiniens en matière de santé, d’aide humanitaire et des services sociaux. Ils sont les seuls expatriés au monde à ne dépendre que du Haut Commissariat des Nations unies. L’Agence devait fonctionner une année. Soixante-dix ans plus tard, rien n’a changé. Chaque mois les fonctionnaires distribuent des vivres, des vêtements, des soins et de l’argent. Cinq millions d’individus vivent de l’aide humanitaire mondiale  et ne travaillent pas. Sinon de petits boulots ou du résultat d’un commerce aléatoire. Le mot ‘camp’ utilisé à bonne escient pour culpabiliser Israël mais aussi la communauté internationaux, n’a plus de sens. Les tentes de l’ONU de 1948 ont laissé la place à des petites villes bâties, il est vrai, de n’importe quelle façon.

C’est dans ce vivier de désespérance qu’Arafat allait chercher les candidats au suicide pour se faire exploser chez l’ennemi sioniste ou ailleurs dans le monde selon la stratégie du moment. Il leur offrait l’équivalent de nos jours de vingt mille euros. Il y avait du monde qui se bousculait au portillon de la mort. Grâce à l’argent reçu, la famille du kamikaze pouvait vivre entre deux ou trois ans. De nos jours, Abbas emploie la même méthode. Il encourage ainsi la jeunesse arabe fragile et désœuvrée à aller poignarder le premier Juif venu. A Gaza, la direction du Hamas offre trois mille dollars pour aller haranguer les Juifs à la frontière séparant les deux territoires. Si le préposé meurt, sa famille recevra cinq mille dollars.

L’analyse faite par le nouveau président américain Donald Trump sur  l’utilisation par les dirigeants de l’Autorité palestinienne de la manne financière, changera la donne. L’Union européenne, toujours à la traîne, commence malgré tout à se rendre compte que son incapacité a exiger la transparence des millions versés, a permis que ces fonds viennent enrichir les comptes bancaires dans les paradis off-shore des dirigeants palestiniens, dont ceux d’Abbas en premier. L’administration américaine entend réduire les donations et jusqu’à les supprimer. Les pays de l’Europe de l’Est exigent de Bruxelles l’arrêt progressif de l’aide. L’Arabie saoudite est dans la même disposition d’esprit et annonce son désengagement.

L’irrédentisme territorial de la direction palestinienne depuis soixante-dix ans, son refus de négocier, ses exigences impossibles, constituent le plus grand fiasco depuis la Seconde guerre. Les arabes palestiniens sont les premières victimes de la veulerie et de l’incompétence de leurs dirigeants. Des milliards furent versés en leur nom, dont ils n’ont jamais bénéficié.

Pire encore. Les informations qui suivent m’ont été communiquées par le magnifique journaliste arabo-palestinien Khaled Abu Toameh qui vit à Jérusalem.

La ville palestinienne de Yarmouk  en Syrie est assiégée depuis 1660 jours. Les maisons ont été détruites par les soldats de l’armée islamique. Tout manque. Les habitants vivent dans des conditions sanitaires épouvantables et boivent de l’eau croupie. Sur les cent mille réfugiés en 2011 il ne reste à ce jour que  treize mille personnes. Les autres ont été soit tués ou ont réussi à se sauver. Les assassins de  Daech commettent chaque jour des atrocités, tuant les hommes et violant les femmes. La semaine dernière, deux Palestiniens ont été traînés sur  la place public. L’un a reçu une balle dans la tête et l’autre a été égorgé devant la foule médusée qui n’a pas pu intervenir par crainte de représailles.

Les habitants palestiniens depuis le commencement de la guerre en Syrie n’ont jamais reçu la visite d’un dirigeant de Ramallah. L’apathie des seigneurs de l’Autorité est incompréhensible. Qu’ont-ils de plus urgent à traiter ?

Le président Abbas, sans mandat depuis onze ans, a investi cinquante millions de dollars dans l’achat d’un avion présidentiel. Imagine-t-on combien de vies palestiniennes auraient pu être sauvées avec cinquante millions de dollars ? « Abbas n’y a pas pensé, déclare Khaled Abu Toameh. Il estime que les  besoins de son peuple sont de la responsabilité de la planète. Le monde entier, à l’exception de lui-même, doit fournir une aide financière aux Palestiniens. Prononcer un discours contre l’ennemi sioniste devant le Parlement européen ou devant l’Assemblée générale des Nations Unies passe avant les Palestiniens qui meurent, faute de médicaments et de nourriture. Avec de tels leaders, les Palestiniens n’ont pas besoin d’ennemis. »

Khaled Abu Toameh dit encore : « Quel besoin de rappeler au monde le sort des Palestiniens en Syrie ? Parce que la communauté internationale et les groupes pro-palestiniens de par le monde semblent se moquer comme d’une guigne des atrocités commises contre les Palestiniens en Syrie et ailleurs dans le monde arabe. Personne ne parle des crimes commis contre les Palestiniens si ces crimes n’ont pas été commis par Israël. »

Le 14 mai prochain, jour de l’anniversaire des soixante-dix ans de l’Etat hébreu, mes pensées iront aux un million sept cent cinquante sept mille arabo-israéliens qui vivent sur la terre honnie dans une société qui pratique l’apartheid. A l’occasion, demandez-leur s’ils veulent aller vivre sous l’Autorité palestinienne dans les territoires qui sont sous leur contrôle. Ils vous riront au nez.

Mes pensées iront aussi aux cinq millions de femmes, d’hommes et d’enfants palestiniens qui, dans un proche avenir, seront effacés de l’histoire. Car leur grands-parents se sont laissés dire que les juifs, avec la complicité des Américains, avaient l’intention de voler leur terre.

Raphaël Delpard

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« une population dont le mode de vie repose sur le nomadisme » : il est avéré que c’est la sédentarisation qui a permis le progrès aux temps préhistoriques…

Par leurs dirigeants, sans doute, mais pas par l’Europe qui les finance !

c’est marrant, je ne savais qu’on avait le droit de protéger ses frontières ; ici on nous dit qu’il est impératif, au contraire, de les maintenir toutes grandes ouvertes ; en israel ils n’ont pas même pas à demander par un referendum, qu’ici on ne nous le propose même pas.

C’est comme si le million de pieds noirs, chassés d’Algérie vivaient dans des camps, près de Marseille. Ils sont fous ces Palestiniens!

Les Palestiniens abandonnés par leurs dirigeants………Comme les français donnés en pâture par leurs dirigeants successifs et politicards, aux racailles, aux migrants et terroristes.

Enfin un discours humaniste et réaliste ! Il suffit d’avoir lu certains auteurs palestiniens pour savoir que ce peuple n’a pas mérité ses dirigeants et que le Hamas, comme le Fatah, sont des brigands ! (Mais il n’y a pas que chez eux)

Leur population explose, donc, alors, est ce grâce à la qualité de vie des camps ? ou bien une furieuse et folle envie de prendre leur revanche coûte que coûte….quelque soit le temps que cela prendra ?

Il y a 700 millionnaires qui vivent à Gaza. combien de millionnaire en Seine Saint Denis (équivalent en superficie et nombre d’habitants)? Les habitants de seine saint Denis sont plus à plaindre que les Palestiniens.

https://fr.express.live/2014/04/02/1-700-millionnaires-du-hamas-vivent-a-gaza-exp-204113

quels habitants ? !!!!…